L'augmentation du prix du pétrole-le baril flirtant avec les 67 dollars- remet en évidence la question du coût des énergies fossiles et de leur épuisement. Il met également en lumière les conséquences immédiates pour les ménages, car il n'est pas difficile de prévoir que le pic de 100 dollars sera atteint assez rapidement.
L'augmentation mécanique du prix du brut entraine celle du carburant et des taxes dont il est frappé. Résultat , plus le prix augmente, plus les taxes augmentent. Dans un souci d'amortir cet effet de "double peine", le gouvernement Jospin avait imaginé la Tipp flottante, qui réduisait l'impact de la flambée des cours du pétrole dans le budget du consommateur.
Confronté à la même situation, le gouvernement De Villepin se hate ...de ne rien décider, laissant les consommateurs, et les professionnels du transport, en première ligne face aux hausses des carburants. Autant il était urgent de réduire la fiscalité qui touche les plus aisés, autant il est urgent de ne pas toucher aux taxes qui pressurent le plus grand nombre.
Mais au delà de l'aspect conjoncturel de cette question, il est nécessaire de s'interroger sur nos comportements et nos choix politiques face à une envolée prévisible des cours du pétrole. L'augmentation de la demande des pays émergents, l'instabilité géo-politique mondiale vont contribuer à un pétrole cher.
Néanmoins, en Europe, les ventes de véhicules 4x4, gros consommateurs de carburant, ne se sont jamais si bien portées. Le développement des énergies renouvelables n'est soutenu que mollement par le gouvernement (on se rappelle l'épisode de l'amendement Ollier sur l'éolien). Les transports collectifs alternatifs à la voiture ne s'imposent pas suffisamment, les incitations à les utiliser n'étant pas assez convaincantes.
Or, la vraie question qui nous est posée par les générations futures, c'est bien celle de la petro-dépendance de l'économie mondiale. Allons-nous attendre de subir cette crise dans les 10/15 ans qui viennent , ou au contraire, allons-nous ré-orienter nos économies, en tenant compte de ces contraintes énergétiques, mais aussi climatiques et démographiques ?
La question posée est celle de notre capacité d'adaptation, et notre prise de conscience collective de la situation et des réponses politiques qu'elle induit. A tous les niveaux, à commencer par le citoyen, futur éco-citoyen.
Pour celà, il nous faut changer de conception de la croissance, et avoir le courage d'agir.

Vous savez ce que je pense de l'éolien... Ce n'est pas avec ça qu'on va sauver la planète. D'autant plus que c'est une énergie polluante (eh oui, le vent ne souffle pas tout le temps...).
L'amendement Poignant, défendu par Ollier, était une excellente idée. Au fait, il y a deux études en cours pour des sites sur le plateau de Millevaches, à Lestards (dites adieu aux Monédières !) et Ambrugeat. Je rappelle qu'il n'y a pas assez de vent là-bas, comme l'a montré le schéma régional.
Sur la question centrale du pétrole, il paraît maintenant évident que c'est maintenant que le changement doit se produire.
Toyota fait de grands progrès sur les énergies moins polluantes. On ne voit pas tellement les entreprises françaises sur ce terrain. Vous me direz, Toyota fabrique aussi des 4X4...
Ce qui n'est pas faux...
Par pitié, M. Moine, expliquez-moi une fois pour toutes pourquoi vous y tenez tellement à ces horribles éoliennes, surtout dispersées -comme vous le souhaitez visiblement- qui ont à peu près tous les inconvénients du monde, à commencer par leur production ridicule ?
C'est quelque chose que je ne comprends pas... Avec toute la sympathie que j'ai pour vos idées en général...
Rédigé par : matthieu parneix | 15/08/2005 à 19:02
L'éolien une énergie polluante ? Je ne trouve pas "horrible" le spectacle des éoliennes, pas davantage qu'une centrale nucléaire, ou même que de simples pylones de lignes à haute tension. Je ne comprends pas votre acharnement contre ce type d'énergie, qui ne sauvera pas la planète, c'est entendu, mais qui y contribuera, comme d'autres sources d'énergies renouvelables.
Et puis le Limousin n'est pas la France, il existe dans notre pays des zones où l'énergie éolienne est bien plus facilement exploitable que chez nous, et où son exploitation trouve sa place de façon assez naturelle.
Entre deux maux, il faut choisir le moindre. Pas d'électricité dans les maisons sans lignes pour la transporter, pas d'électricité dans certains endroits sans éolienne pour la produire.
C'est effectivement une pure question de choix politique : l'éolien participe de l'alternative, sans que cette dernière se résume à lui-seul. C'est aussi consubstantiel d'un choix de croissance différent, d'un choix de société différent.
Rédigé par : michel moine | 15/08/2005 à 21:02
Matthieu, il serait instructif de nous expliquer, succintement, pourquoi un scientifique n'apprécie pas l'éolien... (?)
Il en est beaucoup question au Québec pour pallier aux centrales hydro-électriques. D'autant plus que la côte Est est très exposée.
Sur tout ce que j'ai pu lire, je n'ai vu que du positif - rendement, régularité de la production, côté environnement c'est un autre monde qu'une centrale thermique... bref, je suis convaincu que c'est un aspect d'une énergie propre renouvelable...
