Réforme des 35 heures: travailler plus pour gagner moins !
C'est actuellement le grand leitmotiv de la droite : les gens qui veulent gagner plus doivent pouvoir travailler plus. Dit comme celà, l'axiome semble séduisant et sa logique imparable : plus/plus d'un coté,
moins/moins de l'autre. Mais comme souvent avec la droite, ses arguments qu'elle aime présenter comme ceux du bon sens sont en fait le faux nez de son idéologie libérale, et l'expression de sa pratique de la lutte des classes qu'elle n'a jamais abandonné. lutter toujours, n'en parler jamais...
En ce qui concerne la remise en cause de la durée légale du temps de travail, la droite prend vraiment les gens pour des crétins. Elle essaie de nous faire avaler que travailler plus fera gagner plus, qu'il n'existe plus de lien de subordination entre patron et employés, qu'il n'y a pas de rapports de force entre les différentes composantes du corps social. C'est le projet de loi "Larcher", actuellement en discussion à l'assemblée.
Nonobstant le fait que le constat induit du slogan gouvernemental met le doigt sur une vraie problématique, celle du pouvoir d'achat, en érosion constante depuis 4 ans , les réponses apportées par le pouvoir se font à l'unique bénéfice des actionnaires, et pas à celui de l'emploi ou des salariés.
Première escroquerie intellectuelle, laisser penser que les 35 heures interdisent toute heure supplémentaire : c'est faux: le contingent possible est de 130 heures, majorées à 25 et 50 %, et pour les heures qui dépassent le forfait, après accord de l'inspection du travail, majoration à 100 %. On peut donc déjà gagner plus en travaillant plus.
Deuxième escroquerie intellectuelle, laisser penser qu'il faut desserrer un carcan imposé aux entreprises, en augmentant le volume d'heures supplémentaires jusqu'à 200; Le but effectivement poursuivi est de s'affranchir de la majoration à 100 % au delà de la 130e heure. Les salariés concernés vont donc travailler plus, mais gagner moins que dans le systême actuel , puisque les heures sup comprises entre la 130e et la 220e heure ne seront plus majorées à 100%, mais à un pourcentage inférieur. Dans le même temps, la bourse prospère , les salaires des PDG s'envolent, la participation des plus riches à la solidarité nationale via l'impôt décroit.
Troisième escroquerie, et pas seulement intellectuelle, les salariés pourront se voir payer les heures accumulées dans le "compte épargne temps", et destinées initialement à se concrétiser en jours de repos. Outre qu'il s'agit d'une remise en cause du principe des congés payés, ces heures, qui sont des heures supplémentaires seront valorisés au salarié au taux de base, et non au taux majoré. C'est donc une baisse de salaire net pour ceux qui auront travaillé plus. Et le retour du principe, revu et corrigé, du travail à la tâche. Sans compter que la dérogation pour les PME de moins de 20 salariés qui les autorise à payer les 4 premières heures supplémentaires à 10 % au lieu de 25 est prorogée jusqu'en 2008.
Escroquerie encore de laisser penser que travailler plus longtemps relevera du seul choix du salarié. Dans la réalité, qui ignore le lien de subordination entre employeur et employé ? Refuser d'effectuer des heures supplémentaires pourra être un motif recevable de licenciement. Le choix entre travailler plus longtemps ou prendre la porte...La réalité, c'est que la durée du temps de travail pourra atteindre 2000 heures par an...comme il y a 50 ans. Faire travailler plus pour gagner plus, tel est le credo du patronat.
On constate donc bien l'orientation résolument libérale de cette loi Larcher remettant en cause les intérêts des salariés . Ces derniers ne s'y trompent pas, qui ont manifesté ce samedi par centaines de milliers dans les rues des villes françaises. 70 % de la population approuvent la mobilisation pour la défense des 35 heures, et les cotes de popularité des dirigeants de notre pays poursuivent leur dégringolade.
Ce gouvernement reste sourd aux attentes et aux volontés exprimées des Français. Il poursuit sa politique de classe avec opiniatreté, sans se soucier de l'état de délabrement du pacte républicain. Au contraire, il multiplie les initiatives aux conséquences lourdes , prenant la responsabilité de cette décomposition aux seules fins de protéger le Président de la république des foudres de la Justice.
