La privatisation d'EDF illustre une fois de plus la démarche idéologique de ce gouvernement. Sa logique, c'est de garder publics les investissements et de de confier au privé les bénéfices.Ou encore de brader les actifs de la Nation.
Sa décision sur EDF est préjudiciable aux Français, qui en étaient jusqu'alors les seuls propriétaires.
Pour des raisons de sécurité d'abord: l'utilisation de l'énergie nucléaire impose une polititique de sureté particulièrement exigante, et couteuse en terme d'investissement et de maintenance. Le marché attend, lui, des résultats financiers immédiats et privilégie le court terme. On ne peut donc que s'inquiéter de l'irruption de capitaux privé au capital d'EDF.
Pour des raisons stratégiques ensuite: EDF incarne la réalité de l'indépendance
énergétique de notre pays. Celle-ci repose sur le choix du nucléaire. Privatiser, c'est remettre en cause cette mission régalienne de l'Etat, c'est donc faire prendre un risque stratégique à notre pays.
Pour des raisons sociales enfin: partout où le marché de l'énergie a été ouvert, les prix se sont envolés. Le marché n'est pas toujours synonyme de baisse des prix, d'autant que ceux d'EDF sont les plus bas d'Europe. A l'heure où la précarité frappe de plus en plus les français, la perspective de l'augmentation des tarifs ne peut qu'ajouter à leur inquiétude en l'avenir, alors qu'ils se font déposséder d'un patrimoine commun, celui d'un service public.
Les socialistes se sont exprimés avec force, annonçant leur intention de renationaliser EDF , une fois aux responsabilités. Je n'oublie pas que le gouvernement Jospin avait participé à ouvrir la boite de pandore, et je faisais partie de ces socialistes qui avaient grincé des dents.
L'affirmation unanime du PS de conserver EDF dans le giron de l'Etat me rasséréne. C'est là une des réponse que nos concitoyens attendent.

Ravi de vous voir reconnaitre que celui qui a le plus privatisé sous le label"ouverture du capital" est lionel jospin
Rédigé par : claude teyton | 26/10/2005 à 09:27
Sans vous faire de mauvais procès, EDF est un bon moyen pour le PS d'essayer de remonter la pente et il serait dommage que les bonnes questions qu'il pose ne nous amène que sur des considérations politiciennes.
Il y a donc de vrais bonnes questions autour d'EDF, que ce soit effectivement les prix et surtout l'outil de politique énergétique qu'il représente.
Cela étant, les questions qui font débat sont franco-françaises et éludent la dimension internationale. EDF est un groupe leader sur le marché européen et on oublie me semble t'il les aventures italiennes récentes où l'on avait bien vu que le statut et surtout le capital 100% public d'EDF n'était pas sans poser de sérieux problèmes à son expansion internationale.
Comment concilier adéquation avec les règles du commerce et les nécessités politiques hexagonales.
Merci de votre avis sur la question.
Rédigé par : Alexis | 26/10/2005 à 09:39
Mais en ne laissant pas EDF sortir de l'hexagone c'est tout !!
Ainsi les autres n'auraient pas le droit de venir chez nous et nous resterions avec notre electricité si compétitive. Malheureusement, la compétence reconnue mondialement dans le métier fait saliver certains si ils pouvaient s'en servir pour aller hors du pays. Ceci entrainant cela nous sommes dans la situation actuelle du marché français de l'electricité.
Rédigé par : Egdltp | 26/10/2005 à 12:15
Je m'aventure à un commentaire économique avec prudence en essayant de faire avancer le débat... je prends des pincettes car on a vite fait de se faire taxer d'ange noir du grand capital sur ce blog, çà fait partie du jeu, pas de problème... ;-)
Donc, d'abord il ne s'agit pas d'une privatisation globale d'EDF comme certains aimeraient le faire entendre mais d'une augmentation de capital par souscriptions privées (en partie d'ailleurs celles de salariés en priorité...). L'Etat continuera à détenir 85% du capital après cette histoire. Celui qui sait comment fonctionne une entreprise et un conseil d'administration vous dira qu'on ne peut ABSOLUMENT RIEN imposer à un actionnaire aussi majoritaire, on ferme sa gueule et on dit merci à la dame au moment de la distribution des dividendes... Je ne vois donc pas ce que çà change à la nature publique d'EDF à moins que public et privé ne peuvent co-exister dans un projet économique ? Certains auront des commentaires nostalgiques sur ce point, invoquant le fatal "c'était mieux avant" mais pour être fils d'ouvrier, je peux vous assurer que "c'était pas mieux avant"... mais évitons de déborder du sujet...
