Décidément, le mouvement des jeunes de l'UMP de la Creuse persévère dans les hauts faits d'armes politiques.
Après avoir reproché à Georges Sarre, pendant la campage des législatives, une ahurissante agression physique ( ! ), les jeunes populaires se hasardent maintenant à la délation publique, en mettant en cause es-qualité un fonctionnaire de l'Education Nationale, par ailleurs élu de sa commune, pour les choix du conseil municipal.
C'est ainsi qu'a été distribué aux élèves,à la sortie d'un établissement guérétois il y a quelques jours, un tract calomniateur envers le chef d'établissement, pour en discréditer "le comportement irresponsable" et en dénoncer le "véritable dérapage".
Ce tract nauséabond faisait suite à un courrier de même nature adressé le 24 septembre par le député de la deuxième circonscription aux habitants de Sannat, dont le conseil municipal a décidé de ne pas accrocher le portrait du Président de la république aux murs de la mairie.
Dans cette missive, on peut lire que les élus de la commune ne sont pas des républicains, et on retrouve bien sûr là-aussi la même mise en cause d'un adjoint au maire en particulier, attaqué là-aussi sur ses fonctions professionnelles. L'inspirateur du tract est donc clairement identifié !
On peut ne pas partager l'attitude du conseil municipal de Sannat, ce qui est mon cas, sans pour autant accepter un tel dérapage de la part d'un parlementaire et les pressions qu'il exerce sur un fonctionnaire pour des raisons politiques. C'est la liberté de conscience et l'exercice de la citoyenneté qui se trouvent ainsi bafoués par des errements idéologiques et comportementaux qui ne sont pas sans rappeler les heures noires de notre pays.
Certains ont amalgamé de manière un peu rapide, et donc sans grande réflexion, cet épisode avec l'initiative des jeunes socialistes sur internet. Renvoyer ainsi dos à dos deux démarches de nature très différentes ( dans un cas on cherche à nuire professionnellement à un élu local, dans l'autre on cite les déclarations publiques d'un député prononcées dans le cadre strict de son mandat) revient à banaliser l'inacceptable. La frontière avec l'alliance objective devient alors bien ténue.
Je me suis interrogé sur la pertinence de parler de cet épisode peu reluisant pour l'image de notre département, que certains rêvent manifestement en petite Albanie. Mais je me suis dit que le silence, forcément quelque part un peu complice, était un recul dans le combat de tous les jours pour la démocratie. Abandonner un pouce de terrain, c'est accepter la progression des idées et des pratiques fascisantes, qui prospèrent sur le terreau de la calomnie et de l'anathème. C'est accepter que les droits de l'Homme puissent être grignotés jusqu'à disparaitre.
Il me semble que le Rectorat serait fondé à prendre publiquement la défense de son fonctionnaire, en rappelant la frontière entre la neutralité républicaine qui s'impose dans l'exercice du métier, et l'engagement dans la cité, qui relève de la seule sphère privée.
PS: Se rappelle-t-on quelle commune creusoise avait, il y a quelques années, accroché le portrait du Président d'alors derrière une porte ?

Mais y a-t- il une obligation légale et républicaine d'afficher le portrait officiel du président dans les mairies?
Je croyais pourtant que cela était obligatoire de le faire quel que soit le bord politique du maire ou du conseil municipal.
Rédigé par : hum | 09/10/2007 à 16:04
Non, pas d'obligation, mais une tradition républicaine, qui n'est encadrée par aucun texte particulier.
Rédigé par : michel moine | 09/10/2007 à 22:08
En tout état de cause ,cette tradition républicaine est un acte normal quel que soit les idées de la municipalité en place par rapport au président de la république élu au suffrage universel .
Ce qui se passe dans cette bourgade, compte tenu des responsabilités professionnelles au sein de l'éducation nationale d'un adjoint par exemple, en dit long sur l'état d'esprit plus que douteux des certains fonctionnaires de ce ministère , comment obtenir et parler de respect ,de citoyenneté aux éléves quans au plus haut niveau d'un établissement scolaire on n'a pas capable de respecter la plus basique des traditions de la 5ème république...
n'inversons pas les roles , le rectorat devrait plutôt sanctionner son employé pour son attitude lamentable à double titre celle d'un élu rural associé à une fonction importante de l'éducation nationale ,qui ne respecte pas la chose la plus basique de la république.
les donneurs de leçons semblent toujours au même endroit......!
Rédigé par : claude teyton | 10/10/2007 à 09:08
Pour vous, Claude, on devrait sanctionner quelqu'un qui n'a rien fait de répréhensible? C'est original!!!
La conception hasardeuse de la justice, elle aussi, semble toujours venir du même endroit..!
Rédigé par : cédric | 10/10/2007 à 13:31
Ah, ce Claude, moins jeune, et promesse tenue...
Rédigé par : michel moine | 10/10/2007 à 20:50
Je reviens à ma proposition que j'ai d'ailleurs confirmée à un Conseiller Municipal d'Aubusson: Afficher les portraits de tous les Présidents ,au moins de ceux de la Véme République et ainsi tout le monde sera content.J'en profite pour rappeler mon opposition à l'élection du Président de la République au suffrage universel;dérive monarchique et plébiscitaire datant de 1962 et sur laquelle il faudra revenir.Un Président élu par le Congrés à une majorité des deux tiers représentera vraiement le pays et le Premier Ministre gouvernera avor l'accord des Assemblées,le régime présidentiel ne convient pas à notre pays et a mené à la dictature.
Rédigé par : Robert | 10/10/2007 à 22:48
Le vote étant secret, personne ne peut savoir ce qu'a voté le 3ème adjoint! Il s'agit là d'un procès d'intention lié à la lutte entre deux listes pour les futures municipales. La médiatisation de ce Clochemerle en découle.
Rédigé par : Jean-Pierre Léry | 11/10/2007 à 18:48
Je crois qu'il faut savoir faire la part des choses entre un élu au sein d'un groupe et de cette même personne au sein de son activité professionnelle... ce sont deux univers distincts et aux responsabilités différentes que l'on ne peut amalgamer... et quelque soit ses opinions politiques tant qu'elles n'interagissent pas dans son activité professionnelle... on n'a pas lieu de le provoquer là où il ne faut pas...
Rédigé par : Francois TETEVIDE | 12/10/2007 à 12:41
pour information, pourriez-vous mettre en ligne le contenu de "Ce tract nauséabond...", merci
Rédigé par : André | 14/10/2007 à 19:26
André, je ne souhaite pas lui donner une visibilité supplémentaire, mais je le tiens à votre disposition.
Rédigé par : michel moine | 14/10/2007 à 21:17
andré, il suffit de se rendre sur le site des jeunes UMP .
Rédigé par : marie | 14/10/2007 à 22:30
Bonjour ! La lettre-tract des jeunes UMP est également en ligne sur le blog http://anarchie23.centerblog.net ainsi que les commentaires des anarchistes à ce sujet.
Rédigé par : Alayn | 15/10/2007 à 11:02