« novembre 2007 | Accueil | janvier 2008 »

Interlude, malin et exorciste

Un petit interlude, pour faire patienter celles et ceux qui ont eu la gentillesse de me faire part de leur désappointement de voir ce blog soudain silencieux...

1er titre de Libération

Nicolas Sarkozy, pas si catholique :  "...A ses tentatives de séduction, des évêques opposent une réserve prudente. L’un d’entre eux, qui dirige un diocèse de la banlieue parisienne, affiche une franche antipathie pour le chef de l’Etat, la «pipolisation» de la vie politique qu’il incarne, sa façon de se mettre sans cesse en scène, son côté nouveau riche, «sa manière ignoble de parler des banlieues comme de réserves»."

2e titre de Libération

Un député égyptien critique Sarkozy, "libertin en terre d'Islam" : "...«Le régime égyptien a adressé un faux message au monde entier en montrant que le pays qui abrite Al-Azhar (la plus haute instance de l’islam sunnite) accepte des comportements libertins» prohibés par l’islam, indique le député."

3eme titre de Libération

Le pape décidé à lutter contre le Malin : «...Des dizaines de milliers de pauvres frères et sœurs assiégés par le démon sont contraints de tourner en long en large pour trouver un exorciste certifié

Un exorciste certifié ? Le pape a un nom à proposer pour le prochain premier secrétaire du PS ? Son eco(t) peut-être ? Au nom de la Rose, bien sûr..

A bientôt, dans la future version de ce blog...

A bientôt ! Fermé pour inventaire...

Ferme 1220 notes, 7400 commentaires, 221.500 visiteurs uniques, 478.000 pages vues, le tout en 37 mois, c'est le bilan brut de ce blog tenu par votre serviteur depuis novembre 2004.

Il est temps pour moi de marquer une pause, de réfléchir à ce que doit devenir cet instrument de dialogue, que j'ai beaucoup apprécié pendant un peu plus de trois ans. Mais toute formule touche à ses limites, si on ne la renouvelle pas.

Alors pause, oui, mais pas arrêt définitif. Du moins, en l'état actuel de ma réflexion, pas encore. A vous de me dire ce que vous en pensez. Je vous laisse l'accès libre aux commentaires pour le faire.

Merci à toutes celles et tous ceux qui m'ont accompagné dans cette aventure formidable, lecteurs fidèles ou épisodiques, amis ou adversaires, aubussonnais ou nouvelles relations plus lointaines.

Je remercie tout particulièrement David pour l'aide précieuse qu'il m'a apporté tout au long de ces années. Ses conseils étaient si pertinents qu'ils l'ont convaincu à ouvrir son propre blog !

Vos remarques, vos commentaires ont contribué à alimenter le débat citoyen que j'appelais de mes voeux  le 15 novembre 2004, dans ma toute première note. Ce contact quasi quotidien avec le clavier et l'écran m'a beaucoup plu, et beaucoup apporté dans ma pratique d'élu. J'ai aimé vous écrire et vous lire. L'objectif a donc été atteint.

Il s'agit maintenant de préparer les perspectives à venir. Je vous tiens au courant. A bientôt.

Quelqu'un m'a dit...

Sarkobruni

"Mais qui est ce qui m'a dit que toujours tu m'aimais?
Je ne me souviens plus c'était tard dans la nuit,
J'entend encore la voix, mais je ne vois plus les traits
"Il vous aime, c'est secret, lui dites pas que j'vous l'ai dit"
Tu vois quelqu'un m'a dit..."

Cette semaine, le secret sera en couverture de la presse pipole...

Un secret ? C'est une question de point de vue.

Et où les deux tourtereaux se sont-ils affichés ? A Disneyland Paris, bien sûr. Hors de l'Amérique, point de salut...Une République de mickeys... ça se confirme.

Pendant ce temps, quelqu'un m'a dit que la liquidation du modèle et des acquis sociaux continue. Pire, qu'elle s'accélère.

Mouammar, Rama et Memona: la semaine de la honte et de la dignité ou le syndrome du paillasson.

Memona_hinterman Un grand moment de télévision sur France5, dans l'émission "Revu&Corrigé" de Paul Amar, où Memona Hinterman est venue témoigner de la tentative de viol dont elle a été victime de la part du colonel Kadhafi en 1984 à Tripoli, avec une dignité qui inspirait le respect le plus total.

