Respectant le vote des militants, et la ligne de conduite de NPS, je ne milite pas dans cette campagne du référendum. J'en reste néanmoins un observateur et un analyste attentif, notamment sur le net. Il m'arrive de laisser des commentaires sur d'autres blogs. En voici un que j'ai laissé sur celui de Laurent Bervas.
"Il y a effectivement un déficit de représentation des partisans d'un non socialiste, même si Mélenchon, Emmanuelli, et depuis peu Fabius tentent d'occuper ce terrain. Celà donne l'impression que les représentants du non se résument aux extrémistes ou aux marginaux politiques, hors Parti Socialiste. Pour le PS, c'est une contradiction forte, puisque les sondages indiquent que près de 60 % de son électorat penchent vers le non, en dépit de sa campagne pour le oui . Certains, comme le courant auquel j'appartiens, NPS, ont choisi de ne pas faire campagne pour le non, respectant en celà le vote interne, et la majorité qui s'est dégagée. Celà n'empêche pas de commenter l'actualité, mais sans faire campagne.
Quoique nous votions, nous voterons la même chose que des gens très différents de nous politiquement. C'est vrai pour le oui, ça l'est également pour le non. C'est pourquoi, il faut voter en son âme et conscience, après avoir bien lu le texte, et sans se préoccuper des autres.
Ce débat, et notamment sur les blogs, est éminement politique. Il donne envie aux citoyens de ce pays de se l'approprier. Les arguments marketing, réducteurs, simplistes ne font pas recette, et c'est tant mieux. La diabolisation non plus. L'idée selon laquelle le non permet de poser les termes de la renégociation commence à faire son chemin.
Je crois que nous allons dans les jours qui viennent voir vraiment débuter le débat d'idée. L'enjeu mérite qu'il soit d'un excellent niveau, entre européens convaincus, du oui ou du non. Peut-être le non a-t-il "mangé son pain blanc". Il donne en tout cas le sentiment d'avoir lancé ce débat,et que ce soit de son coté qu'on trouve les arguments qui s'appuient le plus sur le texte.
Le message que je retiens , pour l'instant, comme élu, c'est le niveau d'exigence que les citoyens manifestent vis à vis de nous. Y répondre par des insultes ou des propos réducteurs, stigmatiser l'autre opinion serait une grave erreur de la classe politique, qui la marginaliserait. Les Français sont intelligents, ils sont demandeurs d'une Europe notamment sociale et citoyenne. Ne les décevons pas (nous les politiques), faisons de ce moment un temps fort de notre démocratie".
Et j'ajoutais, pour répondre à Sébastien, qui m'objectait : "Michel Moine qui nous fait l'honneur de participer à ce débat évite malgré tout de nous parler du comportement de son parti politique d'appartenance qui donne un blanc seing à une économie ultra-libérale laissant la part belle aux amis du baron Sellière. Personnellement je ne comprends pas car je pense qu'il n'existe pas plusieurs idéologies socialistes. Si la position prise par le parti socialiste français répond uniquement à une idéologie internationale, c'est totalement stupide et hors de son temps. Les Français ne sont pas stupides et demeurés".
la réponse suivante:
Entièrement d'accord avec cette dernière phrase...Je disais la même chose juste avant.
Ne dites pas que je vous fait "l'honneur" de participer au débat, c'est excessif, et celà crée une distance artificielle. Je participe au débat avec sincérité, et en toute amitié. Je ne hiérarchise pas ma parole par rapport à la votre...
J'admets certaines critiques (je les ai souvent formulé moi-même) vis à vis de la posture du PS face au libéralisme, et je crois qu'il y a plusieurs traditions, plusieurs écoles de pensée socialistes. Je ne reconnais aujourd'hui absolument pas dans le travaillisme tel que Tony Blair le pratique, où la sociale-démocratie à la Schroeder, par exemple.
Il y a d'ailleurs, au sein du PS français des tendances différentes, qui se rattachent elles-aussi à des courants de pensée socialistes historiques différents. Le marxisme n'englobe pas toute l'histoire de la pensée socialiste. On redécouvre actuellement Pierre Leroux (l'inventeur du mot "socialisme") , adepte d'un socialisme beaucoup plus spirituel, et accordant une place plus importante à l'individu que le matérialisme historique.L'influence de la pensée de ce dernier n'est pas mince chez Jaurès, qui n'arriva pas à l'imposer face au marxisme. Dans ces débats, parfois violents, du XIXe siècle, puisent les racines des socialismes contemporains. La réalité de l'environnement social, économique et politique s'impose elle-aussi à l'analyse. Il n'est pas question de dire que les recette du XIXe siècles apporteront des réponses exactes aux problèmes d'organisation de la société mondialisée d'aujourd'hui. Je pense néanmoins que le politique doit primer sur le marché, parce que c'est lui, et lui seul qui peut tracer des perspectives, fixer des objectifs qui font que l'économie doit être au service de l'homme, et non l'inverse.
Ce débat sur la Constitution européenne se situe tout à fait dans cette problématique.

Curieuse conception du débat. je sais que le procédé "Référendum" ne s'y prête guère mais les seuls arguments des partisans du non sont des refus, je n'entends rien de concret, que de vagues intentions (bonnes en général pour les non de gauche) mais rien de concret.
