Nicolas Sarkozy s'est payé le luxe (à moins que ce ne soient les Français qui le lui aient payé) d'un déplacement aux Etats-Unis, à l'occasion de la commémoration du 11 septembre. Se prenant durant quelques heures pour le ministre des affaires étrangères, voire pour le Président de la République, c'est bien un adoubement et une onction libérale que le très atlantiste président de l'UMP était venu chercher auprès de George Bush himself.
Et qu'il a d'ailleurs obtenu, alors que les sismographes enregistraient une nouvelle secousse dans la région de Colombey-les-deux-églises, les capteurs étant installés à proximité du cimetiere.
"J'aime l'énergie et la fluidité de l'Amérique. Ce sentiment que tout est possible", s'est extasié le futur candidat de l'UMP aux présidentielles..; avant d'insister sur "une démocratie qui fonctionne", sur la limitation des mandats qui permet "la fluidité ainsi qu'un renouvellement de la classe politique que l'on aimerait retrouver dans la vie politique française". On se demande qui était visé par le ministre de l'intérieur, président du Conseil Général des Hauts de Seine, conseiller municipal de Neuilly sur Seine, président de l'Etablissement Public d'Aménagement de la Défense, et à ses heures perdues, président de l'UMP.
Nous l'entendons souvent citer la presse étrangère, notamment anglo-saxonne et l'image que véhicule celle-ci de notre pays.
Alors, nous apprécierons cet extrait d'un article intitulé "voter pour Ségolène ?" paru le 26 août dernier, dans le journal québécois "Le Devoir* ", sous la plume de Gil Courtemanche
"...Le Sarkozy en question, c'est le ministre de l'Intérieur, ministre de toutes les polices et de toutes les petites magouilles. Il est le maire de Neuilly, la banlieue la plus riche de Paris. Il ne donne pas dans le détail quand il s'agit de l'insécurité, il donne dans la police et la répression. C'est une sorte de Stephen Harper sans la Bible, mais en plus vicieux et en plus méchant. Un homme dévoré par l'ambition, le besoin de paraître et l'absence d'idées. Il casse de l'Arabe plus poliment que l'extrême droite de Le Pen, mais il en casse quand même. Pour lui, les exclus de la société française sont de la «racaille» qu'il faut nettoyer au Kärcher. Comme Harper, Sarkozy, c'est un peu l'extrême droite en veston, soit des gens riches et privilégiés que les petites noirceurs de leur société horripilent et qui pensent que, si les gens sont pauvres ou violents, c'est qu'ils ont choisi consciemment ce destin et que la société doit s'en purger. Tout cela pour dire que Sarkozy sera le candidat de la droite lors de la prochaine élection présidentielle, à moins que ses affaires de coeur ne le rattrapent et ne le disqualifient. Mais en France, l'infidélité ne tue personne, surtout pas les hommes politiques. "
Et oui, en Amérique, c'est possible d'écrire ces choses-là. Et avec quelle fluidité d'écriture...Et quand l'Amérique s'exprime en français, ça n'en est que plus compréhensible.
* "Le Devoir", quotidien québécois qui occupe là-bas un créneau comparable à celui du Monde ... C'est un journal intellectuel libéral et "progressiste" de référence.

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Rédigé par : renover.maintenant21 | 14/09/2006 à 00:20