Le Parti socialiste a lancé une vaste réflexion, dans le double objectif de préparer les futures échéances électorales, et le débat du prochain congrès du Mans.
Le Nouveau Parti Socialiste s'inscrit pleinement dans cette dynamique, et ambitionne de proposer aux socialistes et aux Français une analyse et des propositions pour la France de demain.
Cette démarche s'appuie sur une analyse de la mondialisation, la construction d'une alternative de gauche porteuse de développement durable pour tous, une nouvelle vision et de nouveaux objectifs pour la croissance, une nouvelle conception de la redistribution et donc de la fiscalité, des servives publics porteurs d'équité territoriale, et enfin une VIe république, répondant aux aspirations démocratiques de nos concitoyens.
Je me propose de vous présenter une série de notes, résumant et inspirées par la contribution du NPS, et d'engager le débat avec vous tout au long de l'été.
LE CONSTAT :
En France, la persistance d'un chômage élevé, l’accroissement des inégalités, la montée des précarités, l'apparition des "travailleurs pauvres" constituent pour les socialistes un défi central. Aujourd'hui ces processus se conjuguent pour conduire à une déstructuration profonde de notre tissu social. La pauvreté est désormais installée en phénomène de masse: 12,4 % de nos concitoyens, plus de 7 millions de personnes, vivent sous le seuil de pauvreté. Au-delà, la précarité de ceux qui, sans être pauvres, connaissent une situation proche, s'étend: 30% de salariés, essentiellement des femmes, ont un salaire inférieur à 1,3 SMIC. Les couches populaires, enfermées depuis trop longtemps dans cette situation, voyant leurs conditions de vie (pouvoir d'achat, logement, transport, conditions de travail) se détériorer, les menaces (chômage, précarité, endettement) se rapprocher, l'avenir (éducation, ascenseur social) se boucher, ont fini par plonger dans la colère, le pessimisme et par désespérer d'une démocratie qui, face au règne sans partage des marchés, a été impuissante à répondre à leurs attentes. Nous parlons là des 17 millions de salariés qui constituent le socle d’une démocratie aujourd’hui chancelante à force d’être désespérée.
Les socialistes ne peuvent accepter que cette situation perdure et s'aggrave encore. Ils ne peuvent accepter de se borner à en accompagner les effets sans renier ce qu'ils sont, leur histoire, leur valeur, leur idéal. Le projet qui sera le leur pour la période qui s'ouvre doit, en priorité, refuser cette fatalité et offrir une alternative. Il doit donc être construit tout entier autour de cet objectif central: faire reculer jour après jour, mois après mois, année après année par une action résolue, systématique, réfléchie, concrète, graduelle, la pauvreté et la précarité de masse. C'est pour ceux qui en sont les victimes qu'ils doivent parler et agir dans le siècle qui s'ouvre. C'est pour eux et avec eux qu'ils doivent construire de nouveaux instruments d'action afin de transformer les intentions en actions et en résultats.
Ce regard en profondeur doit être complété par l’évaluation par anticipation des dégâts causés par l’incurie et les gestions ultra libérales des Gouvernements Raffarin et Villepin – Sarkozy.
Car en 2007, il ne restera que des déficits. 5 années de déséquilibre des comptes sociaux à 10 MD euros en moyenne par an ; 5 années d’explosion de l’endettement du pays qui sera passé au dessus de 1.200 MD ; des services publics aux besoins de financements considérables ; une pseudo nouvelle étape de la décentralisation bâtie et non financée condamnant les collectivités territoriales aux augmentations d’impôts. C’est sans aucune marge de manœuvre qu’il faudra gouverner.
Nous partageons la sincérité de ceux qui disent que l'on ne doit promettre que ce qu’on pourra tenir. Mais s’il s’agit, derrière ce discours de lucidité et de vérité revendiquée, d’un prétexte à l’inaction, de préparer le terrain aux renoncements, une résignation par avance à des réformes limitées, puisqu’on ne pourrait que peu, alors nous disons non. Nous ne voulons pas d’un projet qui fasse de la résignation un programme. Nous ne voulons pas rendre les armes avant même d’avoir mené les combats.
Nous croyons au contraire, et plus fort que jamais, au volontarisme. Nous savons les réformes indispensables. Nous les savons aussi difficiles. Pour nous l'enjeu essentiel de ce Congrès, le seul qui vaille, est celui-ci: rendre à nouveau possible dans les faits un projet de gauche. Redonner à ceux qui souffrent des raisons d'espérer et à ceux qui doutent des raisons de se battre. Rendre la gauche possible et la politique utile et désirable. Cela suppose une double rénovation: à côté de celle des objectifs, et inséparable d'elle, celle des moyens et des instruments de l'action.
Nous voulons incarner un socialisme de reconquête : reconquête des couches populaires et de notre base sociale, reconquête autour de nos valeurs des espaces politiques et économiques abandonnés au libéralisme, reconquête des leviers, des outils de l’égalité et de la solidarité (fiscalité, services publics, protection sociale, droit social…) qui doivent nous permettent de mener une politique ancrée à gauche au service d’une autre répartition des pouvoirs et des richesses
à suivre.../...
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