M. Montebourg s'en explique, dans sa première interview accordée depuis le Congrès du Mans.
Arnaud Montebourg : « ce fut un choix de conscience très difficile mais que j'assume totalement. Je n'ai pas voulu sacrifier les positions que je porte depuis mon entrée dans la vie publique. Il y avait bien sûr la question de la VIe République qui faisait l'objet d'un refus obstiné de la part des dirigeants socialistes, VIe République sur laquelle je rappelle que j'ai été élu en 2002 dans ma circonscription de la Bresse et du Val-de-Saône.
Il y avait aussi l'ensemble des propositions que nous faisions pour lutter contre les dégâts de la mondialisation en organisant la protection des salariés et des industries attaquées par la concurrence déloyale du commerce mondial.
Il y avait enfin le beau projet d'embryon de République européenne qui avait pour objectif de mettre enfin de la démocratie dans les choix politiques de l'Union. Toutes ces convictions avaient été forgées par le NPS pour répondre à la profonde crise démocratique et sociale qui mine le pays depuis des années.
Les militants nous avaient confié ce mandat. Je n'ai pas voulu, en conscience, les lâcher pour quelques strapontins et miettes de pouvoir. »
A. Montebourg : « je constate que les esprits ne sont pas mûrs et que nous avons là perdu sept ans, car le projet de VI e République ne sera pas porté en 2007 mais en 2012. Toutefois, cette affaire n'est pas finie. L'UDF de François Bayrou s'apprête à défendre le même projet et d'autres partis de gauche ont décidé de porter également cette idée. Je pense que le Parti Socialiste a fait preuve d'aveuglement en refusant d'entendre nos propositions..»
A. Montebourg : « je n'ai pas claqué la porte. J'ai constaté le décès du NPS. Ses idées ont été soit abandonnées, soit laminées dans la moulinette de la synthèse. La plupart de ses dirigeants ont abandonné le NPS pour rejoindre les positions de François Hollande, et de surcroît, les militants, qui dans leur quasi-totalité ne voulaient pas de synthèse ont été méprisés. Ce sont tous les idéaux que j'ai portés qui ont été furieusement maltraités par le NPS lui-même. On ne peut donc que constater qu'il n'existe plus. »
A. Montebourg : « aujourd'hui, les grandes fédérations qui ont apporté leurs voix me déclarent leur fidélité à notre idéal. J'ai reçu en une semaine 1300 e-mails de soutien et 590 au cours du dernier week-end. Pour entretenir cette espérance, donner espoir qu'il y a dans le PS une flamme qui veut rénover, renouveler les idées et les projets de la Gauche, nous allons reconstruire un courant qui rassemblera tous les militants, les élus, les parlementaires, les premiers fédéraux qui veulent continuer le combat. Ce nouveau courant devrait voir le jour très rapidement*. Notre position est de dire que c'est la société qui doit déboucher vers les partis et non les partis qui doivent tout ordonner. Nous ne sommes pas seuls, nous sommes très nombreux mais surtout nous sommes libres.
Nous sommes en train de reconstituer le NPS historique du Congrès de Dijon, moins Peillon et Emmanuelli, c'est-à-dire à peu près 17 % du parti. »
A. Montebourg :« les fédérations devront se positionner entre le Hollandisme et la poursuite de la rénovation. Nous ne sommes pas en opposition à la synthèse mais nous pensons que ce n'était pas rendre service à notre parti que tous les socialistes sacrifient tout ou partie de leurs convictions pour une unité qui n'était qu'artificielle. La véritable unité, celle qui a un sens, ne pourra se faire que lorsque les primaires internes auront désigné un candidat socialiste unique. Nous serons à ce moment tous unis derrière lui. »
A. Montebourg : « chacun a pour l'instant son opinion. Nous ferons une sorte de banc d'essai, d'appel d'offres lorsque nous connaîtrons avec exactitude qui sont les candidats définitifs. Entre temps, nous apporterons notre pierre au projet, car les idées se transmettent pas delà les appartenances et les non-appartenances. Nous sommes dans le PS et nous serons dans le débat d'idées. Nous y pèserons de tout notre poids.
A. Montebourg : « la synthèse a sacrifié les idées nouvelles pour un profit qui n'existe pas. La VIe République est la seule idée nouvelle que le PS a eu depuis trois ans et c'est la première qu'on liquide. Est-ce la réponse la plus intelligente à donner aux temps turbulents qui se préparent ?..»
A. Montebourg : « cette région est celle de mes racines. A chacune des épreuves politiques que j'ai dû affronter, les électeurs de la Bresse et du Val-de-Saône m'ont témoigné une fidélité sans pareille. Dans toutes les épreuves, je leur ai été moi aussi fidèle. Je pense d'ailleurs, dans les moments où il faut trouver le courage de faire face, souvent à beaucoup d'entre eux. Je leur resterai fidèle. Je reprends dans un mois la tournée des communes et des cantons où je rendrai compte de mon mandat. »
A. Montebourg : « non. J'ai fait un choix de conviction qui m'est extrêmement coûteux. Je l'ai fait pour maintenir ces dizaines de milliers de militants ; ces centaines de milliers d'électeurs dans la croyance que le PS n'est pas celui qu'ils croient.
Je pense avoir fait œuvre utile au Parti, à la Gauche et à la France. »
A. Montebourg : « mon objectif est de faire vibrer le PS au contact de la société, de tourner ce Parti vers elle. »


Je dois vous dire, M. Moine, que ça fait plaisir de voir des gens loyaux.
Sinon n'est-il pas évident que la direction bicéphale du NPS s'est révélée cause d'éclatement ?!
