
L'affaire a provoqué un certain émoi: les AGF envisageaient de proposer à une clientèle triée sur le volet financier de cotiser à raison de 12.000€ par an. En contrepartie, AGF proposait à ces happy few platiniumisés l'accès le plus rapide à la crême du corps médical français.
Très clairement, il était question d'abandonner le principe d'égalité d'accès aux soins, et d'entériner la médecine à plusieurs vitesses. Celà n'est d'ailleurs pas sans rappeler l'offensive idéologique d'une partie de la droite proche du ministre de l'Intérieur, contre la principe d'égalité, pour lui substituer la notion d'équité.
L'article 7 du code de santé publique était ainsi battu en brêche, qui stipule que " le médecin doit écouter, examiner, conseiller ou soigner avec la même conscience toutes les personnes quels que soient leur origine, leurs moeurs et leur situation de famille, leur appartenance ou leur non-appartenance à une ethnie, une nation ou une religion déterminées, leur handicap ou leur état de santé, leur réputation ou les sentiments [...].
Le projet de cette complémentaire santé AGF posait évidemment un certain nombre d'autres questions: comment la liste des médecins ainsi reconnus comme l'élite de leur profession aurait-elle été dressée ? Quels médecins allaient accepter de rompre leur serment d'hippocrate, qui prévoit que leurs services doivent être offerts à tous (...Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire...)
Il n'est pas question d'être naïf: l'égalité du patient devant la maladie et l'accès aux soins est très relative. De nombreux cas peuvent être évoqués où des différences de traitement ont été constatées.
Mais l'égalité reste le principe. Ce que proposait AGF, c'était de l'effacer et d'entériner l'inégalité comme règle. C'est cette tendance générale à renoncer aux principes pour acter les situations nées de la compétition, du rapport de force social, mondialisé, économique, qui m'irrite. Comme si le pragmatisme, érigé en valeur philosophique suprême, conduisait infailliblement à tout accepter, par le simple fait de l'existence des choses. La Loi devrait se borner à valider le rapport de force, comme on nous le proposait avec le CPE, sans chercher à donner des droits aux faibles (socialement, économiquement, politiquement) face au pouvoir des puissants.
C'est un vrai débat politique et philosophique, face à l'application de l'idéologie capitaliste contemporaine, qui s'appuie sur l'économie mondialisée triomphante. C'est un débat central, celui de la place de l'homme dans la société. Place centrale, ou simple variable économique d'ajustement ?

Crois tu que certains medecin respectent encore leur serment , oui celui d'hyppocrite.
Ils sont malheusement pourri par l'argent.
Il faut avoué que la politique actuel les y a encouragé.
Avec les quottas il ne faut plus les appelés le WE.
Une réforme de la santé s'impose et il faudra la faire en déplaise a certains.
L'avenir de notre secu l'exige mais surtout pas en confiant au secteur privé tous les priviléges qu'il ont.
Rédigé par : Christian DUMINY | 17/04/2006 à 08:11
désolée, ou plutôt ravie de pouvoir te contredire, il y a une bonne part de mmédecins qui ne correspondent pas à ta description Christian. Mais il est vrai qu'ayant été gravement malade, je sais qu'en passant quant il le faut en client "privé" à l'hopital on s'économise un mois d'attente pour un rendez-vous, ou presque. J'ai réprouvé, et j'en ai profité. Par contre pour l'opération, à part une chambre particulière au lieu d'un duo il n'y a pas de différence
Rédigé par : brigetoun | 17/04/2006 à 10:27
Il semble que ce projet a été abandonné mais ce qui est scandaleux c'est qu'il aurait été inspiré par un ancien dirigeant de la sécu.
Rédigé par : Claudie | 17/04/2006 à 19:19
je suis d'accord, la méthode ambiante consistant à déséquilibrer un peu plus les rapports de force entre décideurs et ceux qui subissent, fait des émules dans tous les domaines dont la santé.
la résistance va devoir s'organiser pour proposer des gardes fou contre ces évolutions toujours justifiées par les "on ne peut rien y faire c'est la mondialisation"!
Au contraire, il va falloir agir....
Rédigé par : enzo d'aviolo | 18/04/2006 à 08:37
c'est partis il faut fermer les blocs qui ont moins de 2000 interventions par an.
Cela c'est déja vu dans les années 60 a 70 nombres d'hopitaux ruraux ont vu leur blocs fermer puis sans blocs ont a fermé les maternitées, puis les services de medecine et on les a transformé en maisons de retraite et on a fermé des maisons de retraites parce que trop petites ou trop rurale.
la fermeture a provoqué des deserts sanitaire.
on regarde le nombre d'interventions sans prendre en compte la proximité .
