Ségolène Royal est pour moi le choix du coeur et de la raison. Elle n'est pas un second choix, par défaut, que certain(e)s, trop préoccupé(e)s de ménager la chêvre et le chou pour être véritablement en capacité d'affirmer des options franches et claires, semblent affirmer. De quoi donner à tout le moins un haut le coeur aux militants, pour qui faire de la politique autrement commence par le respect de leurs suffrages.
J'ai l'intime conviction que les thèmes développés par Ségolène, et la manière dont elle le fait, requalifie des valeurs de gauche, sur lesquels la droite a commis depuis quelques années des hold-up sémantiques, qui tétanisent maintenant un certain nombre de camarades.
Oui, la notion de travail, et sa nécessaire revalorisation, est une valeur de gauche. Dans notre texte fondateur du NPS à la Sorbonne, signé par Arnaud Montebourg, Julien Dray et Vincent Peillon, ce point fondamental était l'un des quatre piliers sur lequel s'appuyait la démarche de rénovation engagée. Y étaient développés le nécessaire rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée en faveur du travail et donc politique salariale, la lutte contre la précarité, renforcement des droits des salariés, les nouveaux droits avec la sécurité sociale professionnelle.
Quand Ségolène Royal affirme, dès Frangy, que "la motivation au travail et l’efficacité économique exigent des salariés bien formés et bien payés, respectés et protégés, assurés de la dignité de leur métier et de la sécurité de leur revenu, et certainement pas l’inverse! ", elle place la valeur travail au centre de sa conception de la société parce que le travail est le facteur premier d’intégration sociale. La véritable question, c'est bien celle de la répartition des fruits de la richesse produite, extrêmement déséquilibrée aujourd'hui entre rémunération du capital et rémunération du travail.
Revaloriser le travail, et pas seulement d'un point de vue moral et culpabilisant comme le fait la droite, qui a favorisé le développement de la précarité et des bas revenus au point d'en faire une norme et donc contribué à sa dévalorisation, passe aussi par un syndicalisme de masse, qui garantit l'intérêt génaral des salariés, qui créé les conditions du rapport de force, et donc des négociations paritaires et un dialogue social plus équilibrés. Augmenter le smic très rapidement est certainement une excellente mesure, mais qu'il convient d'accompagner par un mouvement salarial plus général, qui concerne également celles et ceux dont les revenus sont aujourd'hui tout juste supérieurs au salaire minimum. Le pouvoir d'achat, l'une des clés de la relance par la consommation, est bien une valeur partagée par l'ensemble des socialistes, et ne saurait s'identifier plus particulièrement à l'un plutôt qu'aux autres.
"C’est la nation qui longtemps encore fournira le cadre historique du socialisme" Jean Jaurès
Oui, la nation est une valeur de gauche, en ce qu'elle identifie des valeurs communes et une histoire partagée, en ce qu'elle est incarnée par la République dont les citoyens comprennent, même si c'est parfois de façon confuse, qu'elle est leur patrimoine commun. Ce patrimoine se décline dans la devise de la République, se symbolise par le drapeau tricolore, et trouve son fondement dans la laïcité et les droits de l'Homme. C'est cette conception-là de la nation, qui plonge ses racines à Valmy, que la gauche doit revendiquer. Elle est une garantie du pacte républicain, qui mêle intimement social et national, qui en assure l'égal accès à tous. Mais affirmer l'importance du rôle de la nation, comme garantie contre les inégalités sociales, ne revient pas à faire l'apologie du nationalisme, qui en est un dévoiement. Elle permet, au contraire, d'affirmer le rôle-phare de la France dans la communauté internationale. Ségolène l'affirma ainsi à Vitrolles, lors de sa déclaration de candidature: "Ce n’est jamais quand elle oublie ses valeurs mais, au contraire, quand elle les prend au mot et reste fidèle à elle-même que la France peut aussi, au-delà de ses frontières, parler du monde et au monde. Car la Nation, pour la gauche, est indissociable d’une perspective plus large."