Je pense que les systèmes politiques ne disposant pas de chef unique et puissant sont toujours structurellement fragiles.
A ce titre, bien sûr, je suis favorable à une 6ème République présidentielle.
Rédigé par : Alceste | 30/11/2005 à 05:46
Il me semble impossible de rénover la démocratie politique en usant de la référence nécessaire au " Chef ".
Jean Jaures et Léon Blum étaient les nécessaires porte-paroles de la pensée socialiste mais pas des chefs.
J'ai lu le discours de clôture de F. HOLLANDE au congrès du Mans.
Je le cite :
...J'ai beaucoup consulté nos manuels d'histoire interne, mais enfin, c'était le centenaire c'est normal.
Quelle est la plus belle élection que nous ayons gagnée , La présidentielle, 1981, François Mitterrand.
...
Je suis sur le cul !!!
ET 1936, le Front Populaire, Léon BLUM, les conquêtes ouvrières, la mise en oeuvre des congés payés, la semaine de 40 heures et l'ensemble du programme du Front Populaire ?
Il n'est plus surprenant que nous ayons perdu en avril 2002.
Rédigé par : Daniel | 30/11/2005 à 08:36
Evidemment, la 6e république que j'appelle de mes voeux ne sera pas un régime présidentiel, comme actuellement, mais un régime primo-ministériel, avec le role du parlement accru.
Ce que souhaite alceste, c'est un conducator, un duce, et qui sait ? un fuhrer. Celà n'a rien à voir.
Ce qui m'intéresse chez Arnaud, c'est sa capacité à porter des idées, à les incarner. Pas son fan-club.
Rédigé par : michel moine | 30/11/2005 à 09:08
Non, nous sommes dans un régime semi-présidentiel !
C'est très différent.
Un régime présidentiel verrait la disparition du poste de premier ministre et une plus grande séparation des pouvoirs.
Je ne suis pas zélateur du führerprincip, je ne promeus pas la dictature !
Mais une direction claire, autonome et puissante me paraît essentielle.
D'ailleurs la France à eu bcp de régimes parlementaires et ils ont tous été instables et ont toujours amené à terme, sous une forme ou une autre, à l'avènement du pouvoir de qque homme providentiel dont découle toute l'autorité de l'Etat et de la Nation..
Rédigé par : Alceste | 30/11/2005 à 09:29
je vousle dis encore une fois :
un courant est mort et un homme politique est né !
dommage qu'Arnaud ait eu besoin de cette histoire pour faire des choix évidents !
Rédigé par : stephane | 30/11/2005 à 12:49
bravo arnaud, l'espoir renait!et merci claude de nous faire profiter de ces bonnes nouvelles en temps reel!
la 6eme est fortement parlementaire necessairement, et on a suffisement de mauvaises experiences du parlementarisme dans ce pays pour pouvoir batir un systeme democratique qui ne reprenne pas les erreurs du passé!
Rédigé par : robert | 30/11/2005 à 18:51
desolé michel de t'avoir appelé claude ...j'ai un pote qui s'appelle claude moine et j'arrete pas de faire la confusion (c'est un type bien lui aussi!)
Rédigé par : robert | 30/11/2005 à 18:54
tu es pote avec Eddy ?
Rédigé par : michel moine | 30/11/2005 à 23:45
non, un autre,...un paysan!
Rédigé par : robert | 01/12/2005 à 00:01
Je remarque qu'Arnaud n'écarte pas benoit hamon des gens avec qui il souhaite travailler ?
Rédigé par : D'artagnan | 01/12/2005 à 14:31
La vie étant un éternel recommencement, je suis persuadé que le nouveau courant que souhaite créer Arnaud se traduira par de nouvelles trahisons.
Je ne crois pas au changement de l'intérieur car le PS, au delà, des courants fonctionne d'une certaine manière à la mode du centralisme "démocratique".
Le vote des "militants" est un vote de fidélité à la direction plus qu'un vote d'orientation politique. (sans parler du poids des retraités, de la fonction publique et surtout des élus dans ces "militants).
A quand les engagements sur le mandat unique de député, à quand les engagements sur le non cumul des mandats ?
Rédigé par : Daniel | 06/12/2005 à 08:27
J'ai lu attentivement la motion de synthése,version avec la mise en exergue des amendements venant de la motion 5 . Franchement je suis étonné ! Vu ce que la motion 1 a acccepté , je ne comprens pas la crispation sur la 6éme république ! A moins que , et c'est une interprétation toute personnelle , que certains aient voulu se débarrasser des géneurs tels que Montebourg et les autres . Cette union presque arrachée arrange bien Hollande et empéche théoriquement de poser les questions qui génent sur le fonctionnement du Parti . Ce qui voudrait dire que le texte de la motion de synthése n'est qu'un habillage des appétits de pouvoir en lutte au sein du Parti. Pas étonnant ? Peut être , sauf que pour beaucoup de militants du défunt NPS et pour certains qui avaient suivi Melenchon la pilule est amère et la couleuvre difficile à avaler! Pourrons nous avec un nouveau courant reprendre le bon chemin ? Espérons !
Jean Louis Bouillet
Rédigé par : Bouillet jean louis | 08/12/2005 à 19:04
Bravo Arnaud, votre choix est celui de la raison et du coeur. J'étais apolitique, mais maintenant je suis pret à suivre un homme de votre trempe. Merci et encore bravo. Continuez et beaucoup de citoyens sont prets a vous aider. Georges Bever 2 rue St Hillaire 25220 THISE.
Rédigé par : BEVER Georges | 11/12/2005 à 07:36