Dans certains endroit il faut entre 3/4 et 1 Heure pour qu'une urgence soit prise en charge.
Ancien Ambulancier Urgentiste j'ai eu a cette epoque de veritables catastrophes.
On peut dire qu'avec l'implantation des VSAB en zone rurale avec la departementalisation c'est le nombre de sortie qui compte donc la disparition des petit Centre de Secours.
Jusqu'ou va t'on aller?
La santée n'a pas de prix sauf pour les comptables de l'etat.
Rédigé par : Christian DUMINY | 19/04/2006 à 09:06
@ christian DUMINY
entièrement d'accord. toute politique proposée actuellement est au rabais. rien ne progresse. Dans le domaine de la santé c'est désastreux pour le bien être de la population. C'est dans ces moments là que l'on se demande vraiment à quoi sert la politique si c'est pour proposer toujours moins bien que ce qui existait avant. Quelle regression des services publics....
Rédigé par : enzo d'aviolo | 19/04/2006 à 14:20
"L’amélioration de l’accès au système de soins à travers l’instauration de la CMU complémentaire a réduit le renoncement aux soins pour raisons financières mais les inégalités sociales de santé sont encore importantes"
http://www.social.gouv.fr/htm/pointsur/onpes/rap_03_04.htm
si tu ne le sais pas, Michel, il y a pas mal de gens en France qui ne vont PAS se faire soigner, à cause du cout, y compris annexe (déplacement vers l'hopital, avance du tiers payant, cout des prestations dentaires, cout des lunettes...)
D'autre part, le ministere de la santé lui meme note que les hopitaux, comme, dans un autre domaine, les lycées, ont des niveaux de prestation différents.
http://www.linternaute.com/femmes/actu/03/0606hopitaux.shtml et http://www.sante.gouv.fr/icalin/rapport_2006.pdf
Enfin, tu sais probablement que les hopitaux publics servent parfois de carte de visite à des praticiens qui ensuitent recoivent dans leur cabinet privé.
Je ne vois pas le rapport entre toutes ces situations d'inégalité et la "mondialisation triomphante. Au contraire, la mondialisation triophante permet enfin à la classe moyenne d'Europe de l'Ouest d'envisager de recevoir des soins dentaires de qualité, en Pologne ou en République Tcheque www.liberation.fr/page.php?Article=201378 ou de la chirurgie en Tunisie.
Moi ce qui m'irrite c'est d'entendre parler de "services publics" au sujet d'activités qui sont deja totalement privatisées de fait.
Rédigé par : A-C | 25/04/2006 à 10:11
"La santé n'a pas de prix sauf pour les comptables de l'etat"
Dans ce cas, Christian, pourquoi ne travailles tu pas gratuitement ?
C'est une phrase vide de sens que de dire que la santé n'a pas de prix.
Ca semble plus juste de dire "la santé coute cher, et pour des raisons ethiques on y consacre de plus en plus d'argent (cf les chiffres insee ci dessous) et comme cela pèse sur le cout du travail (Securité Sociale), on essaie de faire en sorte que les depenses soient plus efficaces. Tu ne crois pas ?
http://www.vie-publique.fr/decouverte_instit/finances/finances_3_3_0_q3.htm
http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?ref_id=NATFPS06303&tab_id=358
Rédigé par : A-C | 25/04/2006 à 10:20
@ A-C
Il me semble que tu as mal interprêté la phrase "La santé n'a pas de prix sauf pour les comptables de l'Etat".
Elle signifie simplement qu'entre les discours et les actes, il y a souvent pour la droite une différence majeure.....
Rédigé par : enzo d'aviolo | 26/04/2006 à 11:59
laquelle ?
Rédigé par : A-C | 26/04/2006 à 16:54
toujours pas compris "la différence majeure", enzo d'aviolo...
Rédigé par : A-C | 27/04/2006 à 13:17
Tu ne vois pas la différence.
Eh bien à part les effets d'annonce de ce gouvernement disant à qui veut l'entendre qu'il souhaite sauver le système de protection sociale français, il passe son temps dans les faits à le démanteler à petit feu en déremboursant, en ne finançant plus, en réduisant l'offre de soin etc, etc, etc....
voilà la différence majeure éclairée par l'exemple donné par michel moine qui montre que faute d'argent, les plus pauvres bénéficient d'une protection sociale de moins en moins protectrice gratuitement et égalitairement.
Rédigé par : enzo d'aviolo | 28/04/2006 à 11:41