Au delà de la question du référendum, je crois que les positions des uns et des autres s'expliquent par l'acceptation ou le refus du fonctionnement du monde aujourd'hui. Les partisans du non s'imaginent qu'ils seront en position de renverser le sens de la machine. Moi je n'y crois pas, même si j'en reste partisan, mais je reste persuadé que ce n'est pas comme cela qu'il faut procéder. On ne fait pas de révolution dans un train dans le quel on ne monte pas !
Rédigé par : Didier | 29/03/2005 à 09:42
La solidarité de parti veut effectivement que la majorité qui s'est exprimée s'engage sur le referendum. Ceci dit, rien n'empêche de nous exprimer sur des sujets qui touchent à l'Europe, et qui, selon les dires mêmes du premier secrétaire national, n''auraient rien à voir avec la constitution :
- la directive Bolkestein, dont des aspects ont été mis en place malgré le retrait de la directive : notamment les transports, où les poids-lourds immatriculés dans les nouveaux pays adhérents, roulent avec des critères de sécurité de leurs propres pays (Contrôles techniques, service des mines ...) et sont de véritables poubelles roulantes sur la route !
- Eurovignette à l'étude pour tous les véhicules pour financer les routes dans les nouveaux pays adhérents. Je suis pour la solidarité, mais pourquoi n'annonce-t-on pas cette orientation avant le 29 mai, date du referendum. Cela n'a pourtant rien à voir avec la constitution ? Ne peut-on douter de l'utilisation de cette vignette, alors que pendant plusieurs dizaines d'années nous avions une vignette nationale qui devait servir de solidarité avec le troisième âge ?
Rédigé par : Jean-Louis | 29/03/2005 à 17:45
A propos de l'intervention de Jacques Chirac sur TF1…
Quel est le bilan de cette Europe là ; le niveau de vie des Français en chute libre, l'explosion du chômage plus qu'ailleurs, une France dans les derniers de la classe au niveau des salaires, la libre délocalisation des emplois... C'est cela le nivellement social par le bas "à la bruxelloise". Et que dire avec un élargissement à 25 et bientôt plus encore ; bientôt, le niveau du smic actuel ce sera du luxe...
Voilà sur quoi les jeunes Français voulaient sensibiliser leur Président. Triste spectacle de voir un Chirac paniqué, les yeux apeurés appelant à l'aide, étonné et alarmé par cette confrontation inattendue à la réalité sociale de la jeunesse française, problème aigu sur lequel il n'est manifestement pas très impliqué, ni mobilisé...
Et ces jeunes Français répétaient à juste titre la même question au premier oui-oui de France ; "qu'est-ce que la constitution va changer à cette situation?" Eh bien, étant dans l'impossibilité de répondre (la bonne réponse est "rien", la constitution européenne c'est la continuité dans l'échec) il bottait à chaque fois en touche, se complaisant effrontément dans le mensonge pendant 2 heures. La seule fois où il a dit vrai c'est lorsqu'il a dit ; "même si le NON gagne, je reste".
Chirac, incapable d'appréhender la situation de la jeunesse de son pays et d'apporter des solutions issues de la constitution européenne (il n'y en pas) se contentait de leur dire ; "vous qui êtes au chômage, qui avez un emploi précaire ou sous-qualifié par rapport à vos diplômes, qui êtes sous la menace de délocalisations,... vous devez être fiers de cette Europe et ne pas avoir peur"! Sans commentaire...
Pour le 29 mai, il faut dire aux Français :
"N'AYEZ PAS PEUR DE DIRE NON !"
Le camp de la peur n'est pas celui que Chirac et autres dénoncent ; les peureux ce sont les partisans du OUI. Ce sont eux les résignés, ils ont jeté l'éponge en étant favorables à la constitutionnalisation de cette Europe bureaucratique et de son marché sans âme qui échoue socialement, humainement. Ce sont les oui-oui qui ont peur de changer d'Europe.
La France en disant NON ne sera pas comme le dit Chirac le "mouton noir" de l'Europe ; la France sera au contraire une locomotive européenne pour le changement. Et contrairement à ce que prétend Chirac, la France entraînera dans son sillage d'autres pays européens.
29 mai 2005 : N'AYONS PAS PEUR DE DIRE NON !
Rédigé par : paul | 16/04/2005 à 21:38
AFP du 16/04 :
[ Bernard Bot, le chef de la diplomatie des Pays-Bas, où la population sera consultée sur la Constitution le 1er juin dans la foulée des Français, a en revanche plaidé pour que "tous les 25 pays" de l'UE "s'expriment sur ce traité".
"Seulement après, à la fin de tout le processus", les 25 pourront déterminer "qui a été contre, qui a été pour, pour quelles raisons certains pays se sont prononcés contre et si nous pouvons, dans la mesure où cela s'avèrerait nécessaire, changer quelque chose à ce traité", a-t-il estimé. ]
Encore un argument bidon du OUI qui vole en éclats. On les entend partout les partisans du OUI, dont Chirac récemment, qui nous jurent une renégociation impossible. Force est de constater que certains partenaires européens n'ont pas du tout la même analyse...
Ici notre partenaire batave fait tomber d'un coup deux mensonges du oui-ouisme français ; d'une part il nous dit que la France ne sera pas le seul des 25 à dire NON (Chirac par exemple nous avait pourtant assuré que nous serions "le (seul) mouton noir" et d'autre part il est tout à fait possible d'amender cette Europe. Une Europe moins bureaucratique, plus démocratique et respectueuse des libertés des états et des peuples européens.
Encore un coup dur pour le OUI frileux ; osez l'Union européenne du changement et du progrès, votez NON !
Rédigé par : isa | 18/04/2005 à 00:06