Et quelle abjection que la réaction d'une Calixthe Beyala, à l'agressivité folle, jetant à la face de la journaliste de France3 qu'elle ne voulait pas commenter sa "vie privée" ! Comme si un viol relevait de la vie privée !

Et, après-tout, n'est-ce pas à un viol de la dignité de la France auquel nous avons assisté pendant la semaine Kadhafi à Paris ? Car je ne crois pas que la victime -notre pays et ses valeurs humanistes- ait été consentante, même si elle a été "offerte" en contrepartie de la libération des infirmières bulgares, et bien sûr des "intérêts" de notre économie.

Libye_dc10_attentat_avion_uta Comme beaucoup de Français, j'ai eu honte du spectacle indécent de ce dictateur sanguinaire, soudain recyclé comme un chef d'Etat honorable par nos gouvernants arpentant les lieux les plus sacrés de notre République, mère de toutes les démocraties, et prenant un malin plaisir à humilier ces hommes de peu d'honneur chaque jour davantage. Droits de l'Homme, femmes ? Justes des objets de viol pour le colonel.

Je n'ai pas été impressionné par la "révolte" de Rama Yade, vite Yadekadhafiravalée sur injonction présidentielle, les poussières "droidelomistes" vite dissimulées sous le paillasson de la realpolitik.

Rama et les Droits de l'Homme, le gadget et le paillasson...

Le 25 juillet dernier à Tripoli, elle ne semblait pas particulièrement génée de serrer la main de Kadhafi, sous les yeux de Nicolas Sarkozy. Qu'est-ce qui aura suscité cette brutale prise de conscience ? Le fait que les débris du DC10 d'UTA jonchent toujours les sables du désert lybien, 18 ans après ?

"J'espère que je ne vais pas finir dans un placard, parce que j'ai dit ce qui m'était arrivé" a-t-elle conclu son intervention, submergée par l'émotion.

C'est Memona qui parlait ainsi. Memona, le courage et la dignité. Memona, celle qui ne serre pas la main à Mouammar. Celle qui a refusé d'être un paillasson.

Après la suppression du tribunal d'Instance d'Aubusson, au tour de la sous-préfecture ! En attendant la suite ?

Le 12 décembre, s'est réuni pour la première fois le conseil de la modernisation des services publics. Présidé par le Président de la République, cette instance est chargée de la mise en oeuvre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), autrement dit du moins-d'Etat à tous les niveaux.

Les territoires ruraux, déjà fragiles, vont souffrir et payer une note particulièrement salée !

Ainsi est-il froidement envisagé de transférer aux communes, qui ne demandaient pourtant rien, la délivrance des cartes d'identités et des permis de conduire, sans que la question du transfert de moyens ne soit, à quelque moment que ce soit, évoqué. Le contrôle de légalité, qui intervient sur tous les actes administratifs des collectivités (communes, communauté de communes, syndicats mixtes, départements, régions, etc...) sera limité aux seuls actes budgétaires, et centralisés, après dématérialisation, aux Préfectures, elles-mêmes délestées de la délivrance des cartes grises, confiée...au privé.

C'est dire si l'existence de la Sous-Préfecture d'Aubusson, comme d'autres, s'en trouve grandement, et à coup sûr, menacée.

Toutes ces réformes sont annoncées à l'horizon avril 2008, pour ne pas peser sur le débat électoral des municipales et des cantonales de mars prochain. Nul doute qu'elles peseront malgré tout.

C'est à cette même date qu'on annonce la réforme de la carte hospitalière. Rien de bon à en attendre par chez nous.

On s'interroge sur les voeux, à tout le moins sur leur sincérité, que certains vont nous adresser en début d'année. 2008, l'année où l'Etat aura en grande partie disparu d'Aubusson ?

Lettre et le néant

Aubusson le 13 décembre 2007

Mes Chers Concitoyens, 

                                                

Vous êtes nombreux à me dire avoir été choqués à la lecture d’un courrier du député de la 2e circonscription, relatif à la situation du tribunal d’instance d’Aubusson. Il ne vous aura certainement pas échappé que ce courrier vous est adressé quelques semaines avant les élections municipales, dans un objectif qui est clairement explicité. Je m’interroge donc en l’espèce sur l’utilisation de l’affranchissement postal, et donc de l’argent public, de l’Assemblée Nationale.

