La route ex-nationale 141 a alimenté une partie importante des échanges hier au Conseil Général. La 141, c'est cet axe qui relie Clermont-Ferrand à Limoges, en passant par Aubusson. Elle est dans un piètre état, n'ayant fait l'objet d'aucune attention particulière de l'Etat ces dernières années. On peut même parler d'abandon, au regard de l'inéxécution de 4 des 6 grands chantiers prévus au contrat de plan Etat-Région 2000-2006.
C'est bien simple, sur les 5,6 millions d'Euros inscrits au CPER, 3,4 n'ont pas été investis dans l'amélioration et l'aménagement de cette route.
C'est d'autant plus scandaleux, que dans le département voisin de la Corrèze, la nationale 120 a été entièrement refaite par la DDE avant transfert.
Ceux qui empruntent la 141 savent qu'il y manque des créneaux de dépassement, que certains virages mériteraient d'être retracés, et que la chaussée est rapiécée dans sa majeure partie.
Or, cette route est un axe prioritaire et structurant pour le sud du département, et Aubusson en particulier. Elle permet notamment le convoyage du bois, et est donc très fréquentée par les poids (très) lourds, les convois exceptionnels, et les touristes, sans oublier la desserte locale.
La semaine dernière, dans une conférence de presse,les présidents des deux conseils généraux , Creuse et Haute-Vienne, traversés par la 141, ainsi que le président de la Région, ont dénoncé vigoureusement les conditions financières de ce transfert, à savoir (tous budgets confondus), 400.000 € pour la Creuse. Cette somme est notoirement insuffisante pour faire face aux charges réelles transférées au Conseil général, puisque calculée sur la base des travaux effectivement réalisés par l'Etat ces six dernières années. Or, on a vu que l'Etat avait été particulièrement défaillant durant cette période.
Et bien, cette conférence de presse n'aura pas été inutile.
Hier, effet d'annonce du député de la Creuse, charmant petit télégraphiste, qui a affirmé que ce n'était plus 400.000, mais 600.000 € qui seraient alloués tous les ans au département au titre de la 141 ! Et de conclure que cette somme permettrait de rembourser un emprunt de 5 millions d'euros pour financer les ouvrages.
Belle démonstration, qui reconnait la nécessité de travaux, que l'Etat s'est avéré incapable de mettre en oeuvre, et pour lesquels le député de la 2e circonscription de la Creuse n'a manifesté aucune énergie particulière ces dernières années, et où il préconise maintenant un accroissement de l'endettement départemental !
Si ça c'est pas se débarrasser sur les autres de ses propres défaillances...
Jamais en reste, Philippe Breuil a fait adopter par l'assemblée plénière un voeu visant à faire reverser par l'Etat au département la recette du radar automatique de Mérinchal. Bonne idée, après tout, que l'argent des creusois soit consacré localement à l'amélioration de leur sécurité routière, comme c'est le cas pour les amendes de police, plutôt que de renflouer les caisses de l'Etat.


Michel,
sujet de discussion ô combien sensible! Chacun le sait. Pour l'intérêt de tous, il serait bon d'inciter tous les conseils généraux de France à faire une seule et même demande en direction des bénéfices effectuer par l'Etat sur tous les radars automatiques mis en place sur le territoire national. Toutes les sommes collectées sous le vocable de la " Sécurité Routière " doivent servir à la sécurité routière, donc aux collectivités qui sont en charge de l'entretien des voies de circulation. Ce raisonnement tient du bon sens. Tout le monde sait que ces matériels sont des pompes à fric avant toute chose. Ayant assimilé cela, il faut maintenant utiliser au mieux ces rentrées d'argent qui sont indispensables aux départements. Elles n'existaient pas auparavant ! Alors demandaient tous, d'une seule voie, qu'un transfert automatique de cette manne soit effectué par l'Etat en direction de l'exécutif départemental.
