Je me rappelle du gimmick de la série "au delà du réel", qui ponctuait ses épisodes avec une voix off, très métallique qui disait : "Ce n'est pas une défaillance de votre téléviseur, n'essayez donc pas de régler l'image. Nous avons le contrôle total de l'émission : contrôle du balayage horizontal, contrôle du balayage vertical. Nous pouvons aussi bien vous donner une image floue qu'une image pure comme le cristal. Pour l'heure qui vient, asseyez-vous tranquillement. Nous contrôlerons tout ce que vous verrez et entendrez. Vous allez participer à une grande aventure et faire l'expérience du mystère avec « Au-delà du réel" . Puis la voix off concluait la fin de l'épisode par : "Nous vous redonnons maintenant le contrôle de votre appareil de télévision jusqu'à la prochaine émission de Au delà du réel". Le tout sur fond de musique oppressante...
Maintenant que la coupe du monde s'est achevée sur la déception que nous avons connu, je me dis que nous allons pouvoir nous reconnecter au réel, que nous avions abandonné durant quelques semaines. Rappelez-vous, avant de nous envoler dans le lyrisme des paradis fiscaux artificiels qu'une trop grande dose de football provoque, il était question de l'avenir de la France, du malaise social et de la pauvreté, de l'absence de perpectives pour notre pays.
La coupe du monde, et le parcours qu'y réalisa l'équipe nationale, nous permit même de conjurer pour de brefs instants une perspective de retour vers le futur sans De Lorean, mais avec Chirac et Jospin aux commandes en 2007, et le doigt sur la molette de programmation "1995" et "2002".
Même si l'actualité sportive va maintenant enfin pouvoir réserver ses faveurs au tour de France cycliste (il était temps, la montagne arrive), on peut penser que le faible plateau proposé va laisser une place à cet autre tour de France, celui des hommes et femmes politiques.
Là comme ailleurs, le changement de génération se profile, les vétérans du peloton semblant éprouver des difficultés à jouer les premiers rôles. Et malgré la période estivale, c'est bien à un véritable retour vers le réel auquel nous sommes appelés maintenant.
Maintenant que la question du projet socialiste est tranché, celle de la candidature est complêtement posée. La vocation du parti socialiste, c'est bien d'assumer les responsabilités du pays en portant un projet politique de transformation sociale et sociétale. Le sur-place des candidats à la candidature confirme le fait que les Français aspirent non seulement à un changement d'orientation politique, mais aussi à un renouvelement de ceux qui doivent l'incarner. On discerne bien cette tendance profonde dans la popularité dont bénéficie celle qui personnifie la nouveauté. Je crois que celà manifeste une inclinaison des Français, qui ne traduit pas seulement un capital d'image et de communication, mais aussi des attentes de fond, parce qu'elle pose l'hypothèse de la victoire électorale en termes crédibles.
Bien sûr, on pourra objecter que la démarche, en terme de cohérence de contenu, reste encore un peu cahotique, voire brouillonne. C'est indéniable. L'explication est intrinsèque à la méthode retenue, qui emprunte, voire qui fait son marché, au fil des opportunités, ce qui a pour conséquence de mal définir les contours et la cohérence du projet de société.
C'est toute la différence entre novation et rénovation. Je suis de ceux qui estiment que le projet politique, qu'on appelle la rénovation, que nous portons avec Arnaud Montebourg a vu ses idées progresser et influer. Comment ne pas reconnaitre celà à la lecture du projet adopté par le parti socialiste, notamment sur la questions des institutions, véritable verrou à une démocratie retrouvée, partagée et citoyenne ? La rénovation a donc beaucoup à apporter à la novation, en lui donnant un cap lisible, en lui apportant un soutien identifié et collectif.
C'est dans le respect des identités de chacun, et avec le souci de rassembler au-delà des anciens clivages, que nous participerons à nous donner les moyens de nos ambitions et enverrons un message fort aux Français. Ceux-ci l'attendent et l'espèrent. C'est parce que la rénovation ne s'est pas fondue dans une synthèse anesthésiante, qu'elle n'a pas le désir de se fondre dans quoi que ce soit, ni maintenant ni à l'avenir, qu'elle peut apporter ce qui forge son identité et sa valeur ajoutée.
Je crois qu'ainsi nous serons en situation d'apporter du sens, de la crédibilité, de l'authenticité, au fond d'une démarche dont la dynamique permettra non seulement de créer les conditions de l'alternance, mais aussi d'incarner l'alternative politique dans un tout prochain gouvernement .
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