Comme toujours, la bataille des idées passe par la bataille des concepts. En abandonner un à l'adversaire, c'est hypothéquer la victoire à venir. Il n'y a pas des problèmes de droite, et des problèmes de gauche, ce sont les réponses apportées qui sont soit de droite, soit de gauche.Il ne s'agit pas tant de courir après tel ou tel que d'être nous-mêmes, ou ceux que nous n'aurions pas dû cesser d'être.
Ne craignons donc pas de ré-investir et de redonner du sens à ces valeurs, sortons des postures imposées et des schémas convenus: la France, celle que nous voulons, en a besoin.

Salut Michel,
Je suis comme toi un "partisan" de Ségolène et j'ai approuvé l'alliance AM/SR lors du vote à RM75 (pour 73%)..mais à mon sens celà ne nous empeche pas de nous regarder en face, de s'interroger sur l'amélioration
de nos statuts internes, de se dire que si nous voulons rénover le PS..nous devons être aussi "clean" et pour les élus/mandatés
respectueux des militants.
J'ai envoyé une lettre ouverte "modérée", par mail, à Arnaud (à l'Assemblée Nationale)
sur ce sujet..le 8 octobre 2006..et j'attends depuis !
Jean PS RM75
Rédigé par : Marsipulami | 11/10/2006 à 00:52
que de contorsions pour toujours et encore justifier un choix loin de toute évidence.
sur la syndicalisation, on fait comment Michel? on rend obligatoire la syndicalisation? j'aimerai bien des précisions là dessus.....
Rédigé par : enzo d'aviolo | 11/10/2006 à 08:50
Oui, enfin bon (!!), il faut encore qu'elle arrive à nous convaincre ! On attend de voir comment elle va s'y prendre ??!!
Bon courage
Rédigé par : christine | 11/10/2006 à 10:41
Oui, oui, bien sûr Michel, nous te croyons sur parole : tels sont tes idéaux, et ceux du groupe dont tu fais la publicité.
MAIS (pour la nième fois) comment réaliser ces idéaux louables par les valeurs qu'elles mettent en avant ? Plus particulièrement en ce concerne le travail, quelle est le point de départ de la concrétisation de tels souhaits, quels sont les leviers sur lesquels agir (à part le discours, où finalement il n'y a que la langue qui agit sur l'air ?).
Quid des difficultés, complications, dysfonctionnements et casses-têtes (on devrait dire broyes-têtes) liés à l'administration du travail ?
Quid de la pitoyable et incompétente gestion des fonds récupérés soi-disant pour la redistribution, et grève la rentabilité même du travail en pesant sur les contributions ?
Quid de la dette sociale, qui contrairement à ce que certains prétendent, se retrouve bien sur les fiches de paye, à savoir CSG RDS (purée des initiales qui me rendent fou) ?
Quid de la pire résultante des politiques des trente dernières années, à savoir la culture d'assistanat et de salariat ovin, qui de concert avec le premier quid, décourage tout courant d'indépendants qui pourraient se lancer ?
Plus particulièrement sur ce point, tu me disais un jour que tout le monde ne souhaite pas se mettre à son compte, ben c'est bien un malheur. Si on regarde quelles sont les possibilités d'avenir pour la valorisation d'Aubusson et de ses rentrées pécuniaires, on voit bien suite à ton billet précédent que les indépendants se mettant à leur compte est une voir royale.
Il y en a plein, à Aubusson où le chomâge est en gros de 20%, qui pourraient transformer le visage de la ville, mais ayant discuté avec eux, ils me disent largement préférer être au chômage, puis faire des CDD, plutôt que de se prendre la tête à se mettre à leur compte. Pourtant, parmi ceux-là, il y a des lissières et des lissiers, la tapisserie crève, mais de déclic il n'y a point.
