Reconstruire les outils de l’action collective
Ces outils ont été systématiquement démantelés par la contre révolution libérale. La reconstruction de nouveaux outils est incontournable. Trois niveaux s’imposent complémentairement : le national, le régional, le mondial, illustration d’une stratégie qui conjugue le local et le global :
1) Le niveau national
Quoi qu’on en dise, il demeure pertinent malgré la progression de l’intégration économique internationale. En première approche, quatre mesures précises devraient conforter la remise en activité des grandes institutions brisées (Datar, Commissariat au Plan…) :
* Instaurer une Agence publique nationale ou européenne, chargée d’enquêter et d’évaluer le dumping social ou les efforts en matière de rémunération dans les pays à faibles salaires ou à répression anti-syndicale, proposera des mesures d’embargo individualisées au Gouvernement, qui tranchera sous le contrôle du Parlement.
* La création d’une mission interministérielle permanente à la mondialisation éclairant l’ensemble des ministères sur une dimension essentielle de l’action publique et coordonnant leurs initiatives ;
* La formation d’une délégation permanente auprès des instances internationales chargée de donner à la représentation nationale les informations confisquées par l’exécutif gouvernemental et de lui permettre de définir le cadre des mandats de nos représentants internationaux ;
* La refonte du conseil économique et social élargi aux ONG et mandaté pour suivre les grandes mutations économiques et sociales issues de la mondialisation.
2) Le niveau régional, c'est-à-dire Européen.
Loin d’être minoré par frilosité, le niveau européen (comme le devraient aussi les autres pouvoirs régionaux dans le monde) doit être fortement renforcé afin d’organiser un véritable contre pouvoir face à la mondialisation libérale. Cette réorientation s’inscrit dans une perspective radicalement différente de celle des dernières années, où les institutions européennes ont été clairement les agents de la doctrine libérale. Elle passe moins par la création de nouveaux outils européens que par l’affirmation d’une volonté politique nouvelle.
On ne pourra cependant avancer dans le cadre institutionnel actuel. La mise en place d’un gouvernement économique européen, orientant les choix de la Banque Centrale Européenne, impulsant des politiques d’harmonisation fiscale et sociale, proposant la création hautement symbolique d’un impôt direct européen, animant de grandes politiques dans le domaine de l’industrialisation ou de la recherche permettrait à l’Europe de jouer utilement son rôle d’instrument volontariste à l’inverse de la philosophie libre échangiste qui l’anime aujourd’hui. L’Europe doit être un acteur et non un simple relais de la mondialisation. 3) Le niveau mondial Il s’impose naturellement puisque le monde est devenu le terrain de jeu des puissances d’argent. La mondialisation de l’économie doit avoir pour équivalent la mondialisation de la politique. La notion de « gouvernance mondiale » qui alimente colloques et revues, au-delà de ses ambiguïtés, souligne la nécessité d’une mise à plat des instruments de pilotage du monde. La remise en cause du Système monétaire actuel et des missions de l’OMC, comme celle du rôle du FMI ou de la Banque mondiale passe par cette nouvelle gouvernance. Les questions monétaires comme les question sociales et environnementales doivent être prises en compte dans l’évaluation de ce qui devrait être notre objectif pour le meilleur développement de tous. Cela passe aussi par l’instauration d’une concurrence véritablement loyale. La mondialisation, qui peut être la meilleure ou la pire des choses, ne sera compatible avec nos idéaux qu’à ce prix là. En rester à la situation dans laquelle se développe aujourd’hui la globalisation serait extrêmement dangereux et irresponsable. Il y a là de belles perspectives pour les socialistes en quête d’un nouvel élan et un grand défi pour la sociale démocratie.

Nous avons écrit sur notre blog dans notre contribution à deux mains :
"Les français se tracassent. Ils entendent parler de l’Europe et de situations de par le monde, intolérables en soi, dont les retombées sont imprévisibles. Les français se questionnent. Que faire de l’Europe ? Comment répondre aux misères du monde et éviter que celles-ci créent conflits, dans le respect des règles tracées par l’ONU ?
