Monsieur le sous-préfet
Messieurs les parlementaires
Monsieur le président du Conseil Général
Madame la représentante du président du conseil régional Madame la conseillère régionale honoraire Monsieur le Président du pays sud-creusois Mesdames et messieurs les élus Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires Mesdemoiselles et messieurs les élus du conseil municipal des jeunes Mesdames et Messieurs, Chers amis,
Je vous souhaite la bienvenue dans ce hall polyvalent que vous connaissez bien, même si le lieu est un peu inhabituel pour cette traditionnelle cérémonie des vœux de la municipalité. Mais la Bourse du Travail n’était pas disponible cette année, c’est pourquoi nous vous accueillons ici, dans un lieu tout à fait emblématique de la vie associative, culturelle et sportive d’Aubusson, un lieu dont la vie sociale de notre commune ne saurait se passer, et qui représente à mes yeux ce que l’intelligence et la clairvoyance d’une équipe municipale apporte à la collectivité, et qui se mesure souvent à l’épreuve du temps. Même si chacun sait qu’un gâteau mangé n’a plus de saveur, il n’est cependant pas inutile de rendre hommage au travail des équipes qui nous ont précédées, dès lors que leurs réalisations ont été synonymes de progrès, comme c’est le cas pour cet équipement où nous nous trouvons ce soir.
Je vous souhaite donc la bienvenue dans cette salle qui fédère ce qui fait le plus grand des atouts d’Aubusson, le dynamisme de ces hommes et de ces femmes qui, dans la richesse de leur diversité, constituent notre communauté communale, c'est-à-dire, vous-mêmes. C’est souvent, en effet, ici, dans ce hall polyvalent (qui porte bien son nom), qu’ont lieu les plus importantes manifestations qui rythment notre vie locale, et dont vous êtes les acteurs et les animateurs : foire-exposition et défilé de mode de l’association des commerçants, Tournoi de futsal minimes et benjamins de l’EFA, salon du livre ancien du comité des fêtes, forum des associations de Clé de Contact, les concerts annuels du Lion’s Club, les lotos des différentes associations, le repas des ainés de la commune, le QG du raid de la vallée de la creuse, La Ste Geneviève des gendarmes et la Sainte Barbe des pompiers pour le banquet, des évènements exceptionnels comme cette année le championnat de France de toilettage canin, des congrès départementaux associatifs, sans oublier son utilisation régulière par le basket, le tennis, le badmington…
La liste est longue, et je n’ai pas cité tout le monde, de toutes les utilisations de ce bâtiment, qui illustre le dynamisme de notre cité. Aussi, au nom de la municipalité, souhaitais-je vous adresser mes félicitations et mes remerciements pour cette activité, j’allais dire cet activisme, qui oblige toute équipe municipale à la plus grande des réactivités, et à une attention toute particulière pour permettre à ce capital humain de croître et prospérer. Mesdames et Messieurs, je dois vous dire que vos élus, quels qu’ils soient, sont confrontés, pour répondre à vos attentes et pour encourager vos initiatives, à une obligation de moyens et de résultats très exigeante, et c’est pourquoi j’ai souhaité que cette soirée soit la votre, bien plus que celle du maire et de l’équipe municipale, et je voudrais que nous ayons une pensée, de gratitude, pour un Aubussonnais d’exception, qui a œuvré toute sa vie pour animer et représenter sa ville dans la vie associative et sportive, je veux parler bien sûr de monsieur René Adenis, qui vient malheureusement de nous quitter. Je me dois d’ajouter que, grâce à vous les citoyens, les bénévoles, la mission de vos élus revêt un caractère exaltant, car quoi de plus gratifiant, pour un maire, que de se "sortir les tripes" pour être à la hauteur des enjeux que lui proposent ces concitoyens ? Quoi de plus gratifiant, lorsque l’on représente l’expression du suffrage universel, que de s’entendre dire qu’on a fait œuvre utile, dans l’intérêt général ? Je crois profondément qu’est-là toute la noblesse de l’engagement, qu’il soit associatif ou électif : être utile. Utile aux autres, utile à la société, utile au progrès.
