Alors que les députés de droite s'apprêtent à voter la privatisation de l'entreprise gazière nationale, Ségolène Royal a clairement indiqué la priorité du futur gouvernement de gauche à renationaliser GDF.
On le sait, cette privatisation est un mauvais coup porté à la France et aux Français.
A la France d'abord, qui abandonne ainsi la notion de souveraineté et d'indépendance nationale dans son approvisionnement en gaz, pour dépendre d'intérêts privés pour lesquels le concept de nation n'a aucune espèce d'importance. Seul compte pour ces intérêts privés le profit immédiat, alors qu'à l'aube de l'après-pétrole, les investissements et la recherche au profit d'autres sources d'énergie devront être autant de nécessités, d'importance nationale.
Sitôt formé, le prochain gouvernement de gauche s'attellera au dossier de l'incontournable rapprochement entre EDF et GDF, dont personne, et surtout pas l'actuel gouvernement, n'a été en mesure de nous démontrer qu'il n'y avait pas de pertinence à y travailler. "Nous devrons remettre dans le secteur public EDF et GDF pour créer un champion national de l'énergie, pour préparer les défis du futur et travailler avec les pays européens", a déclaré la présidentiable socialiste.
Mauvais coup porté ensuite aux Français, qu'on dépossède ainsi, sans leur demander leur avis, d'une partie importante de leur patrimoine. Cette privatisation conduira inéluctablement à une augmentation des tarifs du gaz, dans des proportions jusqu'ici inconnues. Il suffit, pour s'en convaincre, de se reporter aux demandes d'augmentation formulées par les dirigeants de GDF auprès du gouvernement, alors même que l'entreprise connait des profits comme jamais.
Le rôle d'un gouvernement est de protéger les Français contre les excès du marché, notamment les plus modestes d'entre-eux, qui sont plus que les autres touchés par le renchérissement du prix de l'énergie. Ce n'est pas le souci de nos actuels dirigeants, davantage préoccupés des intérêts de leur clientêle que de l'intêrêt national.
Les députés de la majorité vont voter cette privatisation comme de bons godillots, incapables de nous en expliquer les avantages (et pour cause !). Samedi dernier, le député UMP de la deuxième circonscription de la Creuse, interrogé sur France 3 Limousin, nous a déclaré en substance: "c'est une bonne mesure, car c'est une bonne mesure". On peut comprendre qu'il manque d'arguments ayant déserté les bancs de l'hémicycle tout au long de cette session extraordinaire (qui siège depuis trois semaines de 9h30 du matin à 1h00 du matin), plus soucieux d'assurer sa réelection en serrant les mains en Creuse, que d'assurer l'avenir de ces mêmes creusois sur le plan énergétique en partcipant au débat parlementaire. D'ailleurs, on attend toujours qu'il organise dans le département une grande réunion publique d'explications.
Ségolène Royal a estimé que la privatisation de GDF était une "faute qui va à contre-courant de l'histoire" dans le contexte de l'après-pétrole. "Aujourd'hui, les pays doivent maîtriser leur indépendance énergétique, investir massivement dans l'innovation et la recherche. On sait que pour préparer le futur, la loi du marché est inefficace, le marché doit produire des profits à très court terme. Seul un Etat puissant peut décider d'investir massivement pour préparer les années à venir", a-t-elle expliqué.

Bonjour,
si débattre dans l'hémicycle correspond à la lecture des tonnes de papiers des amendements des socialistes (357 000 feuilles de papiers je crois!) dont la plupart n'ont que le but de retarder le débat sans le faire avancer! en effet la présence dans l'hémicycle ne sert pas à grand chose !
le 49.3 aurait du être utilisé!
Rédigé par : claude teyton | 26/09/2006 à 10:27
C'est une conception de la démocratie représentative intéressante ! On peut même se demander à quoi sert le Parlement. Finalement un gouvernement sans parlement, ça sera plus efficace ! Le gouvernement déciderait seul...C'est la définition de la rupture ?
Rédigé par : michel moine | 26/09/2006 à 10:34
49.3. Toujours des arguments qui tuent ce Claude.
Rédigé par : vlad | 26/09/2006 à 11:12
Michel ,
vous savez très bien que tel n'est pas mon propos , entre un parlement qui travaille et une opposition socialiste qui ne propose rien , il y a une marge!
parce que c'est bien là votre problème vous ne proposez rien , si votre 6 ème république c'est le retour au nationalisation , en effet , quel progrès!!
pour la rupture encore un peu de patience , elle viendra!
Rédigé par : claude teyton | 26/09/2006 à 13:48
M. Teyton, vous semblez considérer la privatisation comme un idéal à atteindre à tout prix. Je ne crois pas que, dans l'Histoire, la période des plus fortes nationalisations en France ait été la moins faste pour notre pays. Une privatisation n'a de sens que dans le but d'améliorer les performances et la compétitivité des entreprises. Ce serait peut-être le cas pour GDF, bien que je n'en sois pas sûr, mais en ce qui concerne EDF, la privatisation rampante est une aberration. Les règles que nous impose la commission de Bruxelles sont dramatiquement stupides (intentionnellement ?). Cette obsession de l'harmonisation conduit le continent tout entier à sa ruine. A croire que ce sont des puissances étrangères qui dictent la politique européenne... Peut-être faudrait-il songer à s'affranchir de ces instances autoritaires qui prétendent tout dicter, de la forme et du poids du Reblochon ou la quantité d'herbe que doit manger une vache à la politique économique nationale des pays membres...
