Polichinelle est réhabilité !
Très curieux sentiment ce matin, à l'annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy, au terme d'un faux suspense, qui s'avère finalement un parfait exemple de non-information. Faux suspense, car le teasing de cette annonce devenait franchement ridicule.
Non-information, car qui pouvait encore douter que le président de l'UMP avait l'intention de briguer les suffrages des Français ?
Décidement, les enseignements à tirer portent davantage sur la méthode et ce qu'elle révèle. Outre que c'est le jour de l'anniversaire du président de la République qui aura finalement été celui de l'annonce ( faite à Chichi ?) , ce qui en dit long sur la délicatesse au mieux, le conflit oedipien au pire, Nicolas sarkozy se sera finalement pris les pieds dans le tapis d'une sur-communication dans laquelle la tentative d'instrumentalisation de la presse aura piteusement échouée.
Il suffisait d'écouter ou de lire les revues de presse ce matin, qui ne relataient que cet aspect des choses pour comprendre à quel point le boomerang est revenu violemment vers son lanceur. Le syndicat national des journalistes dénonce "cette mutualisation de la propagande", qui a conduit le désormais candidat à adresser, par le biais du syndicat de la presse quotidienne régionale d'un "prêt à publier", à l'expression totalement maitrisée, et où la marge de manoeuvre des journalistes est inexistante. La ficelle était à ce point grosse, que même les mieux intentionnés se sont retrouvés génés aux entournures par la bronca de leurs confrêres. Certains, comme Ouest-France ont refusé de diffuser une "interview" qu'ils n'avaient pas recueillie.
Cette réaction est finalement assez encouragante, alors que les liens entre ce pouvoir politique qu'incarne Sarkozy et une partie de la presse n'ont jamais été aussi serrés.
Là encore, les méthodes utilisées montrent le fossé qui sépare les deux candidatures, celle de Ségolène Royal, et celle du ministre de l'Intérieur (et de l'information ?). Décidemment, Nicolas Sarkozy est en train de se construire une image d'homme politique à l'ancienne, adepte des plus vieilles méthodes, et qui ne recule devant rien pour assouvir une ambition personnelle dévorante.
Il y a fort à parier que cette image, finalement révélatrice de sa personnalité, ne l'embourbe de façon durable. "Je veux que l'avenir redevienne une promesse, et cesse d'être une menace" a-t-il affirmé lors de son entretien. C'est bien là le drame pour lui: l'avenir doit tenir ses promesses, et pas simplement en devenir une. Pour qu'il cesse d'être une menace, il suffit de faire le choix de Ségolène en mai prochain.





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