Il est des disparitions qui sonnent comme des glas personnels. C'est le cas de celle de Philippe Noiret, incomparable acteur au registre si complet. Il incarnait une certaine expression du cinéma français, qui a bercé mon enfance, mon adolescence et ma vie d'adulte.
Son interprétation dans "le vieux fusil" n'est pas pour rien dans l'éveil de ma conscience politique. Capable de susciter tant le rire que les larmes ou l'émotion, il faisait partie du patrimoine vivant du cinéma français.Sa mort me surprend, comme on peut être surpris de la disparition d'un monument qu'on pensait éternel. Elle nous renvoie à l'éphémère de notre propre vie, alors que nous quitte l'un des compagnons permanents de notre existence, que nous avons toujours connu. Philippe Noiret était un point de référence, à l'humour toujours présent.On le reconnaissait à la première seconde, c'est pour celà que je trouve cette photo formidable, où il semble se moquer de lui-même et de sa notoriété en brandissant ce carton à son nom, en plein festival de Cannes.
C'était aussi le plaisir de vivre incarné, un plaisir non dissimulé, non feint pour un homme pour qui le mot "jouer" était synonyme de "travailler". C'est sûrement pour celà que les enfants sont à ce point sensibles au travail des acteurs lorsque celui-ci est parfaitement achevé, et pour celà que Philippe Noiret a été cet acteur si populaire.
Ses films nous permettront de moins souffrir de l'absence. Philippe Noiret n'a pas disparu, il s'est juste absenté quelques instants. A bientôt, monsieur Noiret.

commence pour moi la mort de ceux que j'ai "cotoyé" depuis des dizaines d'années.
Vieillir c'est aussi ça : perte de l'entourage.
j'ai pas pleuré, mais j'ai été choquée : le vide
Rédigé par : Annie | 24/11/2006 à 10:32
très bel hommage.
Rédigé par : enzo d'aviolo | 24/11/2006 à 11:17