Et vous savez très bien que M. Sarkozy, par exemple, est un véritable interventionniste... comme toutes les puissances économiques de la planète à l'exception notable de l'Europe, qui ne sait pas se protéger.
Rédigé par : matthieu parneix | 26/09/2006 à 18:51
avec une telle opposition locale, je comprends que tu sois élu Michel! pas trop facilement au moins, rassure moi!
En tout cas il n'y a pas photo!
bon sur le fond du billet, forcément entièrement d'accord! il faudra agir vite.
par contre, tu as omis aussi de dire que Royal avait indiqué qu'elle préconisait une ouverture du futur capital, tu ne crois pas que c'était mal venu à ce moment!? on aurait dit du fabius d'avant 2002! o:))
Rédigé par : enzo d'aviolo | 26/09/2006 à 19:50
enfin un véritable argument de campagne!!!
Rédigé par : jid | 26/09/2006 à 21:56
Bien sûr, complètement d'accord sur le fond, car on le voit : les bénéfices de GDF ne profitent pas aux utilisateurs (ce qui devrait être le cas et le sera sur une entreprise nationalisée), mais aux actionnaires, le prix du gaz s'envolant depuis 2 ans... Bien sur qu'il semble logique que la production énergétique doive être du ressort de l'Etat, afin d'être moins soumis aux influences du marché (même si ca reste à discuter du point de vue EDF par exemple)...
Mais quand même, qu'à fait Ségolène lorsque c'est le PS qui a signé la démarche de privatisation d'EDF (et de GDF) (Fabius et Jospin en l'occurence) en grandes pompes à Barcelone en 2001 !??? Il est peut être temps de se réveiller, mais je me pose quand même la question de savoir si ce sursaut à gauche est une réalité ou un leurre électoral.
Rédigé par : Sébastien | 27/09/2006 à 11:40
pour une fois, je vais prendre la défense de Royal, car franchement sébastien, t'en a pas marre de croire que des décisions politiques sont figées avec le temps et qu'à partir du moment ou l'on a fait une erreur à un moment (encore faut-il la reconnaitre), il ne faudrait plus revenir dessus!?
En outre, tu ne trouves pas que la société a évolué en 5 ans qui ne nécessiterait pas de revenir sur des décisions prises dans un certain contexte, erreur initiale ou non!?
Rédigé par : enzo d'aviolo | 27/09/2006 à 14:11
les nécessaires bénéfices de toute entreprise qui veut avancer profite aussi , et très grassement !! au comité d'entreprise et à la CGT qui se cache derrière!
Rédigé par : claude teyton | 27/09/2006 à 19:02
Sur qu'on a le droit de se tromper et de revenir en arrière. Mais ca me semble un peu facile, en tout cas dans le cas d'EDF et de GDF : il s'agit là (capacité énergétique) d'un enjeu MAJEUR qui demande de bien réfléchir avant d'agir. En étant de gauche (pas comme DSK s'entend), il s'agit même là d'une question idéologique : faut il laisser des entreprises nationales qui fonctionnent bien, qui ont un rôle de service public, aux mains des actionnaires, dont on connaît les conséquences A L'AVANCE (voir l'erreur faite avec France Télécom !) : augmentation de tarifs, associée à une baisse de qualité globale pour satisfaire à la concurrence la plus rude, délaissement des activités peu (non) rentables telles que l'entretien des lignes. C'est la même chose avec EDF : ce sont maintenant (DEJA) des sociétés privées qui sont chargées des travaux de maintenance, et les agents perdent leur savoir-faire pour une question de réduction des coûts. Oui, je veux bien qu'on puisse se tromper... mais NON, pas sur une question comme celle-ci. C'est beaucoup trop facile (et démago ?)
Rédigé par : Sébastien | 28/09/2006 à 10:54
Sébastien, toute ton argumentation, j'en suis d'accord aujourd'hui mais entre ouvrir le capital et le passer au privé, il y a une grande marge!
En outre, vu la fragilisation des services publics entrepris depuis 4 ans, je pense que la fermeté à avoir actuellement à gauche sur ce sujet, n'est pas comparable avec le tout autre contexte que celui qui prévalait il y a 5 ans où les services publics étaient préservés sous jospin. C'est pour cela que je te dis qu'on ne peut être figé ad vitam eternam sur un même problème. Et puis enfin, même un politique a droit à l'erreur éventuellement, s'il la reconnait et s'en explique.
Rédigé par : enzo d'aviolo | 28/09/2006 à 21:51
Chirac / Loyal ou Moine/ teyton même combat:
les un pretexterons la flambé des cours du pétrole pour augmenté la factures des usagés, les autres la recapitalisation pour faire face a une concurence féroce. Toujours le même discour, qu'ils soient de droite ou de gauche au final ce seront les mêmes qui payrons l'addition!!! de la foutaise se débat!!
Rédigé par : stephane | 29/09/2006 à 22:45