Le roi est nu. Arrivé en quatrième position au premier tour avec un score décevant (pour lui) , Jean-Marie Le Pen est au crépuscule de sa très longue carrière politique. Il n'a rien vu venir, ou trop tard. Résultat, son électorat a filé chez Sarkozy, en tout cas tous ceux qui lui avait permis d'accéder au deuxième tour en 2002 parce qu'ils voyaient en lui le candidat anti-systême, le seul qui répondait à leur désespoir social par des solutions simples, en fait simplistes.
Sa façon de stigmatiser telle ou telle fraction de la population avait rencontré de l'écho, notamment chez ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, et pour lesquels la haine fait office de convictions politiques.
Seulement voilà, cette année Le Pen a fait une campagne moins percutante qu'à l'accoutumée. Il est apparu, lui le notable de St-Cloud, l'héritier des ciments Lambert, comme un membre de l'établissement qu'il aime à dénoncer d'ordinaire. Et surtout ses amabilités initiales envers Nicolas Sarkozy ont légitimé le fait qu'il a donné un quitus au progamme du candidat-sortant, en en validant les emprunts sécuritaires et autoritaires.
Jean-Marie Le Pen ne s'est pas aperçu qu'il était devenu un candidat comme un autre, intégré au systême, et dépouillé de son originalité par un Nicolas Sarkozy opportuniste. Une vraie captation d'héritage, tellement Sarkozy semble bien davantage incarner certaines thèses frontistes que la propre fille du Chef.
La bulle a donc éclaté, et 2007 marquera le début du reflux de l'influence du Front National dans les scrutins à venir, car le parti d'extrême-droite vient de se faire dépouiller de son identité protestataire.. D'un certain point de vue, cette défaite marque paradoxalement la victoire idéologique du Front, alors que certaines de ses thèses sont reprises, digérées, et finalement banalisées par Nicolas Sarkozy.
Le Front National n'a plus aucun rôle à jouer dans la vie politique française. Plus aucun rôle ? Pas tout à fait ! Sa dernière cartouche, c'est sa capacité de nuisance pour tenter de ne pas disparaitre dans l'avènement d'un Etat-UMP sarkozyste triomphant. Mais l'angle ne va pas être facile à trouver demain lors de la déclaration de Jean-Marie Le Pen, alors qu'une immense majorité de ses électeurs s'apprête à voter pour le candidat sortant. Le hold-up est parfait.
Ave Sarkorius, morituri te salutant !


Comme tu le démontre fort bien Michel ,en fait LE PEN a gagné;ses idées ne pouvaient être appliquées par le vieux chef trop compromis idéologiquement avec les survivants d'une extréme Droite néo-fasciste mais elles sont passées chez SARKOZY personnage prêt à toutes les compromissions pour se faire élire.Si SARKOZY est élu nous aurons les idées de LE PEN au pouvoir,sans LE PEN!
EN ce qui concerne le reste de son électorat,le noyau dur anti-démocrate et anti-républicain il est moins sur qu'il se reporte sur le candidat populiste et pourrait en grande partie se réfugier dans l'absention.
Rédigé par : Robert | 30/04/2007 à 09:10
Au lieu de harceler les médias et faire la mauvaise tête à propos du débat Royal - Bayrou, il aurait dû proposer un débat Sarkozy - Le Pen, pour mettre en évidence...les convergences. Même TF1 se serait empressé de le retransmettre !
Et si, en football, il estime que la finale se joue entre le 1er et le 2ème, il devrait savoir que dans de nombreux sports (basket par exemple) il y a les play-off, il n'aurait pas été incongru que le 1er rencontre le 4ème !
Rédigé par : JLB | 30/04/2007 à 09:43
Je pense que la situation est plus grave qu'en 2002 : Sarko a ses troupes prêtes à agir (il a bien commencé d'ailleurs).