Partout dans le pays , l'expression des mécontentements laisse sourdre la colère de nos concitoyens. Nous entendons tous le grondement s'amplifier, tous, sauf le gouvernement, qui risque d'être surpris par le résultat du référendum, occasion dont les Français pourraient bien s'emparer pour le sanctionner.

Je pense que le sujet des 35 heures est un leurre lancé par le gouvernement et repris par le PS en coeur.
Le problème de la France c'est l'état de son économie. Travailler 35, 40 ou 25 ce n'est pas le problème. La vraie question que se posent les français : quelle sera ma retraite. Les jeunes ont déjà répondu : ils savent qu'ils n'en auront pas (il ne faut pas les prendre pour des cons).
Donc il serait tout à l'honneur du PS d'attaquer courageusement ce problème ... a moins que cela soit dérangeant électoralement de parler des retraites du public ?
Rédigé par: ~laurent | le 06/02/2005 à 20:10
Sinon un débat sympa eut lieu ce WE sur la sinistrose en France :
http://www.blogbilger.com/blogbilger/2005/02/le_monde_la_sin.html
Cela peut t'intéresser ?
Rédigé par: ~laurent (avec ses copains chez pierre) | le 06/02/2005 à 20:12
je ne partage pas la façon dont tu poses la question de la retraite de la fonction publique,Laurent, on voit vite se profiler la thématique des "nantis", que les forces conservatrices aiment à agiter, pour ostraciser les fonctionnaires et dresser des catégories de salariés les uns contre les autres. Je ne dis pas que tu appartiens à ces forces conservatrices, mais attention à la contagion des idées pernicieuses...ceci dit, tu as raison de dire que le PS est attendu sur la question des retraites...
Le problème de la France, c'est pour beaucoup la répartition des richesses qu'elle produit, et là je fais le lien avec certains commentaires postés sur le blog de Pierre Bilger. Enfin, plutôt que de sinistrose (qui induit l'idée de la crainte excessive d'une tournure défavorable des évènements), je préfère parler de l'exaspération de l'immense majorité des Français, qui a pu les conduire parfois au pessimisme, voire à l'atonie.J'ai le sentiment que , sur ce point,les choses évoluent...et que nous aurons des surprises au référendum !
Rédigé par: michel moine | le 06/02/2005 à 20:51
Je n'ai pas parlé de nantis car les fonctionnaires ne sont pas responsables. Mais je trouve que les dirigeants socialistes actuels ne sont pas courageux :
Les retraites du public ne sont pas financées. On va dans le mur. La question est : comment fait t'on ?
Les français se foutent des 35 heures (a part les nantis). Mêmes les fonctionnaires n'y ont pas droit. Alors quand hollande nous parle des 35 heures, cela me fait mal au coeur.
Tu vois je pense être de gauche ou de droite pour la jeune génération cela a pas beaucoup de sens. En revanche qui va me donner du travail, comment faire pour ma retraite, être ethique ... : on est dans de vieux schéma.
Sarkozy c'est une horreur : c'est le même software pouri que les vieux monsieurs. Hollande et toute la miterrandie ne représente plus grand chose. Y a t'il eut un vrai débat sur la défaite de jospin.
Il faudrait quelques jeunes hommes politiques courageux pour reconstruire quelque chose avant qu'il ne soit trop tard.
Rédigé par: ~laurent | le 07/02/2005 à 20:58
Effectivement, Laurent, tu sembles atteint de sinistrose... Je ne suis pas aussi péremptoire que toi sur l'absence de conscience politique de la jeunesse, thème qui ,là aussi, rejoint la pensée unique qui cherche à nous faire croire que droite et gauche c'est pareil, que la politique ne sert à rien, et que nous devons nous résigner. La jeunesse ne se résigne pas, les salariés non plus, les chercheurs non plus, les élus ruraux non plus, les défenseurs des services publics non plus, les recalculés non plus... la liste s'allonge régulièrement, de ceux qui agissent pour maitriser leur destin, avec la dose d'utopie nécessaire à bouger les lignes et les idées reçues. Sans elle, pas d'action possible, pas de grand dessein, et pas de mobilisation citoyenne.
