Lorsque François Hollande a décidé le mode d'organisation de la campagne interne des prétendants socialistes à l'investiture, il a fait un pari: celui de placer cette compétition sous le signe du débat entre socialistes en privilégiant le fond à la forme.
Cette méthode a l'immense mérite de replacer le Parti Socialiste au centre de la vie politique française, en réaffirmant un rôle premier du parti, qui avait peut-être été relégué à un rang secondaire depuis trop longtemps, celui de force de proposition pour la société de demain. Nous assistons lors des débats entre candidats, à la fois à la mise en lumière du projet socialiste, et dans le même temps à l'expression des uns et des autres de leur capacité respective à porter une vision de l'avenir de notre pays et du vivre ensemble des citoyens.
La manière de concevoir l'action politique, son appropriation par les citoyens, l'incarnation d'aspirations collectives permettent de différencier les trois personnalités qui sollicitent les suffrages des socialistes.
Et jusqu'à présent, les débats avaient tenu leurs promesses. La presse, privée d'incidents à relater, rendait compte des propositions des candidats.
Puis il y a eu le meeting du Zénith, et ce qui restera malheureusement comme la manip du Zénith.
Des huées, des lazzis, des sifflets, celà m'a rappelé les congrès de l'Unef indépendante et démocratique d'il y a 25 ans. Certains qui s'y trouvaient à l'époque, comme moi, se sont probablement imaginés trouver dans les vieilles recettes, la solution miracle.
Des huées, des lazzis, des sifflets: voilà l'unique thême des compte-rendus relatés par les médias. Pas un mot, nulle part, sur ce qui s'est dit à la tribune ce soir-là où le débat n'était pas, lui, à son zénith. D'aucuns croient sortir gagnants de cette mise en scène. A ce petit jeu, il n'y a pourtant que des perdants.
François Hollande, et avec lui la majorité des socialistes, a fait un pari difficile à tenir dans une campagne interne longue: celui de l'intelligence, individuelle et collective. Nul doute que celle-ci ne finisse par triompher.
Il ne tient qu'à nous.

La règle en matière de communicaion n'est pas ce que l'émetteur adresse mais ce que le récepteur comprend. Alors, là, il se trouve que la pari de l'intelligence va être perdu.
Rédigé par : mry | 30/10/2006 à 09:20
Pour éviter les huées du Zénith, il aurait fallu que la direction du parti, menée par( Hollande, Rebsamen et Dray (par charité, je ne cite pas AM), ne fut pas aussi partisane depuis des mois. Il aurait fallu ne pas biaiser les débats et mépriser les candidadteures "non installées".
Le résulat est que les concurrents se sentent abaissées et leurs écuries donnent dans les lazzis. C'est regrettable, sans doute, mais le PS récolte là ce qu'il a semé.
Amicalement
Etienne.
Rédigé par : étienne fillol | 30/10/2006 à 12:00
par ma foi les huées étaient assez partagées, et les bravos aussi. Michel Moine je suis navrée mais j'ai sincèrement essayé de me persuader que Ségolène Royal était la meilleure candidate. Un certain temps que j'en ai abandonné l'idée mais chaque écoute me fait craindre un peu plus qu'elle soit désignée
Rédigé par : brigetoun | 30/10/2006 à 20:33
J'ai été déçu par l'organisation des "chahuts" du Zénith, organisés par l'un ou l'autre qui se prétend plus social-démocrate que les autres. Etait-ce bien nécessaire entre camarades appelés dans peu de temps à nous rassembler derrière un (ou une) candidat commun ! Ou, avons-nous déjà enclenché la machine à perdre ?
Ségolène Royal avait raison lorsqu'elle émettait des réserves quant à sa participation à tous les débats. Qu'y a-t-il à attendre après la soirée du Zénith.
Rédigé par : JL BOEHLER | 31/10/2006 à 20:37