Entre Nolwenn et Gala, les médias français (et avec eux certains "responsables" politiques) portent le débat politique à des profondeurs insoupçonnées, tels des Comex de l'information.
Il faut reconnaitre qu'internet acccentue ce phénomène, et on ne peut que regretter que d'estimables blogueurs se laissent prendre aux pièges de l'instantanéïté de l'information, et contribuent à véhiculer le manque d'éthique de certains journalistes. Je réclame le droit, et le devoir, de distance, et d'approfondissement des nouvelles qu'on nous jette trop facilement en pature.
Voici la réponse qu'adresse Arnaud Montebourg, pas mégalo pour ce Gala aurait dit Au Bonheur des Dames, à daniel Schneiderman.
"Est il possible d'être dans Gala sans l'avoir voulu, ni souhaité, ou en l'ayant refusé ? C'est ce qui est arrivé au responsable public que je suis, et ce qui vous permettra de juger des moeurs journalistiques de notre époque.
Le journaliste auteur de cet article aussi désobligeant que grotesque n'est autre que Daniel Bernard, journaliste au journal Marianne, publication dont j'apprécie les analyses et avec laquelle comme dirigeant politique je dialogue régulièrement. Daniel Bernard était d'ailleurs à Frangy en Bresse pour enquêter sur la nature de l'alliance que j'étais en train de nouer avec la candidature de Ségolène Royal. Il s'attarda après le tumulte quand le soir fut venu et me posa fort légitimement quelques questions sur l'évolution de la situation politique. Je fus surpris en lisant son journal de constater plus tard que ces matériaux informatifs n'avaient pas été utilisés dans ses articles successifs parus sous sa signature dans Marianne.
La semaine dernière, l'intéressé m'appelle et me dit qu'il pigeait pour Gala, c'est à dire qu'il arrondissait ses fins de mois, en écrivant des articles sur les hommes (ou femmes) politiques. Je lui ai dit que je ne souhaitais pas apparaître dans cette publication. Il m'a répondu avec un culot d'acier qu'il « ne m'en laisserait pas le choix ». J'ai donc demandé deux choses : que ma vie privée n'y figure pas puisque mon épouse et moi-même ne nous sommes jamais exposés dans la presse locale ou nationale, et avons toujours soigneusement protégé nos enfants du regard journalistique. Je précise que cette règle de conduite de ma part n'a jamais varié depuis que je suis devenu parlementaire en 1997. Je lui ai également demandé de faire figurer dans son article mon opposition à toute forme d'indiscrétion sur ma vie personnelle. Il m'a assuré - certainement pour m'attendrir- que ce serait le cas.
Ces deux engagements ont été trahis par ce journaliste. L'article qui fait état d'éléments de ma vie privée et familiale est construit à partir de ragots non vérifiés déjà parus dans des livres qui me concernent.
Quant à la photo, elle a été prise il y a plusieurs mois par un photographe indépendant lyonnais qui m'avait demandé de réaliser un reportage sur le terrain en Bresse, ce qui fut fait. Les photographies dans le jardin de ma maison bressane ont été prises exclusivement en extérieur parce que le photographe souhaitait un décor rural. J'étais loin de penser que tout cela finirait dans Gala ! C'est bien là ma seule imprudence.
Pour le reste, peut-on enfin comprendre que c'est la presse qui nous réduit nous les responsables publics, à des «people» ridicules, à des caricatures peu ragoûtantes, et qui ne nous permet pas de nous exprimer sur nos projets, nos convictions, et nos idées. Que dois je faire, cher Daniel Schneidermann, devant tant de petitesse ? M'abaisser à téléphoner au directeur de Gala pour lui demander de ne pas publier ? On aurait crié à l'atteinte à la liberté de la presse ! De beaux principes qu'il faut en effet défendre pour masquer de vilaines pratiques. Faire un procès à Gala ? C'est certainement ce que je vais faire, mais vous verrez qu'on criera au censeur.
En tous cas je vous demande de continuer à vous battre comme je le fais moi même pour que la presse participe à la construction de la démocratie, si fragile démocratie. Il y a d'énormes problèmes à régler en France. Les dirigeants politiques que nous sommes n'y arriveront pas seuls, ils auront besoin des citoyens, et pour assurer le dialogue entre eux d'une presse solide, sérieuse et attachée à l'avenir de notre beau pays."
Arnaud Montebourg
Voilà le commentaire que j'adresse sur le blog de Daniel Schneiderman .