Concernant la note, Michel, Greenpeace au Canada se réjouit de cette envolée pétrolière... bien évidemment cyniquement, car ils espèrent que cela va inciter les gens à changer de comportement... surtout en Amérique du Nord où l'on utilise un V8 pour aller chercher des chips à 600 m et revenir...
En tous cas oui, c'est le moment d'être créatif dans la recherche de solutions et que chacun se responsabilise.
Rédigé par : SteF | 15/08/2005 à 21:42
Pourquoi je n'apprécie pas l'éolien. Très simple : l'éolien en France, c'est : des petites fermes qui défigurent les paysages de nos ancêtres, qui enrichissent les mêmes que le pétrole, tout cela dans des zones où il n'y a pas toujours assez de vent (en Limousin). De plus, c'est encore le client EDF qui paie car EDF est obligé de racheter cette énergie à prix d'or...
En Allemagne, où cette énergie est implantée de façon importante, cela pose déjà de sérieux problèmes. Il faut contrebalancer les manques de vent avec du thermique dont seuls les Allemands ont le secret.
De plus, vu que les installations sont majoritairement concentrées dans la région hanséatique, le réseau de lignes à haute tension est insuffisant, ce qui oblige non seulement à construire des centrales thermiques pour opérer à la très complexe gestion de l'énergie et son acheminement, mais aussi des lignes à très haute tension supplémentaires.
La principale raison pour laquelle je ne crois pas à l'éolien est simple : il faut d'après mes calculs 1133 éoliennes équivalentes à celles de Peyrelevade en supposant qu'elles tournent à puissance maximale théorique (ce qui est très loin d'être le cas, puisque la moyenne de vent dans ce coin est inférieure à la valeur minimale acceptable pour être "rentable") pour égaler la production d'un réacteur EPR.
Vous êtes prêts à mettre plus de 2000 éoliennes en Limousin pour avoir l'électricité qu'un seul réacteur EPR à Civaux pourrait produire ? Moi pas. Sans compter le cortège de lignes électriques supplémentaires.
Eh oui, c'est ça aussi l'éolien. En mer, ce peut être intéressant. Ailleurs non. Arrêtons d'être démagos.
Pas besoin d'être grand scientifique (je ne suis d'ailleurs qu'un modeste étudiant en médecine) pour juger rapidement de la vanité de telles installations.
Je vous laisse cependant méditer sur un point : d'après le toujours excellent bouquin de Bjorn Lomborg, il suffirait de placer des panneaux solaires actuels (c'est à dire encore un peu décevants) sur 40 % de la surface du Sahara pour produire toute l'énergie dont le monde a besoin. Vous voyez qu'avec l'amélioration constante des cellules photovoltaïques, nous avons là un gisement tout aussi intéressant.
Mais, il est vrai, moins visible pour les journaleux...
Rédigé par : matthieu parneix | 15/08/2005 à 22:18
Il suffisait de le dire... :-)))
Merci pour ces précisions et il est vraiment temps que je me procure Bjorn Lomborg.
Energie solaire, éolienne [en bord de mer...], végétale, seule ou combinée, voici des solutions mais avec encore beaucoup d'investissement et de recherche...
La réalité 2005 [clin d'oeil à Michel], c'est le profit et la rentabilité du pétrole...
J'espère me tromper, mais tant qu'il y aura de l'or noir, je pense pessimistement que ces énergies resteront minimes, éparses et sous-exploitées... à suivre...
Rédigé par : SteF | 15/08/2005 à 23:00
Ouais...sauf que partir du postulat que l'éolien doit remplacer à lui seul le nucléaire ne me parait correspondre à aucune affirmation de qui que ce soit. L'éolien doit faire parti d'un mix énergétique où il voisine avec d'autres énergies, solaires notamment.
C'est cet acharnement qui me déroute. A vouloir trop prouver...
Rédigé par : michel moine | 15/08/2005 à 23:09
Si mon argumentation peut paraître relever de la plus simple sophistique, il faut néanmoins garder en tête que les défis énergétiques de demain ne peuvent supporter le moindre amateurisme. C'est pourquoi je cherche à "prouver" que l'amendement Ollier allait dans le bon sens, celui de la rationalisation de l'offre éolienne, qui doit être concentrée, et non mise entre les mains de "promoteurs" profitant de la démagogie ambiante en ce moment pour récupérer les subsides de Bruxelles, les avantages d'EDF, etc..
Aujourd'hui encore, que s'est-il passé ?
TIPP flottante enterrée, aucune vision à long terme.
Villepin a annoncé de nouveaux avantages fiscaux pour les éoliennes et le solaire... Villepin souhaite-t-il nous convertir au tout électrique ?
Rappelons tout de même que le réseau électrique français ne consomme quasiment pas de pétrole, et ne produit quasiment pas de gaz à effet de serre.
Autrement dit, il faut délaisser immédiatement les chauffages au fioul, faire du tout électrique, utiliser des voitures électriques, etc...
Sinon, à quoi servent ces éoliennes ? C'est un raisonnement absurde...
