Une commission indépendante, dans un rapport publié il y a quelques jours, fait état d`une forte augmentation des signalements de violences mettant en cause des forces de l`ordre l`an dernier en France. La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), une instance administrative créée en 2000, a été saisie 97 fois en 2004, contre 70 fois en 2003, soit une hausse de 38%.
La grande majorité des dossiers concerne la police
nationale et la commission note un nombre croissant de litiges survenus à la suite de contrôles routiers. Ces contrôles dégénèrent fréquemment et débouchent sur des poursuites engagées par les policiers pour "outrage à agents de la force publique" ou "rébellion".
Le ministère de l'Intérieur , occupé sans doute à polémiquer avec Matignon, s'est montré bien peu disert sur ce phénomène.
Il y a quelques jours, sur la RN 145 en Creuse, un radar automatique a été endommagé au moyen d'un engin de chantier, le mettant hors d'état de fonctionner.
Plutôt que de mettre nommément et publiquement en cause tel ou tel fonctionnaire de gendarmerie, fonctionnaire qui accomplit la mission dont il est chargé, les représentants creusois de la majorité seraient bien inspirés d'assumer leur responsabilité politique. Ce n'est pas sur sa "grande gueule" qu'on est jugé, mais sur son action politique. On ne peut voter des lois sécuritaires, porteuses de germes liberticides, et s'offusquer de leur application.
Il est clair que la population vit de plus en plus mal la pénalisation de notre société, même au nom de la sécurité, sentiment qui confine de plus en plus à de la persécution.
L'affectation de jeunes policiers dans les zones sensibles, la faiblesse du taux d'encadrement, les pressions de la hiérachie pour produire du "chiffre", la quasi absence de soutien psychologique aux policiers confrontés à des actes de violence extrême, contribuent au mauvais climat , de tension qui règne actuellement chez ces fonctionnaires. La politique du tout sécuritaire du gouvernement a occulté toute ambition en matière de police de proximité de qualité, au service de la population.
Celà explique le malaise grandissant chez nos concitoyens.

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