A défaut de me plaindre (puisque je ne vote pas, j'y ai pas droit), je pose des questions.
A bientôt.
Rédigé par : Tenryu | 11/10/2006 à 14:03
Tenryu,
Pour quelqu'un qui est depuis peu Aubussonnais , voilà un bien bon constat des choses tant sur le plan local que national!
Les discours sont toujours les mêmes pour beaucoup de politiques!
Rédigé par : claude teyton | 11/10/2006 à 15:25
A oui, M. Teyton, faut qu'on se voit ...
Vous auriez un moment pour me recevoir vendredi en début d'après-midi ? On signe demain pour la maison, et je vais mettre notre assurance entre vos mains :)
M. Vinet est sympa, mais il est un peu loin ...
Bonne soirée à vous, et merci pour le compliment (qu'il faut que je tâche de continuer à mériter).
Rédigé par : Tenryu | 11/10/2006 à 17:53
Revaloriser le travail... belle perspective. Mais que fait on des pauvres gens qui sont sont gravement désocialisés (comme P Declerc l'expose très bien dans plusieurs de ses ouvrages sur les clochards) pour qui le travail n'est pas nécesaire signe d'intégration sociale ?
Le syndicalisme de masse. Est ce réaliste ? Quand on voit que même les salariés de la CGT doivent faire grève pour faire respecter leurs droits (c'était juste avant la fête de l'Huma) !!! Comme les politiques, ces gens ne représentent qu'eux même en pensant (sincèrement ?) représenter le peuple. Mais qu'ils sont loin des problèmes !
La nation, valeur de gauche... Voilà bien une chose pour lesquelles on a fait tant de guerres. Toute vie non humaine n'a pas de frontière, et c'est bien ce qui doit échapper à la compréhension de nos élites. Alors, à l'heure de la mondialisation, on accepte ici ce qu'on interdit là, et voilà comment on ne résoud pas les pbs. La France ? Elle n'existera bientôt plus que comme une entité idéalisée (au sens où elle deviendra une idée) sans fondement.
Quand même pour une fois pas d'acc avec Tenryu : se mettre à son compte est difficile et représente un risque réel non négligeable... mais tous les chomeurs ne sont pas des assistés et pour avoir été RMIste, je suis content de pouvoir dire que ca m'a permis d'avoir du temps pour trouver un boulot... car ca, c'est un métier à plein temps (si j'ose dire). Comment faire des entretiens ou envoyer des candidatures quand on bosse toute la journée en job "alimentaire" ? Non, c'est peut être tout le système qu'il faut changer...
Rédigé par : Sébastien | 11/10/2006 à 21:17
Salut Sébastien,
Se mettre à son compte ne devrait pas être si difficile, là est justement mon propos. Il y a du savoir faire, d'un côté, et de la demande, de l'autre, et entre les deux il y a des gens intelligents et pleins d'énergie (au départ), mais le tabou fait qu'on ne veut pas aborder le sujet, ni imaginer un autre état des choses.
Après on s'étonne que les grands groupes écrasent tout ...
Je ne nie absolument pas l'utilité des contributions dans leur principe et certaines aides qu'elles permettent.
Moi-même je suis resté 3 ans aux Assedics et j'ai touché l'ASS pendant un an, donc je serai mal venu de me plaindre. Seulement si l'Assedics et surtout l'ANPE étaient plus compétents, j'aurai monté mon affaire en moins de temps, et en coutant moins à la société.
Tous les conseils qu'ils m'ont donné était bidons ou carrément faux, surtout que ce n'est qu'au bout de deux ans que j'ai appris que je pouvais monter ma boite et continuer partiellement à toucher des allocs. Et cette info, l'ANPE me l'avait soigneusement cachée, malgré de fréquents entretiens, et un suivi personnalisé par un prestataire de service de l'ANPE.
Quasiment tous les courriers, il a fallu les faire au moins deux fois, tellement toute démarche était bourrée d'erreurs, par des gens qui sont payés pour ce "travail".
