La semaine dernière, une manifestation d'une centaine de lycéens d'Aubusson a traversé le centre-ville, et a fait une halte à l'Hotel de Ville. Je les ai reçu (pas tous, mais un grand nombre quand même), et surtout je les ai écouté. Ces jeunes étaient traumatisés par l'attitude du gouvernement, et l'adoption sans vote de la Loi qui instaure le CPE.
Ils ont le sentiment d'être sacrifiés, de ne pouvoir prétendre au progrès social comme leurs ainés. Et pourtant, ils ne sont pas des fainéants, disent-ils, ils veulent participer à la vie économique et sociale de notre pays, comme des citoyens à part entière, et pas comme des citoyens de seconde zone.
La méthode choisie par Dominique de Villepin, brutale et autoritaire, les révolte. Ils ont le sentiment-justifié- de faire leur apprentissage de démocratie directe, et il est certain que cette période qu'ils vivent pose les bases de leur engagement citoyen futur. Ils se comparent volontiers à leurs anciens qui avaient fait reculer le gouvernement Balladur sur le projet de smic jeune, le tristement fameux CIP.
Comment ne pas les comprendre, lorsque la présidente du Medef déclare froidement: " La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le Droit du Travail ne le serait-il pas ? ".
La jeunesse de notre pays entre en résistance. C'est le sens de la déclaration d'Arnaud Montebourg, qui l'appelle à refuser la fatalité de l'ordre de l'extérieur, et "à organiser la résistance à la déferlante ultra-libérale".
Les jeunes qui m'avaient sollicité ne sont pas tous de gauche, beaucoup seraient sûrement bien en peine de répondre à la question de leur sensibilité politique. C'est une démarche citoyenne qui les anime. Ils méritent d'être non seulement écoutés, mais aussi entendus. Et pas seulement par des hommes politiques incapables de les comprendre, mais par des hommes et des femmes qu'ils comprennent, qui croient en eux, et qui soient en mesure de les incarner.
Une société qui relègue ses jeunes dans la précarité refuse son propre avenir. Elle se condamne elle-même au déclin. Il n'y a pas de fatalité, pas de spirale, s'il y a une volonté politique et une république refondée. C'est le message que j'ai délivré à Aubusson la semaine dernière. J'espère avoir entendu l'attente de nos jeunes.

C'est fou ce que l'on commence à penser aux même choses ;-)
Lettre à un(e) jeune "RESPONSABLE" Politique
VdCourage, intégrité, engagement, ces valeurs sont importantes pour toi, ce sont probablement les raisons pour lesquelles tu t’es engagé(e) en politique, mais quelque chose ne va plus depuis quelques temps, tu doutes de plus en plus de tes choix.
On t’apostrophe dans la rue, sur les marchés, tu entends de plus en plus souvent un « TOUS LES MËMES, TOUS POURIS » qui te fait mal, tu vois des gens qui souffrent que l’on abandonne. Tu penses parfois à tous les 21 Avril que tu ne veux plus vivre.
Il y des députés intègres, la majorité, mais il y a les autres, les cyniques, ceux qui pensent que l’on peut tout dire, tout faire en toute imputé. Je suis choqué que toi, celui (celle) qui rêvait de combats tu laisses sur le terrain des hommes et des femmes qui n’ont pas fait tes choix et qui parfois tombent.
Si j’ai un conseil à te donner dépêche toi car le monde change et à ne rien dire, à ne rien faire, tu trahis tes rêves, tu apprends à ne plus aimer le métier que tu as choisi. Tu finira toi aussi bientôt à trouver tout cela normal, à ne plus réagir quand tu entendras sur les marché « TOUS POURIS » comme une banalisation de la malhonnêteté.
Quand tu penses le soir à tes enfants tu te demandes dans quel pays ils vivront, j’espère simplement qu’un jour il ne te demanderont pas ce que toi aussi ce que "tu faisais pendant la guerre".
N'oublie jamais que "les regrets ne sont que les risques que l'on a pas voulu prendre".
Prends soin de toi et à bientôt j'espère.
Sincèrement
un ami
Copie : véronique, jérome, michaël, alain, michel et tous les autres
Rédigé par : ~laurent | 20/02/2006 à 15:34
Redonnons l'espoir est pour le Mouvement des Jeunes Socialistes le nom de la motion portée par les hollandais.
Rédigé par : Arnaud | 21/02/2006 à 23:13
il y a quelque chose comme trente ans qu'il m'apparait que ce pays qui néglige et a peur de sa jeunesse va à la ruine
Rédigé par : brigetoun | 23/02/2006 à 10:52
tu fais ta pub arnaud???? ;) ;)
Rédigé par : cédric chenot | 23/02/2006 à 11:24
Le chômage des - de 26 ans sans qualifications est actuellement de 40% : c'est dire à quel point ils sont aujourd'hui dans une situation de précarité insupportable sans beaucoup d'espoir d'un avenir meilleur. Le CPE est pour eux une chance car il leur permettra de démontrer que malgré leur bagage limité, ils peuvent faire de l'excellent boulot. Ne disons pas que le CPE crée la précarité, on est dedans aujourd'hui jusqu'au cou.
Par ailleurs les autres contrats (cdi, cdd) demeurent alors testons le CPE d'autant plus qu'en contrepartie de cette période de flexibilité pour l'entreprise (qui n'a notons le aucun intérêt à licencier tous les 10 jours !!!!) le droit au chômage est possible dès le 4e mois et le droit à la formation dès le 1er mois.
Des pays comme l'Espagne, le Danemark, la Suède ont assoupli leur code du travail avec les résultats qu'on connait: un chomage en forte baisse! Alors essayons au lieu de rester dans nos certitudes et notre précarité !!!
Rédigé par : M | 25/03/2006 à 15:31