L'information dérange. On apprend que la petite fille de Maurice Papon a été priée de présenter sa démission du cabinet du secrétaire d'Etat aux anciens combattants. Des associations se sont émues de cette "maladresse".
On peut comprendre et partager l'émotion que suscite le patronyme de Papon, et particulièrement dans le contexte du devoir de mémoire.
On peut s'interroger également sur la "faute" de cette petite fille d'un condamné pour complicité de crime contre l'humanité, et sur l'opprobre et l'indignité dont elle fait l'objet. Quelle responsabilité porte-t-elle dans les crimes de son grand-père ? Les revendique-t-elle ?
Notre conception de l'Etat de Droit nous conduit à ne pas lier les droits et la situation des descendants aux fautes des ascendants. Probablement cette jeune femme se serait-elle bien passée de cet écho médiatique sur son cas.
Qu'en pensez-vous ?

C'est franchement scandaleux.
Et elle ne s'appelle même pas Papon (pas que ça change qque chose sur le fond, de toute manière).
Rédigé par : Alceste | 26/09/2005 à 23:14
La nouvelle des pressions exercées sur un fonctionnaire pour qu'il quitte son poste au seul prétexte qu'il est la petite fille d'un criminel, lue hier, m'a dérangé tout comme vous. Je ne sais qu'en penser, écris un peu ici pour ne rien écrire : partager votre gêne.
Je considère que sa mutation forcée est une ânerie ; au même titre, toutefois, que la décision de cette dame sans doute fort respectable, qui a recherché ou accepté un poste au Ministère des Anciens combattants en sachant fort bien que son très-coupable aïeul est l'une des rares personnalités emblématiques (auprès du grand public, auprès des Français, auprès surtout... des anciens combattants), des lâchetés et des atrocités liées à l'occupation de la France par l'Allemagne (mais aussi d'abominables choix faits une vingtaine d'années plus tard) - la dame eût dû faire preuve d'un peu plus de tact, d'un peu plus d'attention, d'un peu plus de pudeur. J'écris "d'un peu" : je pense "de beaucoup".
Je regrette qu'une telle décision ait été prise ; je regrette aussi qu'elle ait dû l'être - il est des symboles si forts qu'ils entraînent des décisions peu justifiables.
Personne, dans la République Française, et heureusement, n'a empêché la petite-fille de Maurice Papon de devenir (à son tour !) fonctionnaire, de faire carrière dans la haute fonction publique, d'y exercer un certain pouvoir, d'y gagner sa vie sans doute confortablement.
Mais... Mais, que diable allait-elle faire dans ce Ministère ?
Flûte, après tout ; il ne devait d'ailleurs pas lui être bien difficile de demander une affectation différente - celle-ci pouvant s'avérer peut-être blessante, inutilement dérangeante, pour tout un nombre de personnes, de citoyens, d'anciens combattants. A mesure que ce courrier prend forme, j'en veux davantage à cette dame - de son manque de réflexion, de son manque d'attentions aux autres, aux citoyens que sa fonction est de servir. A mesure que s'allonge ce courrier, je considère davantage qu'elle n'a que ce qu'elle mérite - et encore, car le parachute sera sans doute doré, l'intérieur du placard moëlleux.
Et pourtant, c'est vrai, cela m'enquiquine fort, qu'on soit coupable d'être la petite-fille d'un criminel : il y a là quelque chose ici qui rappelle les vendettas de l'ancien temps, les injustices terribles des campagnes d'autrefois.
Voilà qu'à la fin de ce court courriel, mon opinion est faite : devant le symbole, il faut parfois plier - et la dame n'a que ce qu'elle mérite : ce qu'elle mérite non pour être la petite-fille d'un type qui s'est rendu coupable d'exercice atroce du pouvoir, mais pour n'avoir pas été bonne et attentive à la difficulté que pouvaient éprouver beaucoup de personnes qui ont eu à souffrir des actes dégueulasses de son grand-père, face à sa très-réelle et nécessairement très-symbolique nomination à un tel poste (lors même que mille autres pouvaient lui être octroyés)
T. S.
Rédigé par : Sureau | 26/09/2005 à 23:16
Connaitre le passé pour mieux en rattraper les erreurs :
Si j'avais à porter le poids d'une telle histoire dans ma famille : celle de Maurice Papon, si je me sentais responsable d'une façon ou d'une autre ou si je n'étais juste pas indifférent, je crois que je chercherais un peu à rattraper, à montrer justement que, petite fille de Papon que je pourrais être, je sais, je comprend et j'apporte mon aide à ceux qui ont souffert à cause de mon grand-père. Quel meilleur ministère pour ça que celui des anciens combattants ?