Certains épisodes tiennent vraiment du délire total, comme des propositions qu'ils m'ont fait pour un travail médical à deux heures de transport de chez moi, alors que je suis joailler.
Bref, je suis pour la solidarité sociale, mais compétente, bien, gérée, et je suis pour la conscience collective qui fait que le système est bien utilisé par les administrés. Dans la situation actuelle, qui dure déjà depuis un moment, on n'est pas très encouragé à respecter le bien public, vu qu'il ne reflète pas la dignité qu'on aimerait soi-même avoir.
Déjà, avant de revaloriser financièrement le travail (ils va venir d'où le fric ???), il faudrait peut-être en valoriser la qualité. Pas par des mesures, des stages, des mises à niveau, mais par un courant de prise de conscience collective, en montrant l'exemple, et en devenant exigeants.
Si par un discours démago, on conforte le Français dans son idée qu'un salaire, des vacances et une vie de plaisirs et de loisirs lui sont dûs, on ne va pas être pris au sérieux (sauf par les bobos syndiqués), ni améliorer la situation.
Rédigé par : Tenryu | 11/10/2006 à 23:57
Segoléne a raison de vouloir consulter les français par référendum sur l'adhésion de la Turquie à l'Europe,contrairement à ce que pensent FABIUS et STRAUS-KAHN il s'agit d'un problême trop grave qui engage l'avenir de l'Europe et comme tout élargissement il doit impérativement avoir l'accord de la majorité des français qui en ont assez que l'on décide pour eux.
Rédigé par : Robert | 12/10/2006 à 10:05
ahhhh re'vla bob, le spécialiste des causes perdues....celui qui justifie l'injustifiable! sacré Bob!
Rédigé par : enzo d'aviolo | 12/10/2006 à 14:18
OK Tenryu, j'avais mal compris et d'accord à 100% avec toi sur le fait que j'ai aussi perdu mon temps à l'ANPE (c'est peu de le dire !) avec des gens incapables de comprendre le métier que je fais, ni de m'aider à faire correctement un CV ou une lettre de motivation. Aussi, j'ai vite abandonné les entretiens réguliers, venant le minimum requis pour avancer les recherches de mon coté... En 10 mois, pas une offre correspondant à mes compétences (pas une sur d'autres non plus !) ne m'a été envoyée par eux, qu'il s'agisse de Guéret, St Etienne ou Besançon...
Sans compter l'inadmissible pression qui est faite (inconsciemment !?) sur les chomeurs qui tend à les rendre honteux de leur situation et à douter de leurs compétences. .. que l'ANPE ne cherche pas à valoriser d'ailleurs.
Rédigé par : Sébastien | 12/10/2006 à 21:31
D'autant plus dommage que ça fragilise le principe de solidarité, alors que finalement ce n'est pas du tout ce principe qui est en cause.
C'est pour ça que les levers de boucliers des defenseurs des valeurs de gauche, à chaque fois qu'on veut parler de cette situation, m'énerve tellement.
Qu'en penses-tu, Michel ??
Miiichel ... Miicheeeeeel t'es où enfin ??
loooool
++
Rédigé par : Tenryu | 12/10/2006 à 22:31
En réunion...je viens de rentrer.
Est-ce que celà vaut le coup d'aller au devant d'un énervement annoncé, Tenryu, dans un débat qui s'est quelque peu déplacé par rapport à l'objet de la note ?
Rédigé par : michel moine | 12/10/2006 à 22:49
Cher Michel Moine,
Revenons en effet à l’objet de la note.
Je pense avoir suffisamment exprimé mes très fortes réserves sur la stratégie de la direction de RM en direction du soutien à SR pour indiquer clairement là où je me place aujourd’hui.
