A en croire Jean-Louis Borloo, en tout cas. Lequel se range résolument dans la première catégorie, et rejette le premier ministre dans la seconde.
Le CPE est en train de diviser profondemment le gouvernement et l'UMP, qui se retrouvent face à une double problématique : comment faire machine arrière sur ce dossier mené à la hussarde par un Dominique de Villepin, qui refait le coup du "droit dans ses bottes" ... de 7 lieues, au regard de la vitesse de sa dégringolade dans les sondages, sans donner le sentiment de se renier, alors que la cacophonie et les errements accompagnent un autre projet du gouvernement, celui portant sur les droits d'auteur.
Cette division est d'autant plus inquiétante pour la majorité qu'elle intervient en pleine bataille politique, ce qui n'est jamais un bon signe pour l'emporter au final. Car il y a péril. La jeunesse se mobilise contre le CPE , toute une génération se conscientise politiquement autour du rejet de sa marginalisation dans la société.
Jean-Louis Borloo va se retrouver à la manoeuvre pour tenter de lever ces fameux doutes. Il nous parle d'améliorer le CPE, en y introduisant des mesures de reclassement pour les jeunes qui auront été licenciés dans les deux premières années de contrat. Belle manière de reconnaitre le noeud du problème, cette précarité qu'on qualifie de "gagnante-gagnante".
Le mal semble irrémédiablement fait pour ce gouvernement qui a fait de la jeunesse une cible politique. Des jeunes des banlieues aux jeunes étudiants et lycéens, il n'aura eu de cesse de stigmatiser ceux qui incarnent l'avenir du pays. Quel avenir pour un gouvernement, et par delà, pour une société qui se coupe de sa jeunesse ?
"Je ne vous comprends pas" disait Jacques Chirac aux jeunes.
C'est malheureusement vrai, sans doutes.

je suis très bête, et il me semble que :
- le CPE ne sert à personne même pas à Villepin
- tout DRH normalement constitué ayant le choix entre embaucher quelqu'un en CPE ou en CDI ne pourra que choisir le premier c'est son boulot et même si ça débouche sur un CDI cela aura été deux ans de précarité
- une fois tous les jeunes facilement "employables" pourvus d'un CPE il n'y aura pas plus de travail pour les autres.
Donc plutôt qu'un énième contrat essayer de relancer la machine "France"
Rédigé par : brigetoun | 13/03/2006 à 18:51
un bilan simple, et tellement évident.....
Rédigé par : cédric chenot (MJS23) | 13/03/2006 à 22:34
Expliquez moi la précarité du CPE par rapport à la précarité des CDD et de quelques semaines en intérim pour les jeunes?
En quoi le CPE est il pour eux plus précaire?
Si ce n'est faire de la politique de bas étages comme le fait la gauche en ce moment
Et toujours aucuen proposition concrète en contrepartie
Rédigé par : claude teyton | 14/03/2006 à 09:16
@Claude Teyton
Bonjour,
Les différences entre CPE, CDD et intérim:
Dans un CDD, la période n’essai ne peut dépasser un jour par semaine travaillée, et est plafonnée à deux semaines pour le secteur du bâtiment, par exemple, quelque soit la durée du contrat. Cette période d’essai effectuée, si le contrat est poursuivi, il doit l’être jusqu’à son terme sous peine de pénalités voire de sanctions.
L’intérim, ce sont des missions de durée plus ou moins longues mais où le terme est généralement connu d’avance là aussi par le salarié. D’ailleurs certains optent d’eux-mêmes pour ce type de travail car ils préfèrent faire succéder des missions pour ainsi voir d’autres horizons, ou encore pour bénéficier de temps de pause. Je parle là bien sûr de l’intérim par choix.
Avec ces deux modes d’embauche permettant l’ajustement des effectifs, quel est donc le besoin de créer un contrat supplémentaire instaurant encore plus d’incertitude pour le salarié ?
Avec un CPE, votre période d’essai n’est nullement définie, elle n’est d’ailleurs pas à mentionner dans le cadre du contrat écrit car il est explicite qu’elle est plafonnée à deux ans sans période minimale.