Rien d’autre ne compte, rien d’autre ne doit compter. Bien sûr, en ces derniers vœux du mandat municipal qui s’achève, je suis tenté d’en faire le bilan. Mais en cette période électorale, certains pourraient me reprocher de confondre cette tribune avec une réunion publique de campagne, et telle n’est pas mon intention. Je respecte trop les lois de la République pour m’en affranchir. Je laisserai donc au prochain maire d’Aubusson de préciser, l’année prochaine, le détail de son action et de faire l’inventaire de la situation trouvée à son arrivée. Je ne sais pas qui occupera la fonction alors (c’est vous qui en déciderez !) , mais il y a au moins une hypothèse dans laquelle je suis à peu près sûr qu’il le fera !
Et après tout, comme le disait le philosophe Taine, contemporain de Martin Nadaud, « en politique, il faut mieux continuer que recommencer ».
Je voudrais simplement vous dire la fierté qui a été la mienne et celle de l’équipe municipale d’être vos représentants. Etre maire d’Aubusson, c’est un honneur et un bonheur. C’est s’inscrire dans une histoire riche, fertile en talents et en savoir-faire. Notre vieille cité n’aime pas qu’on la bouscule ou qu’on ne la considère pas : elle aime qu’on la respecte, elle aime qu’on la serve avec abnégation. Elle se méfie des brusques déclarations d’amour qui succèdent à des années d’hostilité. Nul doute qu’à Aubusson, cette ville qui fleurit entre les épines, comme nous le rappelle notre devise, on aime d’abord à compter sur ses propres ressources, sur ses propres forces, pour aborder l’avenir. Aubusson connaît sa responsabilité vis-à-vis du territoire dont elle est, c’est incontestable, la force motrice, et elle assume très largement et très sincèrement ce rôle de métropole locale.
C’est pourquoi j’ai toujours considéré que la communauté de communes, véritable espace de solidarité et de projets, était une chance pour tous, et qu’il fallait absolument se battre pour préserver cet outil essentiel.
Comme le disait François Mitterrand : "C’est convaincre qui m’importe et non vaincre".
Cette solidarité à laquelle je fais allusion, et j’ajouterai ces partenariats, ils se manifestent également avec d’autres acteurs, car nous serions bien sots ou bien vaniteux si nous pensions une seule seconde qu’il n’y ait point de salut hors Aubusson. C’est l’une de mes grandes satisfactions, que de voir Aubusson au centre de multiples dispositifs contractuels, avec le pays sud creusois, le Conseil Général, le Conseil Régional, l’Etat, la caisse d’allocations familiales, la fondation du patrimoine. Vous allez me dire que pour une ville comme la notre, tisser des liens relève d’une seconde nature ! Mais, il a quand même fallu se remettre sur le métier pour y parvenir ! Et je n’ai aucun doute désormais, que pour les partenaires que je viens de citer, Aubusson représente un enjeu particulier, dans des échanges gagnants-gagnants. Je ne peux aller ce soir plus avant sur ce thème, mais j’aurai l’occasion d’y revenir lors de la campagne électorale.
Je tiens, bien sûr, à remercier chaleureusement tous ces partenaires pour le travail accompli ensemble, travail qui n’est pas achevé, mais bien engagé. Vous me permettrez néanmoins de me tourner tout particulièrement vers l’Etat, non pas pour le fustiger, comme certains aiment parfois à caricaturer mes relations avec lui, mais pour lui faire une grande déclaration d’amour.
Monsieur le sous-préfet, pas de doute : j’aime l’Etat, et comme vous l’incarnez dans cet arrondissement, tous les espoirs vous sont permis…enfin jusqu’à un certain point ! Je ne doute pas que vous allez me répondre que cet amour est réciproque…enfin jusqu’à un certain point ! Mais qu’est-ce que l’amour ? Et bien, l’amour cela n’existe pas, nous le savons, seules existent les preuves d’amour. En tout cas, il ne me rend pas aveugle, et je garde les yeux ouverts, ce qui, dans la période que nous connaissons, est une sage attitude.