Rédigé par: michel moine | le 08/02/2005 à 00:23
je pense au contraire que les jeunes ont des projets qu'ils sont intéressé par la politique mais que les partis actuels ne sont pas attirant : coincé dans leurs vieux schémas.
Il ne faut pas chercher ailleurs leur désintéret :
Te joint une des lettres écrite pour un jeune blogger :
Lettre à un jeune blogger
TO : eddy (lebisous)
CC : tous les autres jeunes bloggers (*)
" Les mots ne sont rien, ils ne sont que l'écorce des rêves. "
Je t'écris d'un cyber-café dans le centre de casa. Je suis certain que ça te plairait : il fait beau toute l'année, la ville est face à l'océan et les gens sont souriants. Même si la pauvreté est présente, on prend le temps de vivre ici.
En t'écrivant, je repense à Loic Le Meur et aux télés commerciales. Ils te font croire qu'il faut " gagner des millions " pour être heureux, qu'il faut " se " coucher pour réussir, que les musulmans ne sont pas comme nous, ... Je te rassure tout ça c'est du pipeau.
On peut réussir et être intègre, la plupart des entrepreneurs sont comme ça. TF1, ce pouvoir, ne te montre que ceux qui s'agenouillent.
Pour les musulmans, en tout cas ceux que je croise ici, ils sont respectueux, ils ont des valeurs. Il y a des fanatiques ? Une minorité ! Des ignorants ? Une grande majorité ! Les fanatiques religieux sont partout, regarde ce qui se passe aux USA.
Mais tu vois la morale de cette histoire (Loic Le Meur) c'est que quand les gens ont le choix, ils regardent autre chose.
En partant dans la précipitation, j'ai pris le premier livre qui m'est tombé sous la main. Au moment où je t'écris, j'ai à coté de moi " lettre à un jeune poête ", de Rilke. Je ne sais pas si tu connais, c'est pour moi une fontaine de jouvence à laquelle je reviens souvent.
La poésie et les idées peuvent changer le monde ? Je le pense comme toi !
Tu es un utopiste. Entrepreneur pour toi cela veut dire changer le monde et ton entreprise elle sera équitable. Je vais te donner un secret : les rêves sont souvent des images d'un futur proche. Si tu en vois un au loin, ne te pose pas de question et avance. " Almost famous " c'est ce film que tu connais peut être. C'est l'histoire d'un petit garçon qui découvre une jour la musique ... et comprend en un instant ce pourquoi il était fait.
Ton blog c'est ta " petite entreprise ", c'est ton usine à rêves. Tu vois, l'autre soir j'était un peu fatigué et bien j'ai fait un tour, ça m'a fait du bien :)
Grâce à ton blog tes amis ne seront jamais loin. Je suis à des milliers de kilomètres et pourtant je suis dans tes pensées, tes émotions. Sache que je serai là. Si tu t'égares du chemin, j'essaierai du mieux que je peux de t'aider.
Un dernier secret avant de partir ?
Il faut toujours sourire. Mais ça tu le sais déjà ;)
Rédigé par: ~laurent | le 08/02/2005 à 00:31
Bonjour à tous,
Ne vous inquiétez pas si je n'interviens pas dans cette discussion très intéressante, mais j'ai une grosse échéance vendredi et risque donc d'être discret jusque là.
A bientôt
Rédigé par: Benoît L. | le 08/02/2005 à 03:26
Je suis peut-être un original... J'ai 22 ans et il est hors de question que je pense à ma retraite ! Par contre le chômage exhorbitant de la France me préoccupe énormément. C'était Pompidou qui disait qu'il y aurait la révolution s'il y avait plus de 200000 chômeurs : je me rends compte que les chômeurs constituent un pays à eux tout seuls.
J'avais pris les 35h comme un bon moyen de "partager le travail", avant que de "partager les richesses". Par cette contrainte nouvelle (voire révolutionnaire, même si les Verts voulaient 32h), le gouvernement Jospin avait aussi apporté une dose de flexibilité. Il y avait un certain équilibre. Le MEDEF d'aujourd'hui veut la flexibilité toute seule sans aucune nouvelle amélioration dans la vie des employés.
On s'aperçoit dans nos débats actuels que tout le monde a son idée de la "carotte" qui fait bouger les salariés. Le gouvernement, qui sait très bien que le salaire horaire n'augmentera pas de sitôt, nous montre la carotte des heures supplémentaires.