Donc, l’Europe. L’Europe aussi, ne doit pas être absente de nos réflexions, les français le réclament. Dans cette affaire également nous avons le devoir d’y mettre notre empreinte, comme dans le passé. N’ayons de cesse de répéter et de lutter pour une Europe puissance, une Europe de l’emploi, de l’industrie et de la recherche, une Europe plus humaine. Une Europe des gens, enfin. Interprétons justement les multiples significations du « non » émis lors du referendum sur la Constitution européenne par le peuple de gauche.
Et, au-delà de l’Europe, il y a le reste du Monde, et, derrière ce mot, des gens à secourir, des pays à aider, des situations explosives à désamorcer, mais aussi des droits de l’homme à faire respecter. La misère des pays de l’hémisphère Sud se doit d’être combattue énergiquement. D’énormes moyens financiers sont indispensables, les idées ne manquent pas : suppression de la dette, mise en place de la taxe Tobin sur les mouvements de capitaux, mise en place d’un impôt mondial de solidarité…Nous nous devons d’être un acteur très actif, car s’il est des combats qui nécessitent la solidarité socialiste c’est bien ceux-là. Une des missions de la France conforme à sa tradition républicaine de « Liberté, Egalité, Fraternité », est de s’attacher au respect scrupuleux des droits de l’homme conformément aux résolutions de l’ONU. Nous, socialistes, veilleront que ces droits et celui d’ingérence qui en est la suite logique, ne soient pas manipulés à des fins mercantiles."
Venez nous visiter.Vous êtes le bienvenu.Et vive la gauche.Nous aurons raison parce que nous avons raison. (Anotole France dans le cadre de l'affaire Dreyfus)
Rédigé par : Minnelli | 14/08/2005 à 17:09
Il me semble qu'il y a un 4ème niveau: le local...
Rédigé par : Philippe | 14/08/2005 à 19:33
Il est plus que temps de descendre les exigences et cadres de fonctionnement du monde et de l'Europe au parlement et dans les collectivités locales.
C'est une bonne chose que les élus puissent prendre (enfin) conscience et surtout responsabilité de cette réalité, s'en saisissent et soient à même d'élaborer des politiques qui tiennent compte de ces réalités. On arretera peut-être ainsi de voir le reste du monde (l'Europe en tête) être les boucs émissaire de nos problèmes et enfin réfléchir à comment utiliser la mondialisation à notre avantage. Il faut surtout arrêter de feindre de ne pas comprendre voire de nier comment le monde fonctionne aujourd'hui.
Personnellement, j'avoue ne pas comprendre pourquoi ce n'est pas déjà le cas.
Ceci dit, encore faut-il que tous ces instruments soient au service d'avancées, d'efficacité et de progrès et pas d'une mécanique de renfermement.
Rédigé par : Alexis | 16/08/2005 à 12:14
Je rejoins les analyses...
Il faut développer le "multi-vision" avec responsabilitées ascendantes et descendantes : niveau local, régional, national, européen. (en clair l'info et les "opinions" éclairées doivent descendre et remonter).
Aujourd'hui fassent aux menaces (délocalisations, emploi, écologie, terrorisme), nos concitoyens sont perdus, ce qui exigera une forte volonté politique car sinon populisme et extrèmes auront le beau rôle.
Et attention quand on parle de "progrès" : pour beaucoup de nos concitoyens, ils ont peur que ce mot signifie un monde dur et âpre, incontrôlable et qui leurs échappe.
Yuca de Taillefer
Rédigé par : Yuca 2 Taillefer | 18/08/2005 à 14:00
Je rejoins les analyses...
Il faut développer le "multi-vision" avec responsabilitées ascendantes et descendantes : niveau local, régional, national, européen. (en clair l'info et les "opinions" éclairées doivent descendre et remonter).
Aujourd'hui fassent aux menaces (délocalisations, emploi, écologie, terrorisme), nos concitoyens sont perdus, ce qui exigera une forte volonté politique car sinon populisme et extrèmes auront le beau rôle.
Et attention quand on parle de "progrès" : pour beaucoup de nos concitoyens, ils ont peur que ce mot signifie un monde dur et âpre, incontrôlable et qui leurs échappe.
Yuca de Taillefer
Rédigé par : Yuca de Taillefer | 18/08/2005 à 14:01