La vie commune, le patrimoine mis en commun, c’est une preuve. Comment interpréter alors que l’Etat déserte quelque peu le domicile conjugal ? Si je fais le point , je vois qu’il y avait une route nationale, je ne l’ai plus. Je vois qu’il y a un tribunal d’instance, je ne l’aurai plus. Je vois qu’il y a une école nationale supérieure d’art, je ne l’aurai plus. Je vois qu’il y avait, qu’il y a, certain nombre de fonctionnaires d’Etat à Aubusson, il y en a et il y en aura de moins en moins, comme au Trésor, au cadastre, ou dans les établissements scolaires. Que reste-t-il de cette peau de chagrin ? La sous-préfecture, la dde, et le label « scène nationale ». Monsieur le sous-préfet, nous voulons les garder ! Nous voulons vous garder…enfin pendant un certain temps ! Pour cela, il faut que vous ayez des missions et un rôle à jouer…J’ai entendu les déclarations de tribune à Guéret l’autre jour, destinées à nous rassurer, mais vous savez, par les temps qui courent, une tribune chasse l’autre, et parfois d’un jour à son lendemain. Pendant ce temps, de mon coté, je donne des preuves, en travaillant avec les services départementaux de l’emploi, à la mise en place d’une maison de l’emploi, nouveau dispositif du service public de l’emploi dans lequel l’Etat a souhaité la présence des collectivités. Elles ont toutes répondu présent, les huit communautés de communes de l’arrondissement, le Conseil Général, le Conseil régional, et les autres partenaires aussi. Faisons avancer ce dossier !
Monsieur le sous-préfet, il est grand temps de nous redonner réciproquement des preuves d’amour, je veux dire , dans nos fonctions respectives, dont on a maintenant compris qu’elles allaient jusqu’à un …certain point ! Je ne dis pas que vous n’en donnez pas, mais vous avez compris que je suis un amoureux exigeant, et que j’en souhaite un peu plus. Alors, peut-être allons-nous aborder une ère nouvelle, un e-amour, un amour dématérialisé, avec des relations par ordinateur interposé. Mais je vous pose la question : et la tendresse dans tout ça ? Notre liaison est ancienne, elle est connue, se résumera-telle désormais à une liaison informatique ? Vous avez compris le sens de mon propos : en tout l’excès nuit. Vouloir tout remplacer par des liaisons , et donc diminuer la population locale d’autant de fonctionnaires aura des répercussions économiques. Un ordinateur ne consomme pas, il n’est pas client de nos commerces de centre-ville. Et à l’heure où nous observons un décroissement de la population, chaque décision sera susceptible de peser dans la balance. Mais monsieur le sous-préfet, il est temps de m’acheminer vers ma conclusion, et c’est vers vous,- l’amour, toujours l’amour-, que je me tournerai, pour mettre en valeur une très belle preuve.
Je veux parler de cette maquette de l’œuvre de Gérard Garouste, le célèbre peintre, Arachnée, dont le tissage a débuté dans les locaux de l’ensa. Cette maquette est à l’échelle ½, c'est-à-dire que l’œuvre finale sera quatre fois plus grande. Il s’agit d’une commande commune, oserai-je dire un bébé, entre l’Etat et la commune, destinée à l’escalier d’honneur de l’Hôtel de Ville. Nous la présentons au public pour la première fois, et j’indique que le tissage, confié à un collectif de lissiers aubussonnais et felletinois, est ouvert au public. C’est, je crois, une très belle initiative, dont nous pouvons être réciproquement fiers. Comme quoi, dès lors que nous travaillons la main dans la main, nous pouvons être fiers du résultat, car nous faisons œuvre utile. Mesdames et Messieurs, je vous souhaite une bonne et heureuse année à tous.
Vive Aubusson, et vive la Creuse.
16 janvier 2008
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