Non seulement l'utilisation de ces heures est inégalitaire (ne serait-ce que sur le type d'emploi ou la résistance physique de l'employé), l'argument du libre choix est faux et le chômage va reprendre une belle courbe ascendante puisqu'il y aura moins d'embauches.
Merci Michel Moine pour votre blog et encore plus pour votre engagement citoyen.
Merci le gouvernement pour être si "intelligent"...
Rédigé par: Laurent Haberkorn | le 10/02/2005 à 21:35
Laurent,
c'est une bonne surprise de te retrouver ici!
Rédigé par: Thomas (Equipe DSK) | le 11/02/2005 à 20:39
au sujet des 35 heures.... je suis chef d'entreprise...les salariés de mon entreprise sont passés aux 35 heures dès le début...comme eux je pensais que cette diminution allait favoriser des embauches..puisque des exonérations de charges étaient consenties....et j'ai embauché à la mesure de ma "petite entreprise"....pour combler les diminutions d'horaires...dans d'autres entreprise les horaires ont été réduits...PAS le travail et il a fallu travailler un peu plus en moins de temps...déjà on y était ! et dans les temps partiels....n'en parlons pas ! les diminutions ont été calculées en centièmes d'heures!! et le travail que nenni !! je voudrais savoir à quoi ont servi les éxonérations consenties aux entreprises qui aujourd'hui reviennent sur les 35 heures et menacent la classe ouvrière: + d'heures ou le chômage ??
brièvement sur l'économie : nos dirigeants se doivent de donner l'exemple et ne pas s'octroyer des salaires exorbitants avec en + des "tous frais payés" et avantages en nature !! pourquoi devrions nous, nous citoyens, prendre en charge le loyer des ministres et autres privilégiés qui ne savent plus quoi faire de l'argent qu'ils nous"volent" !! nous revenons sous d'autres décors au temps des rois...et de sa cour ! hier, un salarié..est venu me demander de l'aide pour du loyer impayé...l'organisme HLM lui réclamait 392 euros et 40 centimes....sous 48 heures sous peine de poursuites judiciaires qui seraient (bien entendu !) à sa charge... et moi employeur je participe à la construction au logement... il va sans dire que je lui ai résolu son problème...mais c'est révoltant...et les organismes logeurs qui se font aussi promoteurs ! font des profits en s'appropriant des terrains ou immeubles au détriment du logement social....qui n'est pas entretenu, qui n'est pas renouvelé... des logements modestes de centres villes sont déclarés insalubres et repris bon marché par ces organismes...qui ne les transforment pas en habitat social....mais en appartements de standing et vendus à des nantis qui continuent à faire prospérer leurs richesses... à quand des vrais débats et une vraie redistribution des richesses du travail ? Maud
Rédigé par: Maud | le 27/02/2005 à 01:42
Maud, vous avez joué le jeu lors de l'application des lois "Aubry" 1 et 2, vous avez bénéficié d'abattement de cotisations, et embauché de nouveaux salariés. L'objectif de la réduction de la durée du temps de travail a été atteint dans votre entreprise, à savoir le partage du travail. Je trouve effectivement assez scandaleuse la remise en cause de cette loi, et la volonté d'augmenter le contingent des heures supplémentaires à ce point au détriment de la création d'emploi. Cette dernière devrait d'ailleurs être aujourd'hui la première préoccupation de nos dirigeants, alors que le taux de chomage s'envole, en dépit des record atteints par les bénéfices des entreprises cotées, et d'un taux de croissance positif. Le gouvernement de JP Raffarin ne semble pas lui accorder la priorité que les Français attendent. ses choix sont autres, davantage tournés vers les catégories socio-professionnelles supérieures: baisse des impôts concommittentes avec l'augmentation de la fiscalité du gasoil par exemple, on s'en souvient.
Vous soulignez un véritable problème, en ce qui concerne l'immobilier social, et vous rejoignez Bertrand Delanoë lorsqu'il s'insurge contre les ventes "à la découpe", qui concernent souvent de l'habitat financé par le 1% logement, et qui est revendu appartement par appartement, en dégageant de substantiels bénéfices aux organismes sociaux. Il est effectivement urgent de contrôler ce phénomène, et faire cesser ce scandale.
