C'est la question que je me pose, à la lecture d'une note trouvée sur le blog d'Adverbe. La problématique qu'il pose est intéressante: les blogs, dont je pense qu'ils sont un phénomène de société (en tout cas d'une partie de la société), jouent-ils un rôle dans le débat politique ?
Indiscutablement oui. Et pas seulement sur les blogs des hommes politiques, encore peu nombreux. C'est heureux, car la politique, c'est l'appropriation par chaque citoyen de la chose et des affaires publiques. De ce point de vue, les blogs se sont révélés comme de véritables forums, même si ce sont souvent les mêmes qui s'y expriment. On est finalement assez proche d'un phénomène éternel dans la société rurale, où on débat à la fin du marché ou de la foire, parce que tout le monde se connait. Le déficit de proximité des cités explique probablement que les blogs fonctionnent comme ces anciens lieux de socialité.
Je trouve effectivement que les hommes politiques n'utilisent pas suffisamment l'outil blog. De ce fait, ils s'excluent de cette évolution de la société, sauf quelques exceptions.
Espérons que la forêt s'épaississe rapidement.
Je reviendrai sur ce thème un peu plus tard, une réunion de ma communauté de communes m'appelle.
N'hésitez pas à laisser votre opinion sur cette question.
21h38, je reprends cette note.
Je crois qu'il est important que le blog ne se réduise pas à un média de campagne électorale, qui n'existerait qu'à ces moments. Son intérêt, c'est justement le contraire, c'est d'être un outil qui permet de garder le lien entre les échéances.
Pour moi, la question se pose de la "ligne éditoriale" de mon blog. Je veux dire que j'oscille entre questions de société, qui sont dévoreuses de temps, et questions d'actualité locale. C'est que la cible n'est pas facile à identifier: locale ou au-delà ?
J'aimerais pouvoir faire partager la quotidienneté d'un élu local rural, mais je m'aperçois que la blogosphère est socialement bo-bo.Ses centres d'intérêt sont souvent aux antipodes de la réalité que je connais, celle de gens beaucoup plus modestes, qui se heurtent à des difficultés de nature très différente de celles des blogueurs.Je ne suis pas sûr que celà suscite beaucoup de réaction. Néanmoins, cette confrontation avec une catégorie de français "branchés" m'est extrêmement enrichissante, car elle me fait entrer dans une bulle différente de celle que je cotoie d'habitude. Celà nourrit ma réflexion, me permet de mesurer les différences qui peuvent exister dans notre société.
Il y a des leçons politiques à en tirer, sur l'émiettement de notre société, qui ronge le corps social et qui nourrit le communautarisme. L'individu est grégaire. Il a besoin de se fondre dans un collectif, d'autant plus qu'il pourra y affirmer son identité. Je prétends que dans notre société, nous les ruraux (vous voyez, je m'identifie), connaissons beaucoup plus de monde, plus de personnes, que dans les villes. Les contacts sociaux sont facilités par l'échelle humaine de la vie de village. La vie urbaine anonymise l'individu. Le blog permet de retrouver cet échange indispensable à toute vie sociale harmonieuse, car il se concrétise souvent par des rencontres physiques entre blogueurs qui se sont trouvés des affinités ou des intérêts communs.
Le politique ne peut être très loin de ce phénomène, sous peine de voir une évolution sociale lui rester inconnue. Ce média correspond à une aspiration forte de la société de transparence des élus. Il nécessite une sincérité dans la démarche, et l'acceptation des règles d'honnêteté intellectuelle que cette dernière requiert.
C'est aussi une vraie mise en danger, une vraie exposition face à l'opinion publique. Peut-être certains s'en inquiétent-ils. Mais c'est le risque démocratique. Je l'assume.

Michel... c'est quoi ta position sur l'Europe ?
Rédigé par : Mry | 24/03/2005 à 18:46
Bon, je ne reviens pas sur ce que tu sais déjà et que j'ai mis sur mon blog :)
Je te le dis très directement, nous sommes confrontés à deux questions majeures qu'il nous faut traiter en même temps :
1. changement de notre comportement à nous, les citoyens, dans l'expression et dans l'exigence que nous devons avoir vis à vis des responsables politiques
2. changement radical de comportement des responsables politiques. Franchement, quand je vois d'un côté les godillots de l'UMP et de l'autre les guignols du PS, passons...
