Ainsi donc, notre compagnie "nationale" Total a été nationalisée. Le Président de la République a pris sa décision, au regard des profits gigantesques réalisés par l'entreprise, sur le dos des citoyens, grace à des contrats dont elle reconnait elle-même l'inéquité.
S'appuyant sur sa forte popularité ( + de 80 %), le Président de la République s'est inspiré de l'exemple des Etats voisins, qui l'ont précédé dans cette voie. Dorénavant, les bénéfices tirés de l'exploitation d'hydrocarbures n'alimenteront plus les intérêts de quelques-uns, mais seront affectés à l'amélioration du niveau de vie des habitants, à la réduction des inégalités sociales et au redressement des finances publiques.
Cette décision était très attendue par une grande majorité de la population qui pressait le président de mettre en oeuvre le mandat qui lui avait été confié par les urnes.
Vous l'avez compris, le président en question n'est pas Jacques Chirac, mais Evo Moralès, et le pays où ces nationalisations se sont effectuées c'est la Bolivie, et non la France.
Il n'empêche, ce genre d'information, alors qu'on nous rabat les oreilles avec le modèle économique unique de la mondialisation libérale, celà crée une brêche dans l'affirmation de ces certitudes. Et quand on voit les immenses profits des compagnies pétrolières ou gazières, qui explosent avec l'augmentation du prix du baril, on se dit qu'une autre redistribution de ces richesses permettrait de contribuer à davantage de justice sociale.
Nationalisation...Pour certains, le mot est désuet, passé de mode, et voilà qu'il ressurgit dans l'actualité, portant de formidables espérances.
Si tout le monde s'y met, après le Vénézuela et la Bolivie, un autre modèle économique, alternatif, ne serait-il pas possible ? Un vrai choix politique, non ?
Qui nous sort un peu de notre nombrilisme médiatico-politique sur le sourire des candidats aux présidentielles. Et si on parlait de choix économiques, pour changer ?
Bon, je sais ce que vous allez dire...mais ce sont les utopies qui ont fait bouger le monde...

Tout l'inverse de ce qu'on fait ici avec GDF, EDF et autres enterprises nationales qu'on privatise, en les rendant concurrentes. GDF, rapproché du groupe Suez-Electra Bell qui a déjà racheté la SHEM (Sté Hydroélectrique du Midi, une ex-filliale de la SNCF, et aussi producteur d'électricité) devient donc concurrent (presque) direct d'EDF, au nom de la concurrence libre et non faussée (et mon c..., c'est du poulet !). Une privatisation qui ne dit pas son nom, et ce sont les citoyens qui vont en sortir perdants.
Par ailleurs, il est intéressant de noter que l'Amérique du Sud qui a fait le terreau des néolibéralistes occidentaux pendant des centaines d'années vire pleinement à gauche, et nous devrions peut être nous inspirer de leur (mauvaise) expérience en terme de suivi des directives du FMI (Argentine !)...
Rédigé par : Sébastien | 03/05/2006 à 07:38
Osé Michel!
Les pourfendeurs des soi-disant rétrogrades ne vont pas manquer de vous accuser de ne pas suivre l'évolution du monde etc etc...vous savez, tous ceux qui suivent la mondialisation, sans y toucher, parc'on ne peut rien y faire, c'est bien connu!!
Pour notre part nous en sommes simplement à vouloir sauvegarder le peu d'entreprises restant publiques dans le secteur de l'énergie!
Et si le vrai courage politique démarrait en amérique du sud.....
Rédigé par : enzo d'aviolo | 03/05/2006 à 08:37
Le plus incroyable, c'est qu'Evo Morales ne fait là qu'appliquer une promesse électorale. Si Chirac apprend ça, il risque de s'étrangler. Tenir ses promesses... on aura tout vu ;-)
Rédigé par : etienne fillol | 03/05/2006 à 19:50
Et les tarifs du gaz ont augmenté le 1er mai, et Cirelli dispose d'un bonus sur résultats octroyé en même temps que son augmentation de salire du 15 mars... Tiens, je vais laisser cette faute de frappe !
Rédigé par : Olivier Bonnet | 06/05/2006 à 11:06
Je ne serai pas là le 20. merci.
Rédigé par : Fred Aster | 09/08/2006 à 10:35