Enfin, comme beaucoup de patrons de PME, vous n'hésitez pas à secourir vos salariés en difficultés. Dans votre situation, je le faisais aussi. Il est heureux que les salariés puissent compter sur leur entreprise, comme les entreprises doivent pouvoir compter sur eux. La vie, c'est un échange permanent, qui doit être "gagnant-gagnant".
Rédigé par: michel moine | le 27/02/2005 à 08:29
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Vu sur le site
http://www.actuchomage.org
Gains de productivité du travail, durée du travail, chômage
Au lieu de réduire la durée du travail, comme dans les années 1970, les gains de productivité du travail ont conduit à un chômage très important, parfois caché en mettant plus de la moitié des chômeurs en invalidité (Pays-Bas, Grande-Bretagne, Danemark).
Les gains de productivité permettraient de réduire à quelques heures par semaine le travail nécessaire pour bien vivre, à condition de changer de modèle de société et de supprimer toutes les productions inutiles (par ailleurs nuisibles à l'avenir de la planète, donc au notre et à celui de nos enfants).
Voir cet article :
Gains de productivité du travail - 1997-2003
http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm
En France, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l'ensemble de l'activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d'emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d'emplois entre secteurs d'activité, le nombre d'emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage réel aurait beaucoup baissé.
D'autres articles intéressants sur le site
http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm
comme "Des mythes autour de l'emploi",
"Chômage officiel et chômage réel en 2005",
"Le modèle libéral britannique : emploi et chômage" ....
Bonnes lectures, cela aide à réfléchir.
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Rédigé par: visiteur | le 30/09/2006 à 22:47
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Vu sur le site
http://www.actuchomage.org
En neuf ans le nombre réel de chômeurs n'a pas baissé en France
En neuf ans, de 1996 à 2005, le chômage apparent (chômage officiel) a diminué de 21% en passant de 3.062.980 à 2.419.600 inscrits en catégorie 1 Anpe (chômage officiel).
En fait, le chômage réel des diverses catégories de chômeurs et des chômeurs en partie ou en totalité dissimulés à travers différents dispositifs, calculé en équivalent "temps plein", a un peu augmenté, passant de 5.745.310 à 5.848.550.
Cependant, la population active, occupée (ayant un emploi) ou non (chômeur inscrit), est passée de 25.591.000 (1996) à 27.637.000 (2005), au sens du BIT et de l'INSEE.
Cette population active doit toutefois être corrigée en réintégrant les personnes qui en sont artificiellement exclues : les dispensés de recherche d'emploi, celles en préretraites entières et les chômeurs en stage.
La population active corrigée devient 26.070.000 en 1996 (+479.000) et 28.132.000 en 2005 (+495.000).
Le taux de chômage apparent (officiel) est de 11,96 % en 1996 et de 8,75 % en 2005, en prenant la moyenne annuelle de la catégorie 1 de l'ANPE.
Le taux de chômage réel est :
- 16,97 % en 1996 et 14,54 % en 2005 sans tenir compte de l'équivalence chômage des emplois à temps partiel
- 22,04 % en 1996 et 20,79 % en 2005 en tenant compte de ce chômage partiel de fait.
Un progrès bien faible en neuf ans et tout relatif, car si la population active continue d'augmenter, le rythme de cette augmentation s'est beaucoup ralenti au cours des dernières années. Reste à savoir la part prise par les chômeurs découragés, disparus des statistiques, dans cette diminution de la population active.
Ne croyez pas pour autant à une situation réelle plus enviable dans les autres pays en Europe ou dans d'autres régions du monde. Bien souvent, un taux de chômage officiel autour de 5 %, même estampillé Ocde ou Eurostats, cache un taux effectif du chômage compris entre 10 et 20 %. Et bien souvent, la proportion d'emplois à temps partiel est plus importante qu'en France avec un nombre d'heures plus faible (Pays-Bas, Royaume-Uni ... ).
Voir : Le chômage réel en France : 1996 et 2005
http://travail-chomage.site.voila.fr/chomage/chom_reel_1996_2005.htm
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Rédigé par: visiteur | le 30/09/2006 à 22:57