Question : j'ai l'intention de demander au Maire de mon arrondissement, Jacques Bravo (PS) d'ouvrir un blog et de lui donner le tien comme "exemple" - enfin "exemple", tu vois ce que je veux dire. Je ne veux et ne peux le faire qu'avec ton accord ?
Rédigé par : Didier | 24/03/2005 à 19:21
Le blog c'est la liberté...Je dirai bravo à Jacques s'il s'y mettait (je sais , c'est facile...). Je le connais très peu, je n'ai dû parler avec lui qu'une fois ou deux.
La question du changement de comportement est essentielle, notamment au niveau de l'exigence citoyenne. Un vrai défi républicain.
Rédigé par : michel moine | 24/03/2005 à 21:25
Mry, ma position sur l'Europe est tout à fait favorable et convaincue. Ma position sur le projet de constitution, c'est non.
Rédigé par : michel moine | 24/03/2005 à 21:27
Comment arrives-tu à réaliser ce grand écart Oui à l'Europe mais non à l'Europe... ?...
Rédigé par : Mry | 25/03/2005 à 02:10
Le projet de Constitution serait-il l'Europe à lui tout seul ? Être contre la directive Bolkestein ne serait-il pas être contre l'Europe également ?
Rédigé par : michel moine | 25/03/2005 à 07:21
A propos des types de relations entre individus à la campagne et en ville (je connais bien le sujet pour connaître comme vous les deux), je dirais plutôt qu'elles sont de natures différentes (en fait, je reprends une analyse de François Ascher dans "Les nouveaux principes de l'urbanime").
A la campagne, dans un système communautaire, les relations sont moins nombreuses, mais plus durables et multi-fonctions. Par exemple, on peut travailler avec son voisin qui est aussi un ami. Le sentiment de connaissance est plus qualitatif.
Dans les villes de l'ère industrielle, les relations sont plus nombreuses, mais également plus spécialisées et souvent plus éphémères. Il n'y a plus concordance systématique entre les réseaux. Le sentiment de connaissance est plus quantitatif.
François Ascher estime que nous sommes rentrés dans une troisième phase qui va encore plus loin avec des réseaux plus nombreux et ultra spécialisés. Il me semble que l'effet blog en est un bon témoin.
Le lien entre ces réseaux, n'est plus la communauté comme dans le premier cas, un certain nombre de lieux communs comme dans le second, mais chaque individu qui commute perpétuellement entre les réseaux auxquels il appartient.
Rédigé par : Benoît L. | 25/03/2005 à 09:49
> Michel, si on est pas d'accord sur le Traité, on est 100% d'accord sur ce qu'on peut attendre des blogs en Démocratie. J'ai envoyé ce jour un message à Jacques Bravo que tu trouveras sur mon blog.
Je m'interroge sur un très vaste sujet sur lequel peut être tu pourrais me donner ton avis : le niveau d'exigence que les citoyens doivent avoir vis à vis de leurs représentants et l'obligation de résultat que ceux-ci ont ? vaste programme.
Quant aux bobos, ...... l'habit ne fait pas le moine, on a du te la faire 100 milliards de fois :))
Rédigé par : Didier | 25/03/2005 à 17:13
... et le blog le bobo... ;o)
Rédigé par : Benoît L. | 25/03/2005 à 18:54
Il n'y a pas à culpabiliser d'appartenir à une catégorie sociale particulière.
Oui, on me l'a déjà faite. la dernière fois , c'était Jean-Louis Debré venu sur le canton d'Aubusson soutenir mon adversaire UMP, et qui l'avait utilisé en public lors d'un meeting. Après mon élection, je lui ai adressé un petit mot lui disant "l'habit, oui, la veste, certainement pas". (j'ai été élu avec plus de 55 % des voix). 55 % , un bon chiffre, non ?