"Le forum de Daniel Schneiderman est modéré {a priori}.Celà signifie qu'il prend le temps de la réflexion avant publication.
Cher Daniel Schneiderman, n'est-ce pas là une précaution utile, qui vous évite le désagrément des mauvaises polémiques ? Je constate d'ailleurs que vous en avez usé avec le texte de Montebourg, en l'élaguant de "quelques adjectifs, inutilement blessants" dites-vous...
C'est finalement la parole de la victime qu'on contrôle, alors même qu'elle dénonce le manque de contrôle de celle d'un autre !!!
Notre société de la "com" est terrible, qui piège ceux-là même qui la décryptent et en mettent en lumière l'hypocrisie et les mensonges depuis des années, et avec quelle intelligence et quelle ténacité .
Coup double donc pour les zélateurs du "tous pourris", qui n'ont de cesse de tenter de discréditer les esprits libres et non formatés, comme le votre, cher Daniel Schneiderman ou comme celui d'Arnaud Montebourg. Coup double, quand en plus, c'est l'un qui donne le sentiment d'épingler l'autre. Il ne faut donc pas sous-estimer le pouvoir d'attraction du miroir aux allouettes, qui joue sur la vanité humaine, qui conduit à penser qu'on affirmera sa propre intégrité morale, en mettant en lumière la supposée trahison des autres.
La presse est une force addictive qu'il convient de consommer avec modération.
Il est préférable, à tout prendre, de se faire canarder : et pan sur le bec, cher Daniel Schneiderman... "
A noter que le journaliste d'"Arrêt sur images" reconnait avoir tiré un peu vite, et demande lui-même à son journal, Libération, la publication de la lettre d'Arnaud, en droit de réponse.

Cher Michel,
Ce ne sont pas les blogueurs qui posent problème: face à la nouvelle, ils s'étonnent et commentent.
C'est bien qu'Arnaud attaque le journal, car c'est son image de marque qui est affaiblie dans un article, qu'il n'a pas sollicité.
Si ces numéros ne sont pas pilonnés, ce sont des millions de lecteurs moyens qui liront Gala chez leur dentiste et qui garderont en mémoire l'image de cet homme, totalement dévoyée.
C'est ce qui est grave!
Amicalement
Rédigé par : delphine | 15/09/2006 à 20:10
Michel, vous qui êtes proche d'Arnaud Montebourg, pouvez-vous lui demander, pour moi, quel fondement juridique il entend utiliser pour s'opposer à la publication d'un article dans un journal qu'il n'aime pas ?
Rédigé par : koz | 15/09/2006 à 20:15
Michel,
je maintiens que lorsque l'on donne le bâton pour se faire battre, on finit toujours par être pris par ceux qui sont à l'affût des clichés (dans tous les sens du terme).
Cette aventure malheureuse ne serait jamais arrivée il y a 2 mois encore.
Quant aux "estimables blogueurs" (et autres journalistes je rajouterais tout de même http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/204513.FR.php ), comme le dit delphine ils commentent, parfois se déjugent, mais sans aucun préjudice ou fierté mal placée. Alors que les conséquences pour Arnaud et au delà sont bien plus génantes. Chacun à son humble place en quelque sorte.
Amitiés blogueuses
Rédigé par : enzo d'aviolo | 15/09/2006 à 21:07
Cher Enzo,
Votre réflexion," lorsque l'on donne le bâton pour se faire battre, on finit toujours par être pris par ceux qui sont à l'affût des clichés", me fait furieusement penser à ces considérations sur la responsabilité de ces filles qui sont victimes d'un viol, du genre, "elle l'a bien cherché, elle n'avait qu'à ne pas mettre de tenue provocante...".
En l'occurence, ce sous-entendu de la responsabilité implicite d'Arnaud dans cet épisode me parait complêtement occulter le fait qu'il est victime de cette affaire, mais qu'il lui faut s'en justifier par dessus le marché.
Notre responsabilité de blogueur, pour ceux qui ont une certaine éthique en tout cas, et je sais que c'est votre cas, c'est de ne pas se précipiter pour hurler avec les loups,mais au contraire d'être d'une exigence supérieure à la moyenne sur la qualité de l'information reçue avant de la relayer.
Comme dit Le Canard, pan sur le bec...
Rédigé par : michel moine | 15/09/2006 à 21:26
Michel : tu as probablement raison, nous sommes parfois trop vifs et trop rapides à reprendre les informations de ces médias médiocres que tous les français lisent et entendent, mais eux sans démenti !
