On nous donne la cabane au fond du jardin...
Un collectif d'une dizaine de députés UMP vient de se constituer "afin de réfléchir à de nouveaux dispositifs permettant aux territoires ruraux de redevenir attractifs". Louable intention, alors que le constat de la désertification rurale en services publics ou en population médicale s'impose à tous.
Une récente étude de l'association des maires de France a clairement mis en évidence l'intérêt que nos compatriotes portent à la campagne, puisque 68 % d'entre-eux indiquent qu'ils aimeraient y vivre. 61 % considèrent que la priorité du maire d'une commune rurale dit être d' "attirer ou maintenir les services de proximité (commerces, services publics...)". 56 % estiment que ce même maire doit "préserver l'environnement et la qualité de vie".
On retrouve dans ce groupe de députés de la majorité des noms qui se sont effectivement distingués dans leur opposition à la réforme de la carte judiciaire comme celui d'Yves Favennec, député de Mayenne, qui n'a pas voté le budget de la justice il y a 15 jours.
"On ferme la maison et en contrepartie on nous donne la cabane au fond du jardin", protestait alors Jean-François Chossy, député de la Loire. Il aurait même pu ajouter que la cabane tombait sur le chien...
Il est souhaitable que la réflexion de ces éminents parlementaires, qui réclament un "Grenelle pour les territoires ruraux," ne se cantonne pas au choix de la couleur pour repeindre les planches de la cabane. Si véritablement c'est reconstruire la maison que l'on veut, celà commence par un choix de matériaux solides et durables.
Un tribunal d'instance, la justice de proximité vraiment à proximité (et pas cette oxymoresque proximité concentrée dont parle la Chancellerie), c'est une pierre solide pour cet édifice.
C'est pourquoi, et dans le souci d'aider la réflexion du collectif, je lui suggère de reprendre le combat contre la carte judiciaire telle qu'elle est prévue, dans le double objectif de garder un service public important dans l'attractivité des territoires ruraux, et de faire faire des économies au budget de l'Etat.
Notre député UMP de la 2e circonscription, que la mobilisation dans les territoires ruraux -et notamment en Creuse- aura probablement convaincu, aura certainement à coeur de soutenir cette proposition, tant il est vrai qu'avant d'imaginer de nouveaux dispositifs, il importe de préserver ceux qui sont essentiels.
L'autre soir, à la Bourse du Travail à Aubusson, il nous a fait le surprenant aveu de l'importance d'une telle attitude. Evoquant (spontanément) la fermeture de son école, qu'il avait lui-même souhaitée il y a quelques années, il nous a expliqué qu'il y avait aujourd'hui sur sa commune 60 enfants, scolarisés dans les écoles d'autres communes. De quoi créer deux classes. Regrets ou remorts de sa parts ? En tout cas la démonstration de l'impérieuse nécessité de garder les outils du service public en état de marche, eu égard aux difficultés rencontrées à recréer ce qui a été détruit, était faite de la bouche même de celui qui, quelques minutes plus tard, allait déclarer qu'il ne se battrait pas pour le tribunal d'Aubusson.
Je lance un appel à Jean Auclair: de la même manière que je l'ai invité jeudi dernier, je lui tends à nouveau la main pour qu'ensemble, nous unissions nos efforts pour préserver l'offre judiciaire du sud de la Creuse.
Allons ensemble, avec les élus creusois, place Vendôme pour exiger de la ministre le maintien de la pluralité des juridictions creusoises, maillons indispensables de l'attractivité de notre territoire rural.
Parce que nous ne voulons pas d'une cabane au fond du jardin.








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