Je ne suis pas cette femme, je sais ce que j'aurais fait à sa place.
Pour le reste, j'ai entendu Klarsfeld dire juste que c'est un cas de discrimination.
Rédigé par : Jean-Noël | 27/09/2005 à 09:03
Récemment, à propos de la soi-disante candidature de Ségolène à la plus haute fonction de l'état, un homme politique de gauche, j'ai bien dit, a eu cette phrase odieuse "mais qui va garder les enfants à la maison?"En interne cette candidature c'est le problème de tout un parti politique, mais moi, je ne peux accepter ce genre de phrase, et tant d'autres qui sont tombées dans l'heure qui a suivi...jusqu'à quand les femmes, en politique, au boulot, seront considérés ainsi...Sans compter l'oeil rigolard de Marc Olivier Fogiel et ses copains,entourés d'Arnaud Montebourg , moins en forme que d'habitude, l'autre soir à la télé, avec sur le plateau la poupée barbie de service! les lendemains qui changent... c'est pas pour tout de suite!
Courage les filles on arrive!
Rédigé par : Lazabelle | 27/09/2005 à 09:36
Bonjour Michel,
Il me semble que cette dame n’a jamais fait l’apologie des actes son grand-père et qu’à ce titre les pressions exercées pour obtenir sa démission sont totalement infondées. Certes, cette affaire est née dans un contexte très particulier mais les sentiments des uns ou des autres ne peuvent prendre l’ascendant sur la Loi Républicaine, celle qui protège de toute les formes de discrimination. J’ajouterai même, au risque de choquer, que si elle aime son grand-père, comme la plupart de tous les enfants du monde aime leur grand-père, qu’est-ce ça peut faire ? Je pense que cette dame, en qualité de haut fonctionnaire, doit être assez grande pour adopter une attitude responsable.
Rédigé par : Eric de MAUBEUGE | 27/09/2005 à 10:55
Il y a des choses beaucoup plus révoltantes que le fait que la petite fille de Papon soit employée au ministère des anciens combattants. Par exemple Maurice Papon en liberté c'est autrement plus gerbant comme situation.
Les enfants et les petits enfants, sauf s'ils en font l'apologie ne sont pas obligatoirement solidaires de leurs parents.
On sait que Marine Le Pen est aussi ragoutante dans ses propos que son géniteur, mais qui sait, peut-être que ses enfants seront des êtres humains !
Au fait, pourquoi ça existe encore un ministère des anciens combattants ? Vu comment on a traité ceux qui se sont battus à nos côtés et qui ont servi de chair à mitraille sous le fallacieux prétexte qu'ils étaient Africains, je me pose des questions quant à son utilité.
Rédigé par : Claudius | 27/09/2005 à 19:11
L'éviction de la petite fille de Maurice Papon pour cause de crimes commis contre l'humanité par son grand-père sous le Gouvernement de la Dictature de Pétain est une procédure franchement scandaleuse...
J'ignore si la petite fille de Maurice Papon a été "démissionnée" ou si elle a été contrainte à la démission ! Cependant, à vouloir faire payer aux enfants les crimes commis par leurs parents ou grands parents est une attitude franchement ridicule et obcène !
Bien sûr, les bonnes âmes rétorqueront que le Ministère des Anciens Combattants avait raison ! Mais, il s'avère, à la lumière du soutien que la peite fille de Maurice Papon a reçu de la part du CRIF, qu'il est plus qu'urgent de cesser ces chasses aux socières dont la France est coutûmière !
Rédigé par : Monsieur DUTILLOY Dominique | 30/09/2005 à 15:56