Il existe dans notre département 33 établissements hébergeant des personnes agées dépendantes (ehpad).
Dans presque tous, des travaux d'améliorations des conditions d'accueil s'avèrent nécessaires : augmentation du nombre de chambres individuelles avec sanitaires adaptés aux handicaps, largeur des portes, des couloirs, ou encore intégration d'unités spécifiques pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou maladies apparentées.
Ces réhabilitations passent par des agrandissements, comme à Royère, Mainsat, Chambon sur Voueize, Marsac, etc...ou par des constructions neuves: Guéret, La Chapelle Taillefert ou Azérables.
Le montant prévu des travaux de rénovation (hors constructions neuves) s'élève à 6.500.000 €, qui vont se répercuter directement sur le tarif "hébergement", c'est à dire sur le prix de journée payé par le résident, en l'absence de toute aide.
On peut évaluer l'impact de cette hausse dans une fourchette de 10 à 20 € par jour. Cette augmentation sera à la charge directe des résidents, et , s'ils ne peuvent y faire face, à la charge de l'aide sociale du département, et donc des contribuables creusois.
Le Conseil Général de la Creuse, par différents courriers restées sans réponses concrêtes, a proposé aux différents ministères concernés une réforme de la tarification visant à répartir 30 % des coûts d'aménagements sur la section "dépendance", et non plus "hébergement", au motif qu'il s'agit d'adapter les locaux à la perte d'autonomie des résidents. La solidarité nationale se substituerait alors aux résidents eux-mêmes.
Nous proposons également de repartir le salaire du directeur d'établissement sur les trois sections, hebergement, dépendance et soins, car sa respnsabilité en engagée à ces trois titres. Aujourd'hui, il est complétement imputé sur la section "hébergement", donc à la seule charge des résidents. Enfin, il nous semblerait juste que le salaire des psychologues qui interviennent dans les maisons de retraite soit lui aussi imputé sur la section soins, financée par la sécurité sociale.
Ces propositions visent à préserver les capacités des creusois à financer leur séjour en maisons de retraite.
En guise de réponse, la Caisse Régionale d'Assurance Maladie du Centre Ouest (Cramco) vient de modifier les régles d'obtention de prêts sans intérêt qu'elle octroie pour le financements des travaux. Désormais, les établissements doivent apporter 35 % de la somme nécessaire, au lieu de 25 % précedemment.
Aucun établissement creusois n'est en mesure de le faire, et tous se voient donc interdits de prétendre aux aides financières de la Cramco. Cette décision condamne pour l'instant les établissements comme les notres , qui accueillent un grand nombre de personnes aux revenus très modestes, dans le département métropolitain où le potentiel fiscal est le plus faible de France.
L'assemblée plénière du 17 octobre a adopté, à l'unanimité, un voeu exigeant du gouvernement:
- une réforme de la tarification partageant équitablement la charge d'amortissement des frais financiers et de direction entre les sections hébergement, dépendances et soins
- l'exonération de la TVA sur les travaux de construction ou de rénovation d'Ehpad (il est quand même un peu choquant de constater que l'Etat se finance sur ces travaux à vocation sociale et de solidarité intergénérationnelle)
- la mise en oeuvre d'un plan spécifique de prêts locatifs sociaux pour la Creuse, bénéficiant aux personnes agées dépendantes
- l'apport de subventions d'investissements de la caisse Nationale de solidarité pour l'autonomie ( qui affirme disposer d'un fonds de 50 millions d'euros à cet effet).



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