François Bayrou a annoncé hier son choix, qu'on pourrait résumer trop rapidement, si on n'y prenait garde, pour le "ni-ni". Exercice difficile pour le leader de l'UDF, qui est déjà dans le coup suivant, mais qui doit garder un oeil attentif sur celui qui se déroule. Objectivement, il a tout intérêt à ce que Sarkozy ne soit pas élu le 6 mai, et il lui a donc décoché ses flèches les plus meutrières.
La révélation de ses propos par les journalistes de Sud-Ouest confirme l'antagonisme profond qui sépare les deux hommes, et apporte au passage un éclairage savoureux supplémentaire sur les tendres liens filiaux qui unissent Sarkozy à Chirac. A écouter ici :
Bayrou n'a pas voulu manger de ce pain-là. Il a vraisemblablement eu raison de ne pas être l'invité de ce casse-croute de c...On eut ri à ses dépens.
"Je ne sais pas pour qui je voterai, mais je commence à savoir pour qui je ne voterai pas" a précisé François Bayrou, qui a tenu à marquer par cette phrase le distinguo-et peut-être bien le choix- qu'il fait entre les deux candidats du 2e tour. D'un coté, un homme qui tente de le contourner en aspirant ses soutiens et en menaçant des pires représailles ceux qui ne courberaient pas l'échine, de l'autre une femme qui lui tend la main et lui propose de participer directement au débat du deuxième tour, en lui reconnaissant la qualité d'interlocuteur.
Les vieilles pratiques politiciennes face à une nouvelle façon de faire de la politique: pas de doute, François Bayrou n'hésitera pas. C'est bien Ségolène Royal qui incarne dans ce dernier duel la politique modernisée, rénovée, réinventée qui a séduit celles et ceux qui lui ont décerné leurs suffrages.

Il doit y avoir deux auteurs différents sur votre blog ?
Ou alors deux François Bayrou ? Celui d'il y a onze jours était de droite, si si :
http://www.michel-moine.net/mon_weblog/2007/04/la_faute_de_mic.html
Etrange ?
Rédigé par : FrédéricLN | 26/04/2007 à 13:40
J'ai écouté avec attention son intervention...
Rédigé par : michel moine | 26/04/2007 à 13:46
Intéressante cette note. En effet, cela change de celle citée par Frédéric et de ce qui disait les dignitaires du PS sur François Bayrou. Tout évolue surtout quand cela peut aider. ;)
Pour ma part, mon choix n'est pas encore fait. Le seul dont je suis sûr est que je ne voterais pas Nicolas Sarkozy. Dès lors, je penche entre vote Royal ou vote blanc.
Rédigé par : Jérôme Charré | 26/04/2007 à 17:49
@ Michel Moine : je comprends parfaitement que, pendant la campagne, militants et élus socialistes aient écouté plus attentivement leur propre candidate et soient donc complètement passés à côté de ce que proposait François Bayrou, pour le découvrir dimanche 22 à 20h01 (ou mercredi 25). Soit.
Mais alors, où les militants et élus socialistes ont-ils trouvé au long de la campagne leurs nombreux arguments définitifs sur l'horreur bayrouiste, composante de la droite avec laquelle jamais, à tout jamais, on ne saurait imaginer de, etc. ?
Je cherche encore.
Rédigé par : FrédéricLN | 27/04/2007 à 09:06
Frédéric,
Je ne sais pas si nous sommes passés à coté des propositions de François Bayrou, mais je constate, en ce cas, ne pas avoir été le seul.
Personne ne dit que Royal et Bayrou, c'est la même chose. Les différences sont incontestables. Mais il y a des points de convergences, notamment sur l'analyse du bilan et des méthodes de Nicolas Sarkozy, sur l'analyse de l'hypothèque politique que ce dernier ferait peser s'il venait à être élu.
Seule, aujourd'hui, Ségolène est en capacité de le battre, car elle est en capacité de rassembler. Elle propose débat et dialogue, quand le candidat sortant n'a que menaces et pressions.
Elle est en capacité et en situation: c'est cette perspective qui doit nous rassembler, et plus nous opposer sur les débats du 1er tour.
Ensemble, c'est possible !
Rédigé par : michel moine | 27/04/2007 à 09:40
Jérôme,
Voter blanc, c'est voter Sarkozy
Rédigé par : michel moine | 27/04/2007 à 09:41