De toute façon, Villepin l'a bien compris, l'avenir sera majoritairement nucléaire, en matière d'électricité. L'éolien ne doit servir que d'appoint, et son offre doit être efficace, cohérente et économiquement rentable, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Pour ce qui concerne la consommation d'essence, ne faut-il pas d'abord penser à la régionalisation des économies, limitant ainsi les transports inutiles ?
J'en ai assez de voir des absurdités pareilles : vous trayez des vaches en Italie, vous emmenez le lait en Bulgarie où vous en faites du yaourt, vous le transportez au Portugal pour le faire mettre en pots, tout ça pour le renvoyer en Italie...
J'exagère un peu, mais c'est le genre de circuits que l'on voit parfois.
Forcément, ça consomme du gazole.
Rédigé par : matthieu parneix | 16/08/2005 à 23:05
Matthieu a raison dans sa dénonciation de l'éclatment géographique de la production. Une fois que le transport sera a son vrai prix, les relocalisations se feront. Les perdants seront ceux qui veulent de la rentabilité facile et a courte vue.
Dans un reportage, j'ai vu le rappel que le moteur diesel avait pour premier carburant l'huile végétale. Qu'st ce qui empêche d'y revenir, sinon des calculs à courte vue et une volonté de rentabilité imédiate. Que l'état revoye sa politique de taxation des carburants de manière à ce que le prix pour le consomateur soit raisonnable et vous verrez que le bio carburant pourra s'envoler pour peu que l'état aide a la traçabilité de la production locale et contrôle ce nouveau marché.
Certaines exploitation agricole fonctionne comme cela, alors a quand la volonté politique de l'étendre à TOUT le parc diesel ?
Rédigé par : Egdltp | 17/08/2005 à 10:12
On ne va pas couvrir le pays d'éolienne ni demander aux agriculteurs de faire une monoculture pour faire des biocarburants !
Et pourquoi on ne fait pas un peu des différentes solutions, en fonction des caractéristiques des territoires ?
L'éolien, c'est effectivement bien sur les côtes où par exemple entre Carcassonne et Bézier ou souffle la Tramontane.
Dans nos régions, il me semblait qu'il y avait des choses intéressantes autour des micro-centrales hydro-électriques (?)
Accessoirement, il y a encore des efforts à faire sur l'installation des panneaux solaires ou de la géothermie dans la construction neuve.
Rédigé par : Alexis | 17/08/2005 à 15:59
Rien à rajouter, Alexis. Vous avez parfaitement raison.
Sauf peut-être une chose : entre Carcassonne et Béziers, ils commencent à en avoir déjà assez d'éoliennes, c'est la plus grande concentration de France. Je penserais plutôt à des installations maritimes.
Les biocarburants : mouais... C'est bien intentionné, mais ça ne pourra jamais servir que d'appoint. Comme le souligne Alexis, on ne peut pas couvrir la France entière de monoculture... Et encore, ça ne suffirait peut-être pas.
Rédigé par : matthieu parneix | 17/08/2005 à 20:06
Je ne connais pas le rendement de la culture, mais le même reportage disait qu'il fallait 3kg de graine de tournesol pour produire 1 litre d'huile.
Le bio carburant peut aussi être fait à partir d'alcool issu des betteraves ou du raisin ou des autres fruits. Je ne connais malheureusement pas l'utilisabilité du méthanol dans les véhicules actuels : combien de methanol serait il possible de produire à partir des "surplus" des arboriculteurs, des viticulteurs,... ?
Sans préconiser une monoculture, on voit qu'il y a des pistes de bio carburant utilisables dès aujourd'huis. Mais encore faut il la volonté politique de les emprunter.
Et ceci sans tenir compte des effets de bord sur le bilan du CO2 gazeux présent dans le système "Terre"
Rédigé par : egdltp | 18/08/2005 à 14:08
Remontez-vous le moral :
http://www.nouvelobs.com/articles/p2126/a273902.html
Un article sur les voitures hybrides aux Etats-Unis
Rédigé par : matthieu parneix | 18/08/2005 à 20:18
Merci Matthieu pour cet article qui m'avait échappé. Il y a le même phénomène dans l'ouest canadien. Même si c'est encore une minorité, il y a de l'espoir...
Surtout dans un continent où l'inertie est très faible. Les nord-américains sont [en général bien sûr] durs à convaincre, mais quand ils le sont, ça va très vite. J'ai toujours été impressionné par les revirements dont ils sont capables en un rien de temps. Tout est remis en cause, adapté, changé... et hop, le nouveau pli est pris comme si l'ancien n'avait jamais existé...
Sinon tout le monde se rejoint dans cette discussion, il faut bien un changement de politique énergétique, en pensant à un groupage d'énergies renouvelables [solaire+éolien+végétal+...].
Je reste convaincu, cependant, que ce sont les gouvernants qui doivent imposer aux industries et non l'inverse.
Rédigé par : SteF | 19/08/2005 à 14:43
Paru ce jour dans Le Monde, un article qui reprend la discussion des énergies dans cette note...
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3230,50-686983,0.html
Rédigé par : SteF | 08/09/2005 à 17:54