J’ai écouté très attentivement Arnaud ce soir sur Fr Cult., et je dois dire que c’est avec un plaisir non dissimulé que je l’ai entendu rappeler à cette occasion une grande part des fondamentaux qui ont entraîné mon adhésion, d’abord au NPS, puis ensuite à RM.
Qu’il ait, pour des raisons stratégiques qu’il n’est pas difficile de comprendre, tendance à en rajouter un peu sur la profondeur et la convergence des convictions politiques qui lui ont fait choisir cette alliance stratégique, ne me surprend pas trop, même si j’ai un peu de mal à m’en satisfaire.
Mais ce que j’ai beaucoup plus de mal à admettre, c’est que les militants sincères de RM comme vous essaient à coup de paraboles plus ou moins hasardeuses de donner du fond là ou il n’y en a guère.
Car ce qui peut être compréhensible pour Arnaud, dans la position qui est la sienne, et dans la partie de poker menteur qu’il a décidé personnellement d’assumer dans cette phase de « primaires » ne l’est assurément pas pour ceux qui ne sont pas face à ces enjeux particuliers à titre personnel.
Laissons SR faire elle même l’exégèse de ses propres paroles publiques.
Il est d’autant moins utile d’en rajouter que la phase qui va commencer quand se terminera la « chronique de sa victoire annoncée », sera autrement plus problématique à gérer.
Expliquez moi par exemple pourquoi Arnaud est depuis quelques semaines le seul des porte-paroles de SR à être mis en avant dans les médias. Que font les autres, pendant ce temps, sinon se mettre en réserve pour ne commencer à intervenir que lorsque la désignation aura été définitive.
Voulez vous parier avec moi qu’à compter de ce jour là, les pachydermes de second rang qui se massent actuellement presque en silence autour de la candidate (Les Rebsamen, Dray, Ayrault, Bianco, etc…), vont alors tous sortir du bois pour marginaliser Arnaud encore une fois, et avec lui nos espoirs de vraie rénovation politique.
Ce jour là, de quoi auront l’air ceux d’entre nous qui ont cherché à justifier la posture stratégique d’Arnaud au travers des exégèses de la parole Ségoliste, lorsque d’autres que nous, plus nombreux et bien mieux installés dans l’appareil de campagne, en donneront à fond leur propre interprétation…
Et au fond, l’air qu’ils auront ne m’importe guère, en regard de l’extrême difficulté qui sera alors la leur pour maintenir l’exigence politique que requiert la défense des valeurs spécifiques portées avant tout par RM.
Aussi, je vous en prie, continuez à défendre vos valeurs avec vos propres mots, et non pas au travers de l’interprétation forcément alambiquée des mots empruntés à celles et ceux dont je ne peux tout simplement pas croire qu’il seraient en quelques semaines devenus comme par miracle des défenseurs exemplaires de la rénovation à laquelle nous sommes tellement attachés.
Amicalement
Rédigé par : CFO | 13/10/2006 à 00:16
Je ne partage pas avec vous, Claude, la théorisation de l'impuissance politique permanente que vous défendez dans votre commentaire. A vous écouter, Arnaud serait incapable d'occuper durablement un espace politique et de faire valoir ses vues. Je pense précisemment le contraire. Il me semble que l'espace qu'occupe avec talent Arnaud ne pourra guère lui être maintenant contesté par quiconque, car il y acquiert une légitimité incontestable.
Il me semble également qu'il revient à ceux qui soutiennent la candidature SR de s'en faire, chacun à son niveau, les porte-paroles. Et je suis désolé de vous dire que je trouve chez elle des éléments intéressants de rénovation politique.
Plutôt que d'avoir des pudeurs de jeunes filles sur ce à quoi nous pouvons ressembler en faisant campagne, je préfère me soucier de ce à quoi nous pourrions ressembler si la Droite l'emportait dans six mois.
Claude, il est temps de s'y mettre !
Rédigé par : michel moine | 13/10/2006 à 07:56
Salut Michel,
Non, non, je ne m'énerve pas du tout, je m'exprime, d'une part, et d'autre part je m'amuse !!!
