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Dans les petits papiers de la République...

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L'apparition au grand jour de salariés étrangers sans-papiers, réclamant un titre de séjour pour exercer légalement leur activité professionnelle, lance le débat sur la régularisation, qui a déjà fait couler tant d'encre.

Cette fois-ci, il a le mérite, si chacun y veille, de poser le problème sous un angle un peu différent que d'habitude, puisque souvent, beaucoup parlaient au nom des sans-papiers, dans un sens ou dans un autre, alors que les intéressés restaient silencieux, ou déconnectés de leur réalité économique.

Ce qui est nouveau, pour le grand public en tout cas, c'est qu'on comprend que des pans entiers de notre économie dépendent de ces salariés en situation irrégulière. On est loin de l'image de l'immigration porteuse d'insécurité et de délinquance, sur laquelle a surfé l'extrême-droite pendant des années. Non, il s'agit bien de travailleurs, qui occupent des emplois auxquels ils sont les seuls à postuler, derniers avatars du lumpenprolétariat, qui, en l'occurence, n'est pas une vue théorique d'un esprit marxisant, mais bien une réalité-miroir, douloureuse pour le pays des Droits de l'Homme.

Ce sont ces hommes et ces femmes, ombres erratiques du petit matin, qui nettoient nos bureaux et nos sanitaires, machinistes de fond de cales dans nos paquebots de la restauration, qui plongent chaque jour dans les eaux grasses des reliefs de nos assiettes, fantassins supplétifs des bataillons mécanisés du bâtiment ou des travaux publics.

J'entends certaines bonnes âmes, tel Mr Devedjian, s'offusquer que des patrons emploient cette main d'oeuvre, sans se douter qu'elle ne dispose pas du sésame-clé: le titre de séjour. Nul doute que ne se trouvent chez ces employeurs des indélicats ou des voyous, mais il y a aussi des hommes de bonne foi. En effet, rares sont les circonstances où ceux-ci se retrouvent confrontés à des postulants faisant étalage d'une situation irrégulière. Le plus souvent, leur sont présentés, au moment de'embauche, des titres de séjour autorisant la pratique d'une activité salariée en bonne et dûe forme, mais pas forcément par le titulaire dudit titre. Car la solidarité fonctionne chez ces aspirants-travailleurs, et le prêt de papiers authentiques et en rêgle entre compatriotes est une habitude répandue.

De ce fait, la vérification des papiers auprès de la Préfecture, qui se fait dans la plupart des cas, ne révèle-t-elle aucune anomalie.

Dès lors, comment s'étonner de voir le soutien affiché par nombre d'employeurs à ces demandeurs de régularisation, formés par eux, et envers lesquels ils n'ont aucun grief professionnel ?

La régularisation est donc une nécessité économique, de l'ordre de l'expédient certes, car elle ne remet pas en cause le systême qu'elle nourrit, et dont nous sommes collectivement les bénéficiaires. En effet, l'emploi de cette main d'oeuvre, bon marché, à temps partiel, et au travail pénible, s'appuie sur un marché toujours à la baisse, où le coût de la main d'oeuvre, notamment sur les taches à très faible plus-value, doit être le plus bas possible. Les choses resteront en l'état, tant que les clients obligeront par exemple les sociétés de nettoyage à intervenir chez eux entre 6h et 8h30, et 18h et 21h, sanctuarisant ainsi le temps partiel.

Si la chasse est systématisée chez ces travailleurs de l'ombre, nul doute que le ménage ne sera plus fait par personne, la cuisine préparée avec beaucoup de difficultés dans des assiettes en carton et les chantiers de batiment resteront eux-aussi en carafe.

Régulariser ceux qui travaillent est une évidence économique, sociale et humaine. C'est le devoir de nos gouvernants.

Etre dans les petits papiers de la République, à défaut des grands papiers de la presse française. Nul doute que la mesure fera un carton.

Commentaires

Dans son intervention télévisée Nicolas SARKOZY a traité d'hypocrites les patrons qui emploient des salariés immigrés en situation irréguliére,ils apprécieront,en fait la politique d'immigration du duo SARKOZY HORTEFEUX est hypocrite et viole les Droits de l'Homme,sans aucune efficacité car il y a autant d'immigrants sans papiers aujourd'hui qu'il y a un an,une véritable politique d'immigration ne consiste certes pas à laisser entrer tout le monde mais à contrôler une immigration nécéssaire sans céder à l'arbitraire.