S'il est élu, sans doute ne tardera-t-il pas à généraliser ses méthodes. N'oubliez pas, il y a quelques mois, à l'Assemblée Nationale, il a dit :
DESORMAIS, SUR CHAQUE CENTIMETRE DU TERRITOIRE NATIONAL, CHACUN DEVRA RENDRE COMPTE DE SES FAITS ET DE SES GESTES.
Rédigé par : Gisèle | 30/04/2007 à 12:52
Là, un petit point de désaccord. OUI, JM Le Pen est un raciste invertébré, anti-démocratique et anti-républicain, OUI, Nicolas Sarkozy a repris à son compte nombre de ces thèses pourtant insoutenables, ce qui en fait (entre autres) un homme dangereux pour la démocratie, comme n'a pas manqué de le rappeler M. Bayrou (il n'est pas le seul)..., mais un parti dans les "idées" (en sont ce seulement ?)duquel se retrouvent plus de 4 millions d'électeurs n'a pas "plus aucun rôle à jouer dans la vie politique française", car il ne faut jamais oublier ce que représentent vraiment les partis politiques : rien ! 4 millions, c'est dix fois plus que le nombre de membres de l'UMP qui est pourtant le parti (soi-disant) le plus grand en nombre d'adhérents. Alors OUI, combattons ces idées nauséeuses par l'éducation par l'information, par le dialogue (quand c'est possible), par la culture (car les électeurs du FN ne peuvent plus être catégorisés éternellement protestataires... maintenant, ils savent !), NON pour faire comme s'ils n'existaient pas, NON pour les combattre à la manière de l'UMP : en banalisant les idées du FN et en les portant en étendar.
Rédigé par : Sébastien | 01/05/2007 à 21:17
Au moins la droite ne sait jamais alliée avec l'extrême droite, comme le fait depuis 50 ans la gauche avec l'extrême gauche...
Je voterai donc Sarkozy avec confiance !
Rédigé par : David | 02/05/2007 à 08:05
@ David
Revoyez donc un peu votre histoire : la gauche ne s'est jamais alliuée avec l'extrême gauche. Il y a 50 ans, la majorité à l'assemblée, c'était la 3ème force : SFIO (socialiste, gauche) - Raadicaux ("centre", avec beaucoup de variations internes) - MRP (Droite républicaine). La gauche non communiste et le PCF ne se sont alliés qu'après 1972 (premier programme commun).
Revoyez aussi le comportement de l'extrême gauche en responsabilité : les conseillers régionaux LO et LCR n'ont jamais, je dis bien jamais, soutenu une quelconque mesure prise par les président de conseils régionaux, que cela soit dans le Nord Pas de Calais ou en Ile de France.
Par contre, l'alliance FN-RPR-UDFse manifeste pour la première fois à Dreux en 1984 (ou 1983 je ne me souviens plus bien). 4 présidents de régions UDF ont été élus en 1998 avec les voix FN. Marc Censi (UDF-PR) en Midi Pyrénée qui n'avait pas sollicité les voix FN a démissionné juste après sn élection à une présidence salie par les voix FN.
Nettoyez un peu devant votre porte avant de venir salir la notre.
Rédigé par : Simon | 02/05/2007 à 14:04
David, vous semblez oublier (mais est ce un oubli ?) toutes ces frontières qui ont toujours existé entre droite et extrême droite, de Charles Millon (c'est bien ça ?) aux députés qui ont régulièrement changé de camp pour garder leur siège (comme certains députés UDF), en passant allègrement de l'un à l'autre, ou ceux dont l'intolérance vis-à-vis des minorités (handicapés, homosexuels, jeunes, etc.) est telle qu'on ne se pose plus la question de savoir comment Nicolas Sarkozy a récupéré 2 millions d'électeurs à M. Le Pen... Je voterai donc Ségolène avec la conscience de ne pas céder au conservatisme le plus archaïque !
Rédigé par : Sébastien | 02/05/2007 à 16:27