C'est vrai que je suis sorti un peu du sujet, mais pas tant que ça, puisque ça reste autour du thème du travail. La question demeure : comment ?
Rédigé par : Tenryu | 13/10/2006 à 12:24
Je rajouterai que oui, ça vaut le coup d'aller de l'avant dans le débat, puisqu'il ne suffit pas d'annoncer des valeurs, mais qu'il faut encore expliquer la mise en oeuvre qui fera vivre ces valeurs...
Je ne fais pas que plaisanter et parler à la légère, j'ai pris la peine d'écrire en détaillant mes pensées, je pense que ça mérite lecture et réponse.
Mais, comme finalement, ça ne marche pas très bien, je préfère m'occuper de ma propre situation, puisque pour moi tout va bien, plutôt que de me préoccuper du bien commun.
A plus !
Rédigé par : Tenryu | 13/10/2006 à 12:29
bien sur que le travail valorisé, et la nation, sont des idées de gauche, sont des idées humaines tout bètement - mais ces mots ont été largement détournés à droite, et il n'est pas indispensable de les employer dans des formules tellement parentes des leurs qu'il faut ensuite une explication. Mais ce n'est pas ce qui me gêne dans cette candidature. C'est d'une part qu'il me semble que le malentendu est volontaire, c'est de constater de plus en plus que par "démocratie participative" il faut peut-être entendre un dialogue en direct entre une personnalité naturellement désignée et le "peuple", avec des filtres, mais sans argumentation ou avis possibles, ni même question sans agressivité mais non provoquée
Rédigé par : brigetoun | 13/10/2006 à 18:32
Michel,
Pour répondre à la « théorisation de l’impuissance politique permanente», je peux explorer 2 hypothèses. Soit vous m’avez lu un peu trop rapidement, soit j’ai mal exprimé ma pensée.
Je choisis donc la seconde hypothèse, et je vais essayer de préciser ce qui, me semble-t-il à été mal compris.
Non seulement je ne pense pas qu’il y a une fatalité de l’impuissance politique, mais j’essaie bien au contraire de dire qu’il faut éviter le contre temps pour permettre justement de tirer le meilleur parti possible des marges de manœuvre que la séquence politique que nous traversons est susceptible de nous laisser.
Bien entendu, si, comme vous voulez essayer de le faire croire, vous étiez réellement convaincu que Ségolène, et surtout au delà d’elle-même, les toujours plus nombreux apparatchiks (dont ceux que je me suis déjà permis de citer), se sont transformés en acteurs convaincus de la rénovation, alors il me serait difficile d’être très motivé à poursuivre mon argumentation.
Mais, très honnêtement, je ne parviens pas à le croire.
Et toujours très honnêtement, sur le plan de la revendication de la rénovation des pratiques politiques, même un Bayrou m’apparaît aujourd’hui en nette avance sur tout ce qui nous est proposé au sein du PS, hormis ce qui pourrait être rassemblé dans les restes de NPS et de RM mis en commun…
Dois-je vous rappeler, pour ne prendre que cet exemple là, que l’un des 1ers soutiens déclarés à SR est François Rebsamen, qui a atteint le poste de No 2 du PS après l’éviction de LF dans les conditions que l’on sait ? Le même qui a passé le plus clair des dernières semaines à essayer de faire croire que le principe même des primaires n’avait pas de sens dès lors que le résultat était acquis d’avance. Le même qui a avalisé toutes les ruses stratégiques de l’actuelle direction de notre parti pour soigneusement éviter que des « petits rigolos » comme Arnaud soient en mesure de compter leur influence réelle devant les militants …
Bien, j’arrête là, mon vrai propos étant ailleurs.