Deuxièmement, comme l'évoque Alexis un peu plus haut, EDF a une carte à jouer internationalement et une sacrée. Un développement international çà demande de l'argent donc des investissement et puis pas des moindres dans le domaine énergétique. La France et les Français ont-ils les moyens de financer ce projet en ce moment ? Je ne le pense pas... Alors que fait-on ? Rien répondrons certains, d'accord mais comme le disait mon grand-père : quand on arrête de bouger pendant un temps prolongé, c'est qu'on est mort. Maintenant, rien n'empêche une mobilisation nationale géante des micro-investisseurs en puissance que nous sommes tous (l'action coûtera environ 23 €) pour prendre ces 15% de capitaux libérés...
Troisième point, n'oublions pas que le marché se dirige vers un après pétrole et cela implique une R&D importante là aussi il faudra savoir financer ce besoin...
Bon voilà en gros mon opinion sur la question, tout cela n'est pour moi qu'une nouvelle agitation politicienne. Un os à ronger pour Hollande qui d'ailleurs fait preuve de peu d'arguments originaux sur cette question. Je le mets au défi de renationaliser EDF si tentait que le PS revienne au pouvoir... non pas qu'il n'en aurait pas l'idée mais surtout pas les moyens. Après cette action de privatisation et la manne financière générée que EDF saura très certainement mettre à profit, le rachat sera devenu impossible car trop coûteux.
Rédigé par : Carlos Diaz | 26/10/2005 à 15:14
Il est en effet bien évident que jamais EDF ne sera renationalisé, même si par miracle les socialistes revenaient aux affaires surtout que le candidat risque d'être le même que le roi de l'ouverture du capital..!!
cela permet juste une agitation médiatique pour le PS et pendant ce temps là , on parle moins de la guerre interne des uns et des autres ..;
Rédigé par : claude teyton | 26/10/2005 à 17:46
Et oui comme souvent les vieux demonts reviennent hanter tout mouvement touchant a une entreprise du giron publique.
Privatisation... avec Mondialisation et Liberalisme, on a le tierce gagant !
Ici aucune privatisation, bel et bien une simple augmentation de capital, histoire simplement d'assurer l'avenir d'un groupe industriel francais controle par l'Etat !
Je m'interroge sur les commentaires que l'on peut entendre ici et la, a gauche et a l'etreme gauche, sur le risque de voire l'outil nucleaire controle par le privee... Deja nous l'avons vu il n'est pas question d'un controle par le prive. Ensuite j'imagine qu'il existe un controle exterieur en la matiere, et lui bien entendu totalement publique ! Nos controles seraient-ils si mauvais ? je ne puis le croire.
Rédigé par : Jean-Baptiste | 26/10/2005 à 21:47
Simple augmentation de capital ?? Peut-être mais.... Il est faux d'affirmer que la privatisation n'aura aucun effet sur la politique tarifaire d'EDF. Même minoritaires, les actionnaires privés demanderont une augmentation de leurs profits.
Cette opération, qui n'est pas, je le rappelle, accompagnée de mesures de mise en concurrence du marché - ce qui est de toute façon préférable, d'après moi, compte tenu des échecs de l'ouverture à la concurrence de ce marché dans d'autres pays - s'apparente donc plus à une opération d'ouverture à la spéculation qu'à une ouverture du marché.
Dans la grande tradition européenne... Si l'Union n'a pas aidé les peuples à s'ouvrir aux expériences et marchés des autres, elle aura en tout cas tout fait pour encourager la spéculation... Réussite totale.
Rédigé par : matthieu parneix | 26/10/2005 à 23:13
Le PS ne serait il efficace que dans l'opposition ?
Pour mémoire, petit questionnaire à 1 euro :
- Le représentant de quel parti à le plus privatisé ces 10 dernières années ?
- Quel parti donne des leçons dans l'opposition depuis 30 ans et fais le contraire quand il est au pouvoir ?
A suivre...
Rédigé par : De passage | 28/10/2005 à 09:18
Le PS ne serait il efficace que dans l'opposition ?
Pour mémoire, petit questionnaire à 1 euro :
- Le représentant de quel parti à le plus privatisé ces 10 dernières années ?
- Quel parti donne des leçons dans l'opposition depuis 30 ans et fais le contraire quand il est au pouvoir ?
- Qui utilise typepad, logiciel propriétaire et payant, pour son blog alors qu'il existe des solutions libres en adéquation avec ces idées ?
A suivre...
Rédigé par : De passage | 28/10/2005 à 09:19
Vous mélangez un peu tout, non ? C'est fou ce que l'anonymat donne comme courage...
Rédigé par : michel moine | 28/10/2005 à 13:35
On sombre effectivement un peu dans l'argumentation politicienne. Ce n'est pas très intéressant. Essayons de revenir sur des questions plus de fonds svp.