Par ailleurs et sans polémique, je dois t'avouer ma surprise (mais je n'ai aucun doute là-dessus)qu'Arnaud, le porte-parole de Ségolène ROYAL, se soit fait avoir en beauté. Il lui faudra plus de méfiance envers les journalistes pour ne pas réitérer ce genre de bévue involontaire. Le peu de gens qui auront pris connaissance de son démenti ne manqueront cependant pas de penser (à tort j'en conviens) que cette aventure a été à l'insu de son plein gré !
Rédigé par : renover.maintenant21 | 15/09/2006 à 21:28
Non non Michel, Arnaud n'est pas responsable implicitement, il est victime d'un contexte dans lequel il a accepté de participer et jouer un rôle, c'est très différent.
Quant à votre comparaison osée avec les viols, cela ne vous ressemble pas! o;(((
Mais bien entendu pan sur le bec pour avoir fait part de ma grande déception de façon précipitée! o;)
Et sinon, le débat de Lens?
Qu'avez vous pensé du discours de Fabius?
Rédigé par : enzo d'aviolo | 16/09/2006 à 13:44
Rien pour l'instant, car je rentre seulement chez moi...Les élus locaux sont aussi (et surtout) sur le terrain local.
Je vais donc regarder ce discours du premier ministre d'il y a 20 ans...
Rédigé par : michel moine | 16/09/2006 à 13:59
Moi qui était à Lens il n'y a pas photo : Fabius est sorti grand gagnant de la formule. Beaucoup mieux que la conseillere personnelle de FM d'il y a plus de 20 ans....
Rédigé par : Alexis | 16/09/2006 à 18:06
C'est toute la différence entre un début de carrière et une apogée, non ?
Quant au reste, les militants en jugeront, puis les Français... Plus Laurent en "sort gagnant", plus il chute dans les sondages (celà prouve donc qu'ils ne veulent rien dire, probablement...). Les Français, qui n'ont pas la mémoire courte, attendent manifestement autre chose que des beaux discours à vocation interne et militante. Finissons-en avec cette sclérose du Parti Socialiste.
Il ne faudrait pas que le candidat socialiste, quelqu'il soit, en sorte perdant, de cette course à l'échalotte.
Rédigé par : michel moine | 16/09/2006 à 18:38
J'avais oublié - excuse moi - que les questions de carrière au PS étaient effectivement d'une primo - importance pour toi Michel.
Les militants jugeront oui. Mais justement à Lens ce sont les militants qui ont le plus applaudi Laurent Fabius. Fallait il fait un sondage dérrière ? Non franchement ca ne s'imposait pas.
Rédigé par : alexis | 16/09/2006 à 18:45
Ah bon, LF n'a pas fait une carrière politique, plutôt brillante d'ailleurs ? Qu'y aurait-il de honteux à dire celà ? En tout cas aucune connotation péjorative de ma part, surtout pour des hommes de cette qualité, qui ont démontré dans le passé leur capacité à être des hommes( et des femmes)d'Etat.
Alors , non aux sondages, mais oui à l'applaudimètre ?
S'agirait plutôt d'être en phase avec le corps social...Pas sûr, d'ailleurs, que tous se retrouvent au final devant le choix des militants.
Rédigé par : michel moine | 16/09/2006 à 21:27
toujours s'appuyer sur le passé pour en tirer des enseignements actuels michel, rien de tel o;))
Rédigé par : enzo d'aviolo | 16/09/2006 à 21:37
Certes, et il n'est pas besoin de se retourner très loin. Les sondages du référendum ont très vite donné la tendance...même ipsos !
Rédigé par : michel moine | 16/09/2006 à 22:02
Pour rebondir sur cette affaire « Gala », avec, quelques jours plus tard, le début du recul nécessaire, il me semble que l’un des principaux enseignements que doit en tirer Arnaud Montebourg, et au delà, ceux qui dans RM soutiennent ses actuelles orientations stratégiques, est la révélation en vraie grandeur que cette posture stratégique difficilement compréhensible par une grande partie des militants de RM, à introduit comme défiance entre eux et lui.
Une grande part de ceux qui l’auraient auparavant défendu envers et contre tous sont resté cois (dans le meilleur des cas) ou ont déploré sa connivence supposée avec ce media people sans même se donner le temps du recul nécessaire.
Erreur de communication, sans doute (quoique je puisse entendre certains des arguments sur la difficulté de la mise en pratique de cette communication), mais bien au delà, matérialisation de la rupture au moins partielle de la relation de confiance entre le leader naturel de RM et de (très) nombreux adhérents.
