Quelques deux cents personnes se sont rassemblées devant la préfecture à Guéret, pour manifester leur émoi et leur colère face aux arrêtés de reconduites à la frontière pris à l'encontre d'étrangers en situation irrégulière, et particulièrement vulnérables. Le matin , nous avions appris que Fatou, cette jeune congolaise enceinte de six mois avait été libérée du centre de rétention de Bobigny , par décision du juge des libertés.
Par contre, pour madame Tasar, il était trop tard. Son retour en Turquie était effectif
depuis la veille.
Avant d'être reçu en délégation par le préfet, j'ai donné lecture des instructions du vendredi 10 septembre dernier, de Nicolas Sarkozy aux préfets. Je vous en livre quelques extraits:
"Lors de notre dernière rencontre, je vous ai donné des objectifs chiffrés, en vous demandant de procéder au minimum à 23.000 éloignements d'étrangers en situation irrégulière cette année. Je constate qu'à la fin du mois d'août, 12.849 étrangers avaient fait l'objet d'une mesure effective d'éloignement: sur 8 mois, 56 % des objectifs ont été atteints...J'observe d'ailleurs que , d'une préfecture à l'autre, les résultats sont inégaux...La menace est à peine voilée, les préfets qui n'atteindront pas les objectifs ont du souci à se faire...Plus encore qu'une obligation de moyens, c'est une obligation de résultats qui vous est fixée...pour ceux qui n'auraient pas compris...Votre implication personnelle, aux cotés des agents des bureaux des étrangers, des policiers et des gendarmes, est une nécessité. Il est de votre responsabilité de mobiliser vos collaborateurs...On réitère la menace: c'est le préfet qui portera toute la responsabilité si les objectifs ne sont pas atteints, et qui en subira les conséquences.
On comprend l'empressement des préfets à "faire du chiffre". Au prix de drame familiaux et humains, comme pour madame Tasar, petite grand-mère malade sacrifiée sur l'autel de la politique sécuritaire d'un Nicolas Sarkozy obnubilé par ses tentatives de séduction de l'électorat du Front National.
L'entretien avec le Préfet de la Creuse, entouré du secrétaire général de la Préfecture et de sa directrice de cabinet a été courtois et empreint d'une écoute mutuelle. Pour ma part, j'ai plaidé pour un examen empreint d'humanité de la prochaine demande de titre de séjour de madame Tasar. J'ai demandé au représentant de l'Etat d'intercéder auprès du consulat de France à Ankara pour que la prochaine demande de visa de madame Tasar puisse être examinée positivement.
J'ai eu le sentiment d'être non seulement écouté, mais aussi entendu. Dont acte.
Merci à David pour les photos récupérées sur son site

Si pour mme Tasar cela pourra peut etre s'arranger dans un futur proche, malheureusement pour beaucoup d'autres, et meme si la rencontre avec le prefet a été courtoise (mieux nous endormir) des situations restent catastrophiques sur ce territoire.
Tenez vous informés et surtout restez mobilisés.
http://collectif-creuse.blogspot.com/
Rédigé par : eric | 15/10/2005 à 08:50