La forme de cette lettre est tellement excessive qu’elle en devient dérisoire.

Je m’attacherai au seul fond de ce dossier qui représente un véritable enjeu pour notre commune, et plus largement pour tout le sud-est du département. La disparition des tribunaux d’instance d’Aubusson et Bourganeuf nous a brutalement été annoncée par madame Rachida Dati, ministre de la Justice, Garde des Sceaux lors d’une réunion en Préfecture de la Vienne, à Poitiers, le 12 novembre dernier. Monsieur Auclair n’était d’ailleurs pas présent à ce rendez-vous. La ministre n’avait peut-être pas estimé opportun de l’inviter.

Aucune, je dis bien aucune, concertation avec les élus n’a précédé l’annonce de cette décision. Seul, Jean Auclair savait ce qui se tramait. Il l’a caché aux Aubussonnais et aux Creusois, car il a été incapable d’empêcher cette fermeture. Il a même tenté de nous faire croire qu’il avait obtenu en contre-partie la création d’un tribunal de Commerce, alors que la décision était prise depuis longtemps par la Ministre. Se taire d’abord, mentir ensuite…

Et pourtant ! Le Tribunal d’Instance représente la justice de proximité, celle des petits contentieux de la vie courante ou des accidents de la vie. A l’avenir, où sera la proximité, s’il faut courir à Guéret pour faire valoir ses droits et reconnaître son préjudice ? On peut craindre que beaucoup de victimes y renoncent, parmi les plus modestes d’entre-nous. Il faut un certain cynisme pour oser prétendre que la qualité de la Justice rendue ainsi en Creuse sera améliorée.


Je souhaite rétablir la vérité quant à l’activité du tribunal d’Aubusson en 2006, en reprenant les chiffres de l’administration judiciaire :

Ø      330 affaires civiles nouvelles dont 154 concernant la protection des majeurs,

Ø                 528 procédures particulières,

Ø                 19 déclarations de PACS,

Ø                 60 jugements pénaux,

Ø                 143 ordonnances pénales.

J’ajoute que le tribunal d’Aubusson est saisi d’environ 850 dossiers de tutelle.

Continuons donc à nous mobiliser, comme partout dans le pays, sans polémiques politiciennes, contre une réforme qui n’a rien de positif puisqu’elle coûtera 900 millions d’euros en plus au budget de l’Etat, mais qui est nocive pour les territoires ruraux. Je note que les Conseils Municipaux du sud-est Creuse délibèrent en ce sens les uns après les autres.

Jean Auclair souhaite s’inviter dans le débat électoral aubussonnais. Pourquoi pas ? Mais la meilleure façon de s’impliquer, c’est de s’y engager directement, au premier chef, en tant que tête de liste de l’opposition municipale. Après tout, il serait assez logique qu’il assume lui-même, et non par personne interposée, la responsabilité de la liste UMP, ce qui serait la seule expression d’un véritable courage politique.

Mes chers concitoyens, vous connaissez mieux que personne l’engagement de votre maire. Je ne doute pas qu’entre les deux démarches, vous aurez identifié celle qui défend la dynamique et l’intérêt de notre territoire.

Votre Maire,

Michel MOINE

PS : ce courrier est distribué de façon gratuite et bénévole par des citoyens d’Aubusson pour que cela ne coûte rien à la commune en frais de timbres.

Avancer avec méthode et transparence

Je reviens sur la question du futur centre d'enfouissement des déchets dont le département a besoin, les capacités de stockage actuelles des différents sites en exploitation s'approchant de leurs limites, pour en distinguer plusieurs aspects.

La réflexion sur le choix d'un site relève d'une démarche conjointe entre le représentant de l'Etat, le Conseil Général et les élus locaux. Il est bon de rappeler que cette démarche a été engagée de longue date par le Conseil Général, pour un choix de site dans l'est du département, dans la concertation la plus large avec les élus locaux. Les discussions, menées notamment par le vice-président du Conseil Général en charge des questions d'aménagement et d'environnement Jacky Guillon, ont été suspendues par les échéances législatives dernières, qui ont pesé sur les convictions successives de certains. Suspendues, mais bien sûr pas abandonnées. Il est souhaitable que les conditions de sérennité nécessaires à ce type de démarche, d'intérêt général, soient réunies le plus rapidement possible, afin que le processus puisse aborder les nouvelles phases qu'il a devant lui. Des initiatives pourront êtres prises en ce sens.

