...d'avoir attiré mon attention sur la prose des responsables de l'UMP de la 6e circonscription du Bas-Rhin (Molsheim), à qui les services publics inspirent une succession de poncifs et de caricatures qui seraient cocasses s'ils n'étaient révélateurs du fond de la pensée politique des partisans de Nicolas Sarkozy. Vous allez voir que la frontière avec l'extrême-droite est ténue.
Tout y passe: "sournoise prise en otage","privilège de caste", "appartenance syndicale gauchiste" , "anomalie génétique française", " pas un jour où il n'y ait pas grève"... En passant, le rédacteur-contempteur des services publics laisse échapper un regret: " Comme on ne peut interdire le droit de grève semble-t-il... " , mais propose une solution. Bon sang, mais c'est bien sûr ! Créons un permis à point syndical ! Dès qu'un fonctionnaire serait en grêve, et singulièrement si celle-ci a un impact sur le service rendu, notamment "juste en début de saison de ski", un point en moins !
A la fin, quand il n'y a plus de points, c'est la porte ! Mais avec la liberté de postuler à nouveau à un emploi public...Ouf, on respire ! Mais "chacun reste libre d'exercer ses talents ailleurs" que dans la fonction publique. De préférence...
Caricature, me direz-vous ? Pas si sûr. Quand on se penche sur le projet de l'UMP, sur la question des services publics, dont on connait l'importance en terme d'égalité, et notamment pour les territoires ruraux, on retrouve la même idéologie que celle exprimée sans nuances, mais avec ô combien de clarté, sur le blog de l'UMP de la 6e du Bas Rhin.
Certes la volonté de rassurer et séduire les couches populaires, dont on connait l'attachement aux services publics, patrimoine collectif de ceux qui n'en ont pas, édulcore l'expression, mais la logique du bouc émissaire y est bien présente: c'est l'intervention de l'Etat qui serait la cause de tous les problèmes de la société française depuis 30 ans. Les fonctionnaires sont dépeints comme des forces de résistance aux changements, l'administration stipendiée comme passéiste et enracinée dans l'immobilisme. C'est véritablement faire insulte à ces hommes et ces femmes qui ont, au contraire, fait la démonstartion de leur capacité à s'adapter à un environnement réglementaire toujours évolutif, ce que j'ai pu personnellement constater à l'hopital d'Aubusson, par exemple, ou à l'occasion des transferts des agents de l'Etat en direction du Conseil Général.
L'UMP spécule sur la démagogie et l'amalgame, n'hésite pas à user des poncifs les plus éculés, pour faire oublier l'entreprise de démolition des Services Publics qu'elle a engagé depuis 10 ans.
Nous le voyons particulièrement en Creuse, où le député UMP n'a plus que l'expression "service au public" à la bouche, justifiant ainsi les fermetures ou les appauvrissements des services existants: présence de la Poste réduite à un point poste chez un commerçant, ou dans une mairie, suppression de tournée, et alourdissement de celles restantes, pour ne citer que quelques exemples.
Récemment, lors d'une séance plénière du Conseil Général de la Creuse, l'une de ses collègues, candidate suppléante avec lui pour les prochaines législatives s'exclamait: " je me refuse à faire 3 heures de queue pour acheter ma viande" , sous-entendu "si la gauche passe", après avoir décrit un apocalypse pour la France d'après...la droite. Pour un peu, on se serait cru revenus en 1981, quand la même droite agitait le spectre de l'arrivée des chars soviétiques sur les Champs-Elysées, après la victoire de François Mitterrand.
Il faut remercier ces élus locaux UMP, qui parlent ainsi sans les précautions oratoires de leurs leaders nationaux, mais qui en précisent clairement les intentions. La société qu'ils veulent nous imposer est celle de l'autorité arbitraire, de la soumission des salariés à la volonté du capital, de la démocratie confisquée. Il serait impossible à un fonctionnaire de se présenter aux élections, notamment locales, puisqu'il leur sera immédiatement exigé de démissionner de la fonction publique, et de renoncer définitivement à leur carrière professionnelle. Museler les fonctionnaires, faire taire toute expression contestatrice en général, réduire le dialogue social à l'échelon de l'entreprise, voilà les véritables intentions de la droite.
Une vraie rupture...avec la République.

Merci à Michel d'avoir relayé mon message.
Rédigé par : JL BOEHLER | 30/12/2006 à 12:12
S'il est maladroit de critiquer les fonctionnaires en général, il est par contre, légitime, de poser le problème de la fonction publique en France, par ministère et dans les collectivités.
Leur nombre, excessif là et insuffisant ailleurs. La productivité de la fonction publique, les privilèges par rapport aux salariés du privé.
Mais pouvez-vous le faire, puisque ce sont eux qui votent pour vous en majorité? Et augmenter leur nombre inconsidéremment, c'est aussi s'assurer des suffrages supplémentaires.
Rédigé par : Marqueles | 30/12/2006 à 12:47
A voir la réponse d'un UMP d'Auvergne sur mon blog
http://jboehler.canalblog.com/
Mon message et les documents joints du 5/1/2007.
Rédigé par : JL BOEHLER | 05/01/2007 à 19:48