À ce titre, la maîtrise des tarifs d'EDF n'est pas un sujet creux si l'on considère leur faiblesse par rapport à ce qui se pratique chez nos voisins.
Du coup, le contrat de service public passé par le gouvernement, dans lequel sont fixés pour 5 ans des augmentations plafonnées à l'inflation semble une bonne idée. Il développe un principe que l'on aimerai voir appliquer aux entreprises publiques, quel que soit la part de l'Etat dans le capital. Il y en a avec 100% d'actionariat d'Etat qui se permettent des hausses bien senties tout de même.
La dychotomie entre contractualisation du Service rendu attendu d'une part et le mode de gestion d'autre part, me semble un bon sujet sur lequel j'aimerai bien savoir ce que le PS dira dans le projet que l'on aimerai lui connaître rapidement...
Rédigé par : Alexis | 29/10/2005 à 18:40
L'axe de la maitrise des tarifs des entreprises publiques me parait judicieux. Auxquelles pensez-vous lorsque vous sous-entendez qu'elles en prennent à leur aise ?
Pour ce qui concerne EDF, on peut s'interroger également sur la mauvaise action financière pour l'Etat. En effet, les 7 à 8 milliards d'euros que la privatisation va rapporter constituent une dette de l'entreprise, au sens comptable du terme. c'est de l'argent que l'entreprise doit aux actionnaires. Un capital social s'inscrit toujours dans la colonne "passif" d'un bilan.
Le marché de l'argent se situe entre 3 et 4 % actuellement. L'exigence des actionnaires sera d'un autre ordre, entre 10 et 13 % de rentabilité pour leur investissement. Il eut été préférable d'emprunter.
Rédigé par : michel moine | 29/10/2005 à 18:56
En effet le discours tenu par M. Moine est parfaitement exact. On pourrait difficilement etre plus clair et plus concis.
Un detail tout de meme, presque partout dans le monde la privatisation de l'electricite signifie une energie plus chere ... et plus aleatoire :)
L'affaire Enron par exemple est typique de ce qui arrive quand on confie nos interets vitaux a des entreprises privees ... (de competence et de scrupules !)
Et bien sur, il s'agit reellement d'un privatisation qui se fait en trois phases: le changement de statut en 2004, l'ouverture du capital en 2005, et bientot la privatisation totale ... personne de raisonnable ne peut s'y tromper.
Je renvoie les sceptiques vers France Telecom notamment.
Pour autant on peut difficilement croire que le PS est sincere. D'une part parce qu'il a privatise a tour de bras et n'etait ce pas un certain Fabius qui proposait voila quelques annees ... l'ouverture du capital d'EDF ?
D'autre part la re-nationalisation est bien evidemment impossible. Meme en admettant que l'on se limite a 15%, ce qui n'a rien d'evident, le poids financier sera insupportable a la fois pour les finances de l'Etat et pour celles d'EDF, vraissemblablement exsangue apres son "passage" au prive.
La seule solution, mis a part une Revolution que souhaite un nombre croissant de Francais :) c'est de bloquer le processus de privatisation ici et maintenant ...
Helas, le PS nous propose courageusement sa solution ... 2007 !!
Enfin remarquez la CGT dit pareil :)
Finalement je reviendrais lire votre blog, j'adore la politique fiction et l'humour et j'ai passe un bon moment LOL !! :)
Rédigé par : touriste | 29/10/2005 à 21:55
Il me semble que les augmentations de tarifs à la SNCF, par exemple, sont supérieurs à l'inflation (surtout si on intègre la réservation obligatoire sur certaines lignes, suivez mon regard...).
Placer le débat sur une approche de pure gestion est effectivement judicieux et vous permet d'appuyer sur le caractère politique que personne ne peut nier de cette privatisation.
Je reste cependant avec l'idée que cette ouverture limitée du capital au privée s'explique aussi pour faciliter le développement à l'international d'EDF (cf mon commentaire initial).
Puisque l'on parle de gestion comptable. J'entendais hier soir votre ami A. Montebourg dire des choses assez intéressantes mais aussi relayer les déclarations d'Henri Emmanuelli, promettant non pas une renationalisation, mais la fin des dividendes aux actionnaires d'EDF.
Ce serait sympa pour l'Etat et donc pour le contribuable, détenteur de 85% des parts. C'est aussi assez risqué du point de vue du cours de l'action, dont on imagine la chute inévitable et les problèmes sur les comptes de l'entreprise.
Certes, proposer comme tactique que les dividendes des 85% de l'Etat pourraient contribuer à racheter les fameux 15% était une approche sans doute trop libérale...
Rédigé par : Alexis | 29/10/2005 à 23:30