Quelques jours sans bloguer, fêtes de Noël obligent, mais pas sans une lecture attentive de la presse.
J'en ressors un article paru dans l'Humanité du 23 décembre, signé Lénaïg Bredoux, qui relate l'activité d'un juriste de la CFDT, Régis Abdoul-Lorite. Ce dernier assiste les salariés devant le conseil de prud'hommes de Meurthe et Moselle.
La journaliste de l'Huma insiste sur la recrudescence des procédures engagées par les salariés consécutives à une rupture par l'employeur du Contrat Nouvelle Embauche. Elle met particulièrement l'accent sur la détresse de ces employés, virés comme des malpropres par des patrons particulièrement cyniques et souvent lâches, qui n'ont plus à s'embarrasser de la moindre procédure de licenciement.
"Fateh et Joël arrivent ensemble. Salariés du bâtiment, ils ont tous deux engagé une procédure pour contester leur licenciement. Le premier, quarante ans, Algérien, a travaillé avec un CNE à temps partiel pour une entreprise d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) déjà condamnée pour travail au noir. Au décès de son père, il a demandé à assister aux obsèques en Algérie. Congé accepté. Mais, au retour, le patron l’accuse d’abandon de poste. Le licencie. Fateh veut « seulement (son) droit » :
« Ce n’est pas des patrons, c’est des voyous, des crapules, sans dignité, sans pitié. »
Le second a été embauché comme intérimaire pendant cinq mois et demi, avant de signer un CNE début janvier. Le 22 mai, il reçoit une lettre de rupture non motivée. Depuis, dit-il, à quarante-six ans, il « fait une descente aux enfers ». Dans la salle de réunion, son blouson rouge sur le dos, les mains posées sur la table, sous le regard de Fateh et de Régis, ses paroles flottent, puis s’égouttent lentement dans le silence. « Au départ, j’ai refusé le CNE, je n’avais pas confiance. Le patron m’a dit de ne pas m’inquiéter, que c’était juste pour la forme. Il m’a parlé de primes, de logement à louer.
Ma femme m’a dit : "C’est l’occasion de changer d’appartement." On en a pris un plus grand, j’ai lâché ma vieille Opel, acheté une nouvelle voiture, pris un crédit. Avec 1 300 euros net par mois, c’était la vie rêvée. J’ai tout misé sur ce patron, je me suis investi à fond. J’ai espéré rester jusqu’à la retraite. »
Joël affirme qu’il a fait « 250 » heures supplémentaires, que son patron, pressant, l’appelait tout le temps. « Il fallait être toujours disponible. » Par deux fois, il refuse de rallonger sa journée. La sanction est quasi immédiate : « J’ai cassé ton contrat, tu peux rentrer chez toi, je suis dans mon droit, j’ai pas d’explication à te donner. Et si jamais t’es embêté au chômage, tu viendras faire du black. »
Il secoue à peine la tête, écarte un peu les bras, à la fois désolé et chagrin. Il répète : « On doit respecter sa parole. » Question d’honneur, de principe. Joël : « Le moral en a pris un coup. Tout s’écroule. Ma femme me dit qu’il vaut mieux qu’on se sépare. Parce qu’il y a toujours des conflits. J’ai des problèmes d’estomac, je ne dors plus très bien. J’essaie de me calmer, je joue aux échecs. Mais c’est pas normal, on peut pas tromper la confiance des gens. L’avenir tombe à l’eau. Encore une fois. » "
Les témoignages sont là, accablants, de ce recul du droit des salariés face à des patrons sans vergogne, pour lesquels ils ne sont plus que des variables d'ajustement, taillables et corvéables à merci. Refuser toute explication, c'est nier la dignité du travailleur, c'est nier sa citoyenneté.