Donc avec un CPE, vous ne savez pas de manière explicite si vous aurez encore un travail le lendemain.
Espérant que cela réponde à certaines des interrogations…
Rédigé par : gaëlle | 14/03/2006 à 13:28
D'abord, l'interim est précaire, certes, mais le CPE n'a pas vocation à remplacer l'interim. (ou alors si il le fait, c'est qu'il est détourné, puisque l'interim est utilisé pour des missions brèves, et le CPE doit normalement déboucher sur un CDI). Donc pas de comparaison possible entre CPE et interim.
Pour ce qui est du CDD, un propriétaire d'appart souhaitant louer sera bien plus rassuré par un jeune lui montrant un contrat type CDD de 6 mois, donc la certitude d'être payé pendant au moins 6 mois, que par un jeune lui montrant un contrat type CPE ou il risque de ne plus pouvoir payer le mois suivant. (à noter que le locapass ne prévoit en ausun cas de solution à ce soucis là...)
De plus les projets d'avenir ne sont pas favorisés avec le CPE, par rapport à un CDD. On a donc généralisé la précarité que l'on avait avec le CDD au CDI, et ce pour 2 ans. Donc oui, plus de précarité.
Rédigé par : cédric chenot (MJS23) | 14/03/2006 à 13:29
quasi doublon Gaëlle, dsl....
Rédigé par : cédric chenot (MJS23) | 14/03/2006 à 13:32
Bonjour gaelle,
merci de vos propos , et donc avec un cdd et un intérim vous savez quand c'est fini et surtout , qu'il n't aura pas de suite ..
avec un CPE , on est donc bien devant un vrai contrat de travail sur deux qui ensuite pour la quasi totalité sera transformé en CDI
Rédigé par : claude teyton | 14/03/2006 à 13:34
Pas d'accord là-dessus Claude, un CDD et une mission d'intérim PEUVENT être transformés en CDI, et cela arrive croyez moi. (Il n'y a de pire aveugle que celui qui ne veut voir ;-))
D'ailleurs, ces contrats précédents auront quelque part servi de période d'essai supplémentaire, mais toujours moins longue que celle proposée en CPE puisqu'elle est de 24 mois contre 18 au plus pour un CDD.
Rédigé par : Gaëlle | 14/03/2006 à 13:56
La spécialité de ~Laurent (Bervas) est d'embaucher des gens sans les payer en leur faisant miroiter des gains fururs. Maintenant qu'il est complètement grillé en France, il recommence dans une autre activité au Maroc.
Rédigé par : Frédéric Dupont | 14/03/2006 à 18:15
@Gaëlle
vous serez d'accord avec moi sur la nécessité de respecter le droit du travail.
Juridiquement, utiliser un CDD pour une période d'essai est strictement interdit.
Or, quelle est la situation actuelle : beaucoup d'entreprises détournent le CDD pour s'en servir de période d'essai (ce qui est parfois source de litiges devant le conseil des prud'hommes).
Rédigé par : franck | 14/03/2006 à 21:01
Les modalités de mise en oeuvre d'un CDD sont précises: surcroit exceptionnel de travail, remplacement d'un salarié en CDI absent, mission à durée déterminée. Il répond au besoin ponctuel d'une entreprise. Pendant son déroulement, il est très difficile à rompre, sauf à invoquer (et démontrer) une faute lourde.
Dans la réalité, il est souvent détourné de son but initial, et fait l'objet fréquemment par les juges prudhommaux de requalification en CDI, dès lors qu'il est démontré que le caractère temporaire ou exceptionnel n'est pas réel.
Il est beaucoup plus simple de rompre un cdi, qui est loin d'être le carcan invoqué pour justifier la précarisation institutionnalisée qu'est le CNE/CPE.
Rédigé par : michel moine | 14/03/2006 à 22:47
Pour faire simple : le contrat de travail ne peut être conclu pour une durée déterminée que dans les cas suivants : remplacement d'un salarié en cas d'absence, accroissement temporaire de l'activité de l'entreprise, emplois à caractère saisonnier, remplacement d'un chef d'entreprise artisanale, industrielle ou commerciale, remplacement d'un chef d'exploitation agricole.
