Je suis membre fondateur de SOS Racisme. Je connais très bien Malek Boutih, que j'ai vu arriver dans l'association, et que j'estimais. C'était un garçon de grande qualité, qui a été un président efficace de SOS.
Mais hier soir , Malek, invité par les partisans du oui de la Creuse, a dérapé. Il n'a pas hésité à dire que "ce qui unifie le non, c'est un rejet des étrangers. Il y a une vraie campagne xénophobe sur le fond."
Je suis scandalisé d'être classé parmi les racistes, par quelqu'un avec qui j'ai milité pendant des années contre la xénophobie. C'est indigne. Malek, devenu secrétaire national du PS, qui a une vision très théorique et parisienne de la politique et qui n'a jamais été confronté aux suffrages des électeurs, se permet d'insulter des militants et des élus sincères, hommes et femmes de conviction.
Voir le débat se clore, dans notre département où aucun accroc n'est venu ternir la campagne des uns ou celle des autres, par des arguments d'une telle médiocrité est pitoyable.
Je n'aurais pas aimé être à la place de mes camarades creusois qui organisaient cette réunion, et dont je ne peux pas croire qu'ils partagent une analyse pareille, concernant Michel Vergnier, André Lejeune, ou moi-même.
Nous n'avons jamais, en ce qui nous concerne, déclaré à Nicolas Sarkozy qu'il "faisait partie des responsables politiques qui donnent espoir aux jeunes dans l'action politique". Ces propos sont ceux de Malek en septembre 2003 à l'université d'été du Medef.
C'est encore lui qui parle des "barbares des cités" dans un entretien au Monde du 13 juin 2002.
C'est encore lui qui a rédigé un rapport intitulé "une nouvelle politique de l'émigration", que François Hollande a préféré garder sous le coude. Il faut dire que les propositions de Malek décoiffent:
-suppression du regroupement familial
-instauration d'une politique de quotas pour gérer l'entrée dans le pays des étrangers
-suppression de la bi-nationalité
-nouvelle législation sur la délivrance du titre de séjour, extrèmement restrictive.
Le Front National a applaudi des deux mains à ce rapport, et s'est félicité de voir Malek reprendre les thèmes de campagne de Le Pen en 2003.
Et après celà, on fait la leçon aux militants de la Creuse.
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