L'élection n'est pas encore intervenue que beaucoup sont déjà dans le coup d'après... sauf peut-être Le Pen, qui a probablement joué son dernier.
Beaucoup, c'est à dire surtout ceux à qui le sort des urnes n'a pas été favorable.
Villiers vient de se renier, lui qui le soir du 1er tour donnait toute liberté de vote à ses électeurs avant de se parjurer aujourd'hui en appelant à voter Sarkozy. C'est qu'entre temps, le président du conseil général de Vendée a fait ses comptes, localement, et pris la mesure de l'effritement de son électorat dans ce département qui n'est quasiment plus son fief.
L'Udf, qui n'existe virtuellement plus, et qu'il serait plus juste de dénommer les Udf, a, apprend-on, vocation à muer, avec l'exprimé souhait de voir cette chrysalide se muer en un papillon magnifique, avec deux belles ailes, l'une à gauche, l'autre à droite. Ce qui n'est pas tranché, c'est de savoir si ces ailes seront de mêmes dimensions. Pour ma part, je sais que la durée de vie de ces élégants insectes est assez brêve. Le parti démocrate, dont il n'est pas certain qu'il conservera, pour cause d'antériorité de propriété, ce patronyme aux initiales un peu connotées, sera-t-il autre chose que l'élément d'un rapport de force dans le second tour de la présidentielle ? Il s'annonce d'ores et déjà comme un parti aux maigres effectifs parlementaires, les actuels députés udf se ralliant en masse à Nicolas Sarkozy , au nom du réalisme des accords politiques avec l'UMP auxquels ils doivent leur mandat. Les électeurs de François Bayrou apprécieront certainement ces manifestations somme toute tout à traditionnelles des vieilles pratiques politiciennes contre lesquelles la candidature de François Bayrou a puisé sa légitimité et son score.
A gauche, certains semblent se détourner de l'ultime semaine de campagne, en affichant leur besoin de création d'un "parti progressiste". Etrange attitude, en vérité de la part de responsables politiques qui semblent parier sur l'échec de leur candidate, quoiqu'ils s'en défendent, et à tout le moins poursuivre un autre objectif que sa victoire. C'est faire preuve de bien peu de sens des responsabilités que de jouer ainsi avec le sort de notre pays et de spéculer sur la victoire de Nicolas Sarkozy pour espérer reconstruire une alternative de gauche sur les ruines d'un parti socialiste qu'ils espèrent en déconfiture. Je n'aime pas cette façon de biaiser un débat qui passionne nos concitoyens. Il n'est pas temps de lui en substituer un autre.
" On veut nous amener sur les débats internes du PS, estime Arnaud Montebourg. Je connais la maladie des socialistes : ils passent leur temps à se taper dessus. Alors, excusez-moi, j'ai une élection sur le feu."
Au rugby, on voit souvent des joueurs perdre le contrôle du ballon, parce que dans leur tête ils jouaient la passe à venir avant même d'avoir réceptionné celle de leur partenaire.
François Mitterrand disait: "Dans les épreuves décisives, on ne franchit correctement l'obstacle que de face". Certains ne s'intéressent pourtant qu'à leur profil.
Cette campagne aura été fructueuse en coups de Jarnac envers Ségolène Royal.
Je ne suis pas sûr d'y voir là le meilleur hommage à François Mitterrand.
Mais, malgré tout, Ségolène est debout, libre, face à son adversaire, prête à franchir la ligne d'en-but. Son pack, c'est vous, c'est nous. Nous franchirons cette ligne avec elle, même si ce n'est que de quelques centimètres.
Parce que nous sommes porteurs du ballon. Quelques centimètres, celà suffira.
Les commentaires récents