Le 11 janvier 2005, le Ministre délégué à l'industrie notifiait les résultats de son appel d'offre (décembre 2003) pour des centrales électriques alimentées à partir de biomasse ou de biogaz.
14 projets biomassse ont été retenus et un seul projet biogaz.
Cet appel à projet suscite une vive inquiétude en région Limousin, de la part des professionnels de la filière bois et également des élus locaux. La région est particulièrement impliquée puisque 4 des 14 projets retenus sont situés en Limousin.
Compte tenu de l'impact sur la vie économique de la Région, élus et professionnels s'étonnent de l'absence de concertation qui a entouré cet appel à projets.
Ceci aboutit à une situation périlleuse qui remet en question tout un pan de l'économie locale et à fortiori de nombreuses initiatives locales.
Les élus locaux ont déjà interpellé les pouvoirs publics depuis plusieurs mois sur les conséquences de ces projets pour l'économie régionale, sans réponses à ce jour.
Ils soulèvent pourtant quatre points primordiaux pour l'avenir de notre territoire:
1-Démesure de la demande de produits connexes de l'industrie du bois par rapport à la production en Limousin.
La taille disproportionnée de ces projets, à l'échelle de la région Limousin, va bouleverser et désorganiser totalement le marché des produits connexes de la première transformation du bois. Il en résultera une augmentation brutale de la demande par rapport aux ressources exploitables.
Ainsi à titre d'exemple, l'unité de cogénération de Felletin consomme aujourd'hui environ 60.000 tonnes/an de déchets de bois contre 100 à 150.000 tonnes/an estimées pour chacun de ces projets soit 600.000 tonnes par an rien que pour les 4 projets en Limousin. Or l'offre locale est incapable dans l'état actuel des choses de suivre une telle demande. Il en résultera fatalement une surenchère arificielle pour les prix. Les contrecoups économiques et écologiques de telles unités n'ont pas été pris en compte.
2-Un gaspillage énergétique
A l'heure où on parle de crise énergétique, de la nécessité de développer et surtout de valoriser de nouvelles sources d'énergie, il est surprenant de voir que les projets retenus concernent presque exclusivement des unités de production électrique, sans valorisation aucune de la chaleur produite (grace à des réseaux de chaleur). Non seulement le rendement est plus faible que dans des unités de cogénération, mais en prime on perd la chaleur produite. Alors que l'on demande aux français de faire des économies d'énergie, il semble que le ministère soit lui peu sensible à une utilisation économe et locale de la biomasse.
3-Distorsion de concurrence
Le prix d'achat de l'électricité pour les unités déjà en fonctionnement est de 45 € le MW, contre 85 € en moyenne pour les nouveaux projets sélectionnés par le ministère. Il y a là une distorsion évidente de la concurrence prélude à une mort annoncée de petites unités existant en Limousin.
Avec elles, c'est la disparition de nombreux emplois et l'anéantissement des efforts de nombreux élus locaux qui se sont battus pendant des années pour mener à bien sur leur territoire des projets de développement durable, des projets porteurs d'avenir pour toute une région. Ce n'est pas le prix de l'électricité qui doit fixer le prix du bois.
4-Des conséquences pour toute la fliière bois-forêt
D'après les études, les besoins exprimés ne pourront être couverts, dans le meilleur des cas, que par la mobilisation rapide et en masse de nouvelles ressources, principalement par l'extraction de plaquettes forestières, au pire, par une concurrence forcenée avec d'autres usages de ces produits : notamment avec le secteur de la trituration fortement porteur d'emploi en Limousin.
L'oragnisation d'une collecte d'une telle ampleur n'est pas sans incidence sur la filière bois d'oeuvre et bois d'industrie, tant au niveau des techniques d'extraction de plaquettes que de la logistique transport, sans compter sur l'éventuel développement d'une "sylviculture énergétique" sans autre valeur ajoutée. Comment le réseau routier supportera-t-il un tel tonnage, sur quelles places de dépots, et par quelles pistes ?
Ce programme va à l'encontre des objectifs recherchés: il entrave le développement d'opérations plus modestes, potentiellement plus nombreuses, mieux réparties sur le territoire, et valorisant complètement l'énergie thermique. Il créera à terme des difficultés sur toute la filière bois-forêt et dans différents secteurs d'activité liés au bois, engendrant une concurrence d'usage sur les ressources communes mobilisées.
Les élus limousins ne peuvent admettre une telle situation, dangereuse pour l'avenir de nos territoires. S'il ne réussissent pas à se faire entendre des autorités d'Etat responsables, ils prendront d'autres mesures pour défendre leurs légitimes intérêts.
Ce texte a été adopté à l'unanimité par le conseil communautaire de la communauté de communes Aubusson-Felletin.

Une idée des ressources forestiéres creusoises (et nationales si besoin) sur le site de l'IFN (Inventaire Forestier National)
http://www.ifn.fr/spip/rubrique.php3?id_rubrique=17&script=select_result.php&dep=23
Rédigé par : Jean-Noel | 02/12/2005 à 12:01
Pas mal la nouvelle présentation de ton blog.
Rédigé par : jl boehler | 04/12/2005 à 18:06
Tatalement d'accord avec ce blog! Visitez le site BOIS ENERGIE de www.gfservices.fr et réagissez sur son forum.
Rédigé par : J;P.GALLAND | 25/11/2007 à 14:41
Visitez le site BOIS ENERGIE de www.gfservices.fr et réagissez sur son forum.
Rédigé par : J;P.GALLAND | 25/11/2007 à 14:44