Il est clair qu'une vision globale de la problématique doit être la règle de conduite pour que l'intérêt général soit recherché et satisfait. L'échelon pertinent, c'est bien sûr le territoire départemental. Dans un dossier aussi complexe et stratégique, il est extrémement important de se garder de brandir des solutions simplistes, hors de toute étude de faisabilité et de toute concertation locale. Le résultat va à l'encontre de l'objectif apparemment poursuivi, heurtant les élus locaux, jettant la suspicion sur le véritable travail mené depuis des mois, et donnant le sentiment, contraire à la réalité, d'une absence de prise en compte de l'acuité du dossier par les partenaires compétents en la matière.

On ne peut faire grief au représentant de l'Etat de rechercher des solutions ou d'émettre des hypothèses. On peut regretter cependant, l'emprunt de certaines voies pour y parvenir, qui s'avèrent davantage des impasses que des raccourcis, avec des compagnons de route aux intentions plus que contestables. Il doit être possible de le faire sans faillir, car, après tout, si "l'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois* ", pourquoi en irait-il autrement avec celui du Plateau ?

Il convient probablement maintenant de revenir à plus de mesure et de modération si on veut relancer efficacement le travail sur ce dossier, dans le dialogue, la concertation et la transparence. Je ne doute pas qu'il s'agisse là d'une volonté partagée.

Un deuxième débat ne doit pas être escamoté par le premier, dont il est assez distinct, c'est celui des nuisances à la population de St Sylvain Bas le Roc. Ces nuisances sont incontestables et durent depuis trop longtemps. Il y a manifestement un problème d'exploitation de ce site d'enfouissement. Chacun doit, en ce domaine, assumer ses responsabilités et prendre des décisions relevant de son champ de compétence. L'Etat s'est engagé à agir, prenons acte de cette volonté.

En marge de ce dossier sensible, je m'interroge sur le marché, à l'échelon national, des ordures ménagères et déchets industriels. Il parait souhaitable, dans l'esprit du Grenelle de l'environnement, que ces déchets soient traités au plus près de leur lieu de production. Or, des norias de camions véhiculent quotidiennement partout en France des tonnes d'ordures ou de déchets destinés à l'enfouissement, et sur de grandes distances, de régions à régions.

Et si on essayait d'introduire des critères environnementaux également dans le transport de ces "marchandises" ?

* Allez savoir pourquoi cette référence aux "tontons flingueurs"..?

Redonner du pouvoir d'achat: réduire la TIPP en zone rurale

Les chiffres ont été publiés récemment. Le Limousin se classe en queue de peloton national en terme de niveau de rémunération des salariés, et la Creuse est le département de la région  où le phénomène est le plus accentué.

C'est dans ce contexte de moindre performance en terme de salaire, et donc de pouvoir d'achat, qu'on constate l'augmentation du carburant, pourtant indispensable dans un département comme le notre où le véhicule personnel est quasiment systématiquement nécessaire pour se rendre au travail.

Pire, le prix affiché à la pompe est très souvent supérieur, et notablement, aux moyennes constatées dans le reste du pays.

C'est donc une double pénalisation que subissent les Creusois, qui remet en cause l'attractivité du département.

La Creuse est entièrement classée en zone de revitalisation rurale (ZRR), preuve s'il en était besoin de la conscience de sa fragilité économique et sociale par les pouvoirs publics.

Pourquoi ne pas étendre le dispositif ZRR au prix du carburant, dont on connait le niveau de fiscalisation ?

On pourrait imaginer une minoration de la TIPP et/ou de la TVA, dont la perte de recette pour les collectivités serait compensée par l'Etat, dans les départements classés en ZRR. (On peut d'ailleurs, à cet égard, souligner une fois encore le paradoxe qui conduit à asseoir des recettes fiscales locales sur la consommation d'énergies fossiles, alors que les efforts de tous doivent tendre aux économies de ces énergies).

Pas de doute sur la pertinence de la mesure quant à la cible visée en Creuse: les statistiques de l'insee confirment que la répartition des niveaux d'emplois et de salaires conduit à la modestie économiques des ménages.

Utopie, cette proposition ? Pas si sûr ! Lançons le mouvement ! Je demande aux parlementaires de s'en saisir.