Bonjour ! Effectivement très hypocrite cette remarque de Sarkopen ! On sait très bien qu'un travailleur sans papiers coûte moins cher à un patron (travail au black, pas de déclarations, paye au lance-pierres, etc...)

L'exploitation économique des "irréguliers" est une constante du libéralisme capitalo-bourgeois. Avec le mépris et le racisme en plus !

Salutations Anarchistes !

Tout à fait d'accord, pour certains cas. Mais il existe aussi beaucoup de patrons qui emploient des clandestins, à leur insu, n'en déplaise au chef de l'Etat. Dans ces cas-là, où le salarié a produit, lors de l'embauche, des papiers tout à fait en règle, mais appartenant à un autre, l'employeur s'acquitte de toutes les cotisations afférentes au salaire. Ce qui est scandaleux, c'est que ces salariés, qui cotisent eux-aussi, ne pourront jamais prétendre à la moindre prestation de retraite, ou de sécurité sociale. D'où l'impérieuse nécessité et le devoir de les régulariser !

Bonsoir ! Boudiou ! J'ai bien cru à un moment que nous allions être presque d'accord, Mr. Moine ! Ce qui, avouez-le, aurait été ni plus ni moins certainement le scoop au moins de la décennie ! (arf !)

Sur l'histoire des sans-paps (et vous ne pouvez l'ignorer) bon nombre d'anarchistes sont en première ligne dans beaucoup d'endroits pour les défendre mais avec le bémol que l'important c'est pas tellement que les sans-paps aient des paplards délivrés par l'Etat les rendant bons citoyens(nnes)moutonniers mais dans plutôt l'optique de réduire les inégalités "administro-étatiques" et de pointer l'hypocrisie étatico-démocratico répressive.

C'est pourquoi ce n'est pas un cheval de bataille primordial par exemple pour nous, les z'anars creusois, mais çà ne nous a pas empêchés il y a quelques années d'accueillir des marcheurs sans-paps pendant que des orateurs socialos se pavanaient sur des tribunes à la Sout (Michel Sapin en l'occurrence...) Juste par simple décence humaine, loin des beaux discours creux...

A noter que même une délégation de ces marcheurs sans-paps fourbus a été rejetée de la fête de la Rose de la Sout de s'exprimer !

Voilà la triste réalité, les coulisses sombres de la réal-politik socialo (c'était sous le gouvernement jospiniste) ; que la droite ne vaut pas mieux, c'est évident et que les sans-paps, les pauvres n'ont rien à attendre des politicards quels que soient leurs bords.

En clair, cette fameuse lutte des sans-paps est tronqué, voire récupéré par les politicards soit-disant humanisto-politico socialo-bobos !

On s'en fout des paplards étatiques qui ne servent qu'à mieux nous contrôler, ce qu'on souhaite c'est une société de droit (hé oui !) égalitaire et fraternelle ! Sans discrimination ! Pour le reste...

Salutations Anarchistes et vive les damné(e)s de la Terre !

Il ne peut y avoir de droits, que dans un état de Droit. Sinon, c'est bien le droit du plus fort qui s'impose...Mais là, on touche à votre substra idéologique !

Je vous rappelle les 80.000 régularisations du gouvernement Jospin, en passant.

Votre style littéraire (politico-machin, admnistrativo-truc...) et la haine qui tranpire de vos lignes ne sont pas sans rappeler les manières du leader du FN...

A force d'extrémisme, on doit finir par se croiser, sans doute.

Certes les idées que professe Alayn ont un certain intérêt, mais à mes yeux, penser une nouvelle société, cela doit se faire en incluant tout un chacun, même et surtout ceux qui ne pensent pas comme nous, et en particulier ceux que nous concevons comme ennemis.
Le persiflage régulier des -istes, des politico-machin et des admnistrativo-truc laisse transparaître une agressivité qui pollue tout à fait la réflexion, et on a alors envie de mettre de côté ces idées anarchistes, et l'anarchisme avec.

Peut-être dommage, non ?

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