Au besoin, demandez l'aide de nos députés! Peut-être pourront-ils faire avancer les choses puisque certains arrivent à passer au dessus du Préfet dans certains cas.
Bien à vous.
Rédigé par : Bruno | 31/01/2006 à 11:10
de l'application de la néo décentralisation. J'avais envie de prendre ma retraite en Haute Vienne ou Lozère et mon entourrage a ralé (vieille, malade et enclavement). Bon courage
Rédigé par : brigetoun | 31/01/2006 à 12:48
Cela fait un moment que j'ai laissé tomber la N141 au profit de l'A89 pour me rendre en Puy-de-Dôme depuis Limoges. C'est plus long, mais plus rapide et moins stressant.
La N141 est en mauvais état et carrément dangeureuse sur certaines sections. Et s'il y a du travail à faire en Limousin, la section en Puy-de-Dôme ne serait pas en reste non plus...
Rédigé par : Alexis | 31/01/2006 à 12:49
Pour la compréhension du premier commentaire, je vous demande de bien vouloir lire, à la dixième ligne : " Alors demandez tous " au lieu de : Alors demandaient ...
Merci de votre indulgence. Les doigts tapent parfois trop vite sur le clavier et, à tort, la relecture est faite a postériori. Méa culpa !
Rédigé par : Bruno | 31/01/2006 à 13:33
Ainsi l'on spécule sur le fait que nos concitoyens, loin de respecter la vitesse, vont continuer à commettre des infractions, tout cela pour maintenir leurs routes en état sans doute. Bel esprit de civisme.. L'installation des radars était annoncée comme dissuasive, pour la sécurité, avec comme but logique, le zéro infraction.
Prenons la dangereuse N145 : Deux radars entre Gouzon et Montluçon. Des camions qui se touchent et qui rendent le dépassement périlleux voire impossible. Las de s'asphyxier au cul des camions on finit par les doubler en prenant le risque agravé de se trouver dans le champ des jumelles placées 'souvent)aux endroits stratégiques qui vous prennent en excès de vitesse... C'est vrai que la vitesse est un facteur aggravant en cas de collision, mais l'origine de nombreux accidents est due en partie à l'état des routes mal entretenues et peu adaptées au trafic actuel. Dans un commentaire précédent, on dénonce la remise en état de la N120 par la DDE de la Corrèze, avant le transfert aux départements. Et alors ? Ce n’est pas nouveau. Autrefois, lorsque M. Chirac n’avait pas encore atteint les plus hautes sphères et que l’on arrivait par la route Creusoise cabossée du Plateau de Mille Vaches, il était inutile de lire le panneau qui indiquait que l’on entrait en Chiraquie. Non, car la voiture semblait tout à coup évoluer sur un coussin d’air…
Parallèlement à cette répression, on continue de construire des voitures de plus en plus puissantes et rapides. Dérisoire…
Une méthode de gouvernement se dessine (voir le modèle aux USA) : installer un climat d’insécurité et de peur dans la population. En France, deux ministres « futurs candidats » ont chacun leur méthode. L’un installe l’insécurité au niveau de l’emploi, en se réjouissant qu’il y ait peu de manifestants dans les rues (comment se mettre en grève et manifester lorsque l’on est un salarié jetable). L’autre en créant une véritable psychose de l’insécurité, en mettant le feu aux poudres le cas échéant.
Nos concitoyens ont peur, au quotidien et pour leur avenir. Les radars et tous les systèmes répressifs qui se mettent en place font partie de la méthode.
Pour vous détendre, je vous recommande d'allez voir comment le webmaster du site www.icilacreuse.com traite le problème des radars en Creuse. Pris au 1er degré, cela peut passer pour de l’humour.
Rédigé par : Ata-23 | 12/02/2006 à 18:25
Les radars automatiques auront contribué en 2005 au retrait de 7.500 000 points de permis de conduire...Ils ne sont pas que dissuasifs !!!
Rédigé par : michel moine | 12/02/2006 à 19:44