Praticien du Droit du Travail, en contact direct avec la réalité des tribunaux prud'homaux, Régis Abdoul-Lorite résume les conséquences du CNE: "Le CNE est l’exemple même de ce que le libéralisme économique veut nous imposer. Il est liberticide parce qu’il nie la loi. Or, dans l’esprit des Lumières, de la République, la loi incarne la liberté individuelle et collective. En dérégulant, on place les gens en situation de non-liberté, parce qu’ils n’ont plus le choix. Le libéralisme économique est une forme d’anarchisme."
Cette insécurité sociale est au centre de la campagne électorale, parce qu'au centre des préoccupations des Français. "Le CDI doit devenir le contrat de référence" a affirmé avec force Ségolène Royal lors de son dernier meeting de Strasbourg, en dénonçant "les licenciements de confort". "Dans la France d'aujourd'hui, on n'accepte plus les licenciements inciviques qui ne correspondent même pas à la réalité économique" ."Les conservateurs n'ont pas compris l'essentiel : la justice sociale et la qualification sont les ressorts de la performance." Et d'ajouter : "Il faudra bien prouver aux Français qu'entre le capital et le travail, le capital sera définitivement plus taxé que le travail, je le ferai", car "il est temps que la volonté politique reprenne la main".

oui le libéralisme est anarchie !
et je regrette qu'au moment de la protestation du CPE personne ne se soit motivée pour défendre les faibles des faibles mis en place depuis septembre 2005 les CNE
Rédigé par : Annie | 27/12/2006 à 11:32
Une idée de l'UMP qui mérite d'être connue nationalement, et émise sur son blog officiel de la 6ème circonscription du Bas-Rhin (Molsheim - Villé) : un permis à points pour les grévistes ! 1 jour de grève = - 1 pt, etc... Malus supplémentaire en cas de grève "gênante" comme les départs en vacances ! S'il reste 0 pt = licenciement. Voir mon blog : http://jboehler.canalblog.com/ (message du 27/12).
Rédigé par : JL BOEHLER | 27/12/2006 à 11:48
Son Nom est Régis Abdoul, Lorite est le nom de jeune fille de sa femme ; mais comme il a honte de ses origines il a francisé son nom... Ca fait mieux pour défendre des salariés en procédures de discrimination ou rasisme...
Ensuite ce délégué syndical qui se fait passer pour juriste, n'a aucune formation juridique en outre il a été condamné à 500 € d'amende pour usurpation de titre en 2004 par le tribunal correctionnel de Nancy pour s'être fait passer pour un procureur de la république en utilisant sa carte d'assesseur au tribunal d'affaires sociales. Condamnation dont il n'a pas fait appel... Ca vous en dit long sur la nature de l'individu!
Ce brillant manipulateur qui se dit proche de Mr Montebourg et Diné use de sa position de responsable juridique départemental pour menacer les conseillers prud'homaux de son syndicat CFDT en leur imposant une partialité totale lorsqu'il plaide devant eux. S'ils désobéissent il les menace de ne pas être reconduits sur les prochaînes listes éléctorales et de leur retirer leur mandats syndicaux, quand on sait les conséquences professionnelles que cela peut provoquer pour celui à qui l'on retire les mandats. Une procédure pour plainte est actuellement instruite devant le procureur de la république pour menace à Magistrats... Facile de gagner ses procés dans ce cas, lorsque les conseillers sont soumis à des menaces et chantages aux mandats de la part de celui qui plaide et qui de surcroit est celui qui désigne les colistiers qui se présentent aux élections. C'est comme si les avocats menaçaient les juges s'ils ne les faisaient pas gagner leurs procés. Tous ceux qui résistent subissent les mêmes menaces de sa part et son radié des listes soit de défenseur soit de conseillers prud'homaux.
Comme il rapporte de l'argent par les procés qu'il gagne le secrétaire Général ferme les yeux sur ses odieux procédés.
Alors si ce type d'individu est votre référence, nous ne sommes pas au même parti socialiste vous et moi!
Armilus
Rédigé par : Armilus | 21/01/2007 à 01:26