Rédigé par : michel moine | 25/03/2005 à 19:02
culpabiliser moi ? pour employer une grande phrase, j'ai des fois honte de ce que je fais mais jamais de ce que je suis ! bon, c'est pompeux.
55% c'est très bien mais y en a qui sont élus avec 80%, suivez mon regards !
Bon, quand mon appart sera refait à neuf fin avril, le bobo t'invite - j'ai du très bon St Emilion, 97 petite année mais très bon rapport qualité prix. Si t'es sage, peut être un gigondas :))
Rédigé par : Didier | 25/03/2005 à 19:10
80 %, ça ne donne rien de bon ensuite. Partant pour une rencontre oenologique, c'est un sujet sur lequel je pourrai te soumettre quelques arguments.
Rédigé par : michel moine | 25/03/2005 à 19:24
80% c'est même très mauvais - je ne peux plus supporter ce type !
question oeno, j'y connais pas grand chose mais je suis un type qui aime le plaisir - vin, vie, juste une lettre de différence !
Rédigé par : Didier | 25/03/2005 à 20:52
Michel,
J'ai pu constater que si tu étais un "arbre qui cache la forêt" tes racines locales sont solides et le terrain fertile. Le blog constitue pour moi l'espoir d'une société plus communiquante et un véritable lien entre les villageois de la blogosphère, urbain ou rural peu importe, l'échange en est d'autant plus intéressant. Notre rencontre en est un bel exemple...Mais si le phénomène peut apparaitre comme bobo, le blog n'est pas - selon moi - un effet de mode ou d'attitude parisienne. Il est un formidable outil à la portée de tous (ou presque) et j'ose imaginer qu'il rend justement la démocratie possible (il permet l'interactivité de la discussion, ce qui est neuf). La blogosphère est loin d'être virtuelle aussi : elle est l'instrumentalisation des activités humaines qui permet le contact et la relation à distance. A chacun d'utiliser ce media ou ce médium avec intelligence et parcimonie...
Rédigé par : Galienni | 25/03/2005 à 21:59
Je découvre ton blog et l'arborescence qui va avec grâce à ton commentaire laissé sur le mien. Sur le thème que les hommes politiques fassent des blogs, je ne suis pas contre a priori mais quand tu vois celui de Cambadélis, c'est plutôt piteux et démago. D'ailleurs, c'esst sûrement pas lui qui l'alimente (chez Ruquier, il a fallu qu'il sorte son antisèche pour en dire l'adresse LOL !) mais ses petites mains. Peu importe, c'est toujours un lieu d'échanges possibles, mais quand même...
Sinon, la question de la ligne éditoriale est essentielle. Il faut au moins une unité thématique et puis on peut moduler. A mon avis, ton expérience de maire d'une commune rurale et de France d'en bas, si j'ai bien compris, est fort intéressante et il ne faut pas complexer si actuellement pas mal de blogs sont plus "urbains" voire "bobo". Il y avait un maire d'un bled du 77 (je crois) qui avait tenté le coup sur les blogs du Monde, mais apparemment il n'a pas persisté et c'est dommage.
Pour ma part, je m'oblige à être aussi régulier que possible mais je joue la carte de l'observateur décalé (sincère aussi, mais c'est pas incompatible) et je constate qu'au PS, le sens de l'humour est un courant très minoritaire... Mais je raconte ce que je vis, quand il se passe quelque chose, ce que je ressens parfois aussi vu l'actualité et je m'amuse carrément avec mon encyclopédie permanente et sporadique (!). Je ne vois pas l'utilité de reformuler des arguments déjà largement répandus ni de faire des dissertations de science-po. D'autres le font très bien ailleurs.
Mais je suis étonné de la façon dont le parti fonctionne et dont les cartes sont distribuées à l'avance question pouvoir, jeu d'influences, etc...
J'ai pas encore exploré tout ton blog, mais ça viendra et je le retiens déjà pour le lister chez moi quand j'aurai pigé comment ça marche...
Amitiés,
Fraise
Rédigé par : Fraise des bois | 26/03/2005 à 14:59