En matière d'embauche l'aspect psychologique est très important chez un employeur, beaucoup ont peur de franchir le pas car ils considérent que la période d'essai d'un mois (cas fréquent) est trop courte. Il y a manque de visibilité. Il faut dédramatiser l'embauche dans les TPE qui sont un formidable gisement d'emplois. C'est ce que permet le CNE. On parle beaucoup du CPE mais en Creuse nous ne serons concernés que de manière marginale.
Rédigé par : franck | 14/03/2006 à 23:14
D'un mois à deux ans, il y a un monde. On n'est plus dans de l'essai au bout de deux ans. C'est une durée excessive.
Rédigé par : michel moine | 14/03/2006 à 23:17
Les jeunes qui mettent 8 à 11 ans à la sortie de leurs études pour trouver un emploi stable, ce n'est pas ça qui est excessif !
Rédigé par : franck | 15/03/2006 à 00:24
Et en quoi celà répond-il à mon commentaire ? C'est un faux débat. D'un coté , vous argumentez sur la question de l'emploi et l'attitude des entreprises vis à vis des jeunes, de l'autre vous mettez en exergue le code du travail . Ce n'est pas à cause du code du travail si le gouvernement a adopté une politique catastrophique pour l'emploi et a stoppé la croissance économique et sociale de notre pays. Il souhaite mettre à profit la situation d'insécurité sociale qu'il a créé pour remettre en cause les acquis sociaux, car il ne sert les intérêts que de quelques-uns, les plus favorisés, au détriment du plus grand nombre.
Rédigé par : michel moine | 15/03/2006 à 00:46
Et le CPE va changer quelque chose à ça????? Vous croyez vraiment que beaucoup de CPE qui seront transformés en CDI n'auraient pas été créés sans Villepin? Pour info, le CPE est intéressant pendant 3 ans pour l'employeur, pas plus. Alors si on sait un peu gérer ses sousous, on vire le jeune au bout de 2 ans,et on en signe un autre. Le CPE est également à coté de la plaque parceque ce n'est pas du donnant donnant. L'état fait un cadeau, mais le patron n'a pas forcément à transformer le CPE du jeune en CDI.
Rédigé par : cédric chenot (MJS23) | 15/03/2006 à 00:54
Bonjour tous,
Et si au lieu de dire que le CPE n'est pas une bonne mesure, nous essayions tous ensemble de réfléchir à autre chose ?
Si il y avait eu une vraie concertation de la part de notre gouvernement, il aurait pu par exemple désigner une région test (vous savez là où il y a plein de ZUS et que c'est là que l'emploi des jeunes il est catastrophique...).On aurait alors vu vers quoi auraient tendu les grosses entreprises: si c'est vers une pérennisation de cette main-d'oeuvre ou alors si elle leur aurait seulement servir d'ajustement.
Je vous mets un lien où ce débat pour faire avancer les choses commence à poindre.
Bonne journée à tous.
http://campusliber.laecite.org/
Rédigé par : gaëlle | 15/03/2006 à 06:43
@ Gaëlle
"Et si au lieu de dire que le CPE n'est pas une bonne mesure, nous essayions tous ensemble de réfléchir à autre chose ?" : Enfin une démarche constructive. Jusqu'à présent sur ce blog je n'ai noté comme proposition que le retrait du CPE et pas de propositions alternatives !
@MJS 23
- tous les patrons sont des pourris ;
- Michel est un patron ;
- Donc Michel est un pourri ? !
@michel moine
Vous ne vous posez pas de question sur le fait que "Jamais le droit du travail français n’a été aussi protecteur des droits des salariés français et dans le même temps, jamais les salariés ne se sont sentis dans une telle situation de précarité" ?
On commence à tourner en rond sur le sujet du CPE. Ce dispositif sera mis en place. Il sera soumis à évaluation. Je trouve qu'il y a beaucoup d'agitation pour finalement un simple dispositif parmis d'autres de la politique de l'emploi.