Je pense tout simplement que c’est une erreur de la part des dirigeants de RM de passer actuellement leur énergie à essayer de faire boire des ânes qui n’ont pas soif, c’est à dire d’essayer de convaincre qu’il y a des éléments intéressants de rénovation politique autour de SR (Arnaud excepté, bien entendu), aux nombreux militants de RM qui sont convaincus du contraire (moi le 1er). Car si c’était réellement le cas, qui mieux que SR et sa garde rapprochée pourrait être en capacité d’inverser leur conviction ?
Et ce que j’essaie de dire, sans doute très maladroitement, c’est : gardez plutôt votre énergie pour l’après primaire, pour être là en réelle capacité, à la fois de soutenir à fond celui (ou plutôt celle) qui aura reçu pour mission de nous mener à la bataille, mais aussi de continuer à jouer de notre petite musique particulière, et sans se prendre alors les pieds dans le tapis des compromis qui aura forcément été tissé pendant la campagne des primaires.
Laissons donc un peu Jean Louis Bianco porter la parole de SR, et je vous parie qu’après quelques semaines ce sont les Désirs d’avenir qui viendront eux-mêmes vous chercher, et que vous aurez alors les coudées beaucoup plus franches pour faire entendre le fond de vos propres convictions et ainsi peser plus fort sur la suite des évènements.
Rédigé par : CFO | 13/10/2006 à 22:59
Salut Michel,
Pour la citation de Jaurès sur la nation, je préfère celle-ci : "Sans le socialisme, la république est vide. Sans la République, le socialisme est impuissant".
Je t'annonce que, tout en restant adhérent à RM17 et au PS, je m'engage avec l'Union antilibérale, en espérant que l'effervescence de la base militante aura raison des logiques d'appareil de la LCR et du PC.
Pourquoi? Parce que dans LEUR programme, la rupture avec le libéralisme économique est clair, et parce que sur la Nouvelle République, c'est plus clair aussi, et plus radical.
Rédigé par : Vincent, RM17 | 14/10/2006 à 02:04
Alors là "CFO", complètement d'accord!!! Pas mieux, vraiment.
Mais comment traduire ce point de vue en ne restant pas les bras croisés à regarder ce pathétique spectacle?
C'est la question que je me suis posé... et comme mon engagement n'entraîne pas chez moi la présence d'oeillères, je me suis mis à observer autour du PS...
Et là sur Bayrou, qu'on le pense sincère ou pas, je vous suis totalement!
Mais là où je voulais en venir, c'est évidemment à l'Union antilibérale..
Celle-ci a de forts risques de ne pas se faire à cause, pour résumer, de logiques d'appareils de membres de la LCR et du PC...
Mais si l'effervescence qui gagne la base militante continue, ne peut-elle pas parvenir à faire pression sur ces logiques là et à faire se concrétiser cette union?
Je pense que c'est possible, voilà pourquoi je fais partie des rares militants socialistes à s'être engagés dans ce processus unitaire sur un credo républicain et antilibéral en matière d'économie.
Rédigé par : Vincent, RM17 | 14/10/2006 à 02:28
Bonjour Michel
Historiquement l' idée de la Nation n' à pas de valeur politique pas plus que celle de la république. Rappelons que la premiere est le fruit de guerres et de successions sur plusieurs siécles et la République est un systéme de fonctionnement pour permettre à la démocratie d' exister ( les américains aussi sont républicains ). Mme royal ne propose rien de neuf pour le travail puisqu' elle ne s' attaque pas au disparités entre les classes ( qu' est ce qu 'un chef sans exécutants et vice versa). Je suis pour la syndicalisation obligatoire.
Rédigé par : gaetan servoin | 14/10/2006 à 07:17
Michel, tu ne m'as toujours pas répondu.
C'est certainement un hors-sujet pour les militants, mais moi je n'ai pas envie de laisser étouffer cette question, donc je reprends un peu les choses sur mon blog, où au moins je ne risque pas de me faire censurer.
Rédigé par : Tenryu | 21/11/2006 à 19:09