Petites manoeuvres à La Courtine

J’apprends par la presse la tenue d’une réunion au ministère de la Défense, réunissant le Préfet de la Creuse et le député Auclair, consacrée à l’hypothèse de l’implantation d’un centre d’enfouissement technique dans l’enceinte du camp militaire de La Courtine.

 

Aucune concertation préalable n’a précédé cette réunion, confirmant s’il en était besoin, le mépris dans lequel sont tenus les élus locaux, et singulièrement ceux qui sont concernés par

cette question.

Le Conseil Général, en charge de l’élaboration du schéma départemental de gestion des déchets, est manifestement tenu à l’écart de ces négociations avec le ministère de la Défense.

Je ne peux que constater à nouveau le rôle néfaste du député de la deuxième circonscription, qui s’emploie, une fois de plus, à aller à l’encontre de la volonté des élus de terrain et des intérêts de la population, comme il vient de le faire dans le dossier de la fermeture des tribunaux d’instance d’Aubusson et de Bourganeuf.

Solidaire de mon collègue conseiller général de La Courtine Philippe Breuil et des élus du Plateau, je dénonce la méthode brutale et autoritaire imposée dans le traitement de ce dossier.

Je considère qu’ainsi, c’est  la compétence de la majorité départementale, et sa capacité à résoudre dans le dialogue la problématique de ce dossier, qui est remise en cause par un Etat incapable de prendre la mesure depuis des mois des légitimes griefs des habitants de St Sylvain Bas le Roc.

Il n’entre pas dans la compétence d’un député de proposer un lieu d’implantation pour un centre d’enfouissement. C’est, au contraire, celle d’un maire. Celui de Cressat, dont la position géographique centrale de la commune est certainement un atout, accorderait-il une oreille attentive à la démarche du député Auclair ?

.

Michel MOINE

Maire d’Aubusson

Conseiller Général d’Aubusson

La rupture de Rachida Dati

Sur le blog de François Soudan (blog de Jeune afrique)

Quand Rachida DATI écrivait à JEUNE AFRIQUE

Par François Soudan, lundi 19 novembre 2007 En fouillant, l’autre jour, dans les archives de Jeune Afrique, mon collègue Samir Gharbi est tombé sur de vraies pépites.

Une douzaine de lettres qu’une jeune lectrice nommée… Rachida Dati – oui, l’actuelle ministre française de la Justice ! – nous a écrites, il y a plus de vingt ans, et que nous avions alors publiées dans notre rubrique « BP 250 ».

En voici une. Elle date de 1982, Rachida avait alors 17 ans et elle était lycéenne à Chalon-sur-Saône.

« C’est avec un grand plaisir que j’écris à J.A. car il est devenu une source d’exposés en classe et c’est pour cela que je vous serais bien obligée de publier ma lettre.

Si je parle ainsi, c’est en connaissance de cause, en étrangère malgré ma naissance et toute ma vie passée en France.

Dans J.A. n° 1144, un article a particulièrement attiré mon attention, celui des travailleurs "clandestins". Le problème s’accentue sous toutes ses formes. Avec ces régularisations des "sans-papiers", avec ceux qui font la grève de la faim pour être enfin assimilés à leurs compatriotes étrangers en règle.

Le résultat est hausse de tension, racisme et même xénophobie envers ces étrangers dont la plupart ne le méritent pas, quelle que soit leur situation. Ces réactions sont fortement ressenties à tous les niveaux et particulièrement dans les endroits publics (écoles, bureaux).

Est-ce la faute de ces étrangers, qui sont venus pendant la prospérité et qui, dorénavant, sont remis en cause quotidiennement ? Alors, je tiens à dire aux Français qui disent aux étrangers : « Si tu n’es pas content, retourne dans ton pays où on crève de faim » qu’ils sont ridicules.

Ils ne s’imaginent pas la crise qui pourrait atteindre "leur" pays avec le départ de "ces bougnoules". Quant au slogan des employeurs, c’est : « Tais-toi ou pars ! »

Excusez-moi pour l’écriture, mais je vous ai écrit en étude. »

Vingt-cinq ans plus tard, cette lettre n’a pas pris une ride – ou si peu. Elle pourrait même être écrite aujourd’hui par une autre jeune fille en colère et qui protesterait contre les tests ADN et les quotas d’expulsions mis en œuvre par… l’actuel gouvernement français.

Cette note a disparu du blog de François Soudan, mais est toujours en ligne sur celui de Betapolitique.