Et ce sera ma conclusion à ce sujet sur ce blog : ne doit-on pas réfléchir tous ensemble à la mise en place d'un contrat de travail unique (les bases de discussions pourraient partir du rapport Cahuc-Kramarz).
Je cite J C Le Duigou (n°2 de la CGT) : "La question du contrat unique doit être discutée... Le CDI n'est pas en soi une protection absolue... Dans la situation de sous-emploi structurel que l'on connaît, le CDI n'est pas une garantie..."
actuellement, on protège les emplois et non les personnes
Oui, il faut passer d'un système de garanties lié au salarié et non à l'emploi.
Le droit à la formation professionnelle tout au long de la vie doit être central (tout en veillant à l'adéquation entre les formations et les postes à pourvoir).
franck.
Rédigé par : franck | 15/03/2006 à 12:16
franck,
"Le droit à la formation professionnelle tout au long de la vie doit être central (tout en veillant à l'adéquation entre les formations et les postes à pourvoir)."
Tout à fait d'accord, c'était d'ailleurs l'un des axes de campagne de Lionel Jospin, et c'est un thême transversal à tous les courants du PS.
Il me semble que l'objectif des règles de droit, c'est bien la personne. Je ne comprends pas trop votre argumentation.
Je nez vois pas quelles garanties supplémentaires apporte le CPE au salarié.
Rédigé par : michel moine | 15/03/2006 à 12:29
@ Franck,
Je partage certains points avec vous, nottament quant à la nécessité de respecter le droit du travail, et ce de quelque "bord" que l'on soit.
Par contre, ne ce qui concerne le droit à la formation, pour lequel j'acquiesce tout à fait aussi, il me semble encore que c'est une contrepartie pour "noyer le poisson" comme on dit. Il faut bien réaliser que les formations n'existent pas pour tous les secteurs d'activités, le savoir-faire est souvent transmis pas les anciens. Comment faire pour formaliser cela et faire valoir son droit à être formé dans ce cas ?
Enfin, là je pars un peu à contre-courant, il y aurait tant à dire. Il faudrait mieux structurer le débat.
J'ai une faveur à vous demander Franck, pourriez-vous me transmettre le lien afin de consulter ce fameux rapport"Cahuc-Kramarz".
Je vous en remercie par avance.
Rédigé par : gaëlle | 15/03/2006 à 12:58
Franck,
La proposition pour sortir de la crise du CPE que relate Gaëlle vient de moi. J'invite ceux qui ont des opinions différentes sur le CPE à y réagir. Sortons enfin des oppositions stériles et acceptons que les bonnes idées ne viennent pas seulement de notre bord...
Rédigé par : José@La e-Cité | 15/03/2006 à 13:25
J'ai dit que tous les patrons étaient des pourris?J'en ai pas l'impression. Je dis que ca existe, et que le CPE n'a rien prévu pour encadrer les abus. Et rien que ca, c'est révoltant.
Rédigé par : cédric chenot (MJS23) | 15/03/2006 à 13:25
@Gaëlle
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/054000092/index.shtml
Rédigé par : franck | 15/03/2006 à 13:29
@ Franck,
Merci :-)
Rédigé par : gaëlle | 15/03/2006 à 18:47
En parlant de débats stériles... Pourquoi toute opposition à un projet -qui n'a rien de bon dans son contenu - devrait forcément déboucher sur des contre-propositions : que propose la gauche en échange du CPE peut on lire ! Comme si il n'existait pas suffisamment de contrats autres que le CPE ?
On peut aussi se poser la question du débat sur réfléchir à différentes modalités du CPE dans la mesure où le gouvernement n'a aucunement l'air d'être prêt à discuter... Le retrait du CPE, voilà une mesure qui fera avancer la France !
Puisse la gauche ne pas tomber dans le même piège qu'en 2002, à perdre plus de temps à chercher d'illusoires (et inutiles ?) contre-propositions au CPE au lieu de se concentrer sur son retrait pur et simple en se focalisant sur de vraies mesures qui feront reculer le chomage ET l'exclusion !
Rédigé par : Sébastien | 15/03/2006 à 21:37