Puisse cet événement malheureux provoquer une prise de conscience d’Arnaud et de ses plus proches quant à la réalité tangible de cette rupture, autant que sensibiliser certains de ceux qui ont réagi de manière un peu anticipée à l’aspect contre productif que peuvent avoir ces réactions, lorsqu’elles se révèlent à posteriori un peu en décalage avec la réalité.
Rédigé par : CFO - Adh. RM93 | 17/09/2006 à 14:44
Arriver à théoriser la rupture d'Arnaud d'avec ses camarades de courant à partir de la saloperie de Gala, c'est très fort ! Et du même acabit.
Préservez-moi de mes amis...Mais je suis d'accord: il y a des enseignements qu'Arnaud doit tirer...
Rédigé par : michel moine | 17/09/2006 à 14:54
Bon, je veux bien admettre que mon propos n’ait pas été aussi clair que ce que j’aurais souhaité, mais ce commentaire là me semble un peu rapide…
1 –Je ne prétends pas théoriser quoi que ce soit. J’essaie juste d’indiquer qu’il me semble que chacun a des enseignements à tirer de la séquence « Gala ».
2 – Lorsque je parle de rupture, il s’agit de la rupture de la relation de confiance, et non pas de rupture avec le courant politique (en tout cas, et pour l’instant, il me semble et je l’espère).
A la lecture de nombreux blogs qui, soit relèvent directement de RM (ass. départementales), soit en sont suffisamment proches pour bénéficier de liens électroniques à partir de ceux-ci (je renvoie par exemple à la listes des blogs et sites « citoyens » présent sur votre propre blog), j’ai quelque mal à penser que l’on actuellement peut affirmer le contraire…
3 – Explication de texte svp : « Du même acabit » … ? Comment dois-je le prendre ?
Rédigé par : CFO - Adh. RM93 | 17/09/2006 à 17:04
Au fait, quelqu'un ici a-t-il lu l'article de Gala incriminé ? Moi oui. Il est loin d'être défavorable à Arnaud qui en ressort sour un jour plutôt sympathique (oubliez un instant vos oeillères partisanes et mettez-vous un instant à la place du lecteur habituel de Gala...).
Et surtout, si Arnaud se met à criser, à faire des droits de réponses (à Libé, parce qu'il n'a réagi qu'au papier de Schneidermann, soit deux jours après la sortie de Gala !)et à poursuivre un journal dès qu'on lui fait un papier qui lui déplaît ou sans sa permission, non seulement il n'a pas fini mais ça va vite être désastreux pour son image !
Rédigé par : Fraise des Bois | 19/09/2006 à 10:17
@ FRaise
Depuis la publication de ton livre tu es visiblement à un tournant de ton activité.
Tu as construit une position de référence dans la blogosphère. A l'instar des "grands" bloggueurs, il est clair que tu ne peux poursuivre que dans l'irrévérence. Et pour débuter, quoi de mieux que de la pratiquer à l'égard de celui dont, à un moment, tu t'es rapproché : Arnaud Montebourg.
Le personnage suscite la controverse. Il est talentueux, ombrageux et habile.
Tu lui a servi du "laquais" quand il a été nommé porte parole de Ségolène Royal (est-ce si déshonorant de porter la parole d'un autre que soi-même, dans sa famille politique ?).
Et aujourd'hui tu rebondis habilement sur l'affaire de l'article Gala en tentant de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
Eh bien non, Arnaud n'a pas l'intention de "criser" sur tous les articles qui le citent (a-t-il crisé quand Libé a titré "Montebourg volage" suite à l'annonce de son choix de l'alliance avec Ségolène), seulement sur ceux qui se révèlent comme des montages ou comme des dénis déontologiques.
Pour info, Daniel Bernard a été blâmé par la Direction de l'hebdomadaire Marianne, après avoir été entendu par la société des rédacteurs suite à cet article de Gala dont il est l'auteur-pigiste.
Je ne doute pas, cher Fraise, que tu sauras à nouveau surfer sur les prochaines occasions que l'activité d'Arnaud t'apportera.
Mais, pour tout te dire, j'attend maintenant que ton talent s'exprime à propos de ce gouvernement et des propositions des candidats de droite et d'extrême droite.
Tu y gagneras peut-être moins en "connections" sut ton blog dans un premier temps ... mais tu construiras plus sûrement le contenu de ton second livre ...
Rédigé par : Eric Loiselet | 19/09/2006 à 16:24