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Ire land...

Le rejet du traité de Lisbonne par les citoyens irlandais est une réplique du "non" français et hollandais de 2005. Pour le coup, nous entendons des propos inconcevables: comment faire sans la ratification irlandaise pour que le traité s'applique malgré tout ?

On éprouve vraiment le sentiment que depuis 2005, aucune prise en compte véritable des aspirations des peuples européens n'a été été faite. L'expédient de la ratification parlementaire a permis d'éviter que ce fossé entre institution et peuples ne soit trop visible, car, à n'en pas douter, beaucoup d'Etats membres auraient rejeté ce traité, s'ils s'étaient tournés vers leurs corps électoraux respectifs.

L'Europe déçoit aujourd'hui les citoyens européens. Depuis toujours tournée vers la mise en place du grand marché, elle n'a pas su mettre en place les dispositifs de protection qu'attendent d'elle chacun d'entre-nous. Plaçant la concurrence libre et non faussée en dogme indépassable, elle a trop laissé de côté les mécanismes d'harmonisation sociale ou fiscale, apparaissant au contraire comme un outil de destruction des acquis citoyens, comme les services publics, garant dans notre pays de l'Egalité républicaine et de l'aménagement du territoire.

Les européens sont en colère contre leur maison commune, y compris sur le plan économique, où certains redécouvrent qu'un peu d'économie administrée n'est pas un frein à la liberté d'entreprendre mais souvent une protection indispensable face à la logique implacable de la mondialisation ultra-libérale.

En colère, donc, avec un pays de la colère au nom prédestiné :  l'Ire Land...Les raisins de la colère semblent décidément bien mûrs !

Alors plutôt que de considérer le vote irlandais comme un incident, voire un accident, nos gougeats dirigeants seraient bien inspirés de prendre la mesure des aspirations citoyennes. Voeu utopique, m'objecteront beaucoup. Je n'en disconviens pas, mais le concept d'Europe n'était-il pas une utopie il y a 60 ans ?

Une utopie cesse de l'être quand on s'emploie à la réaliser. En route donc vers l'Europe sociale...

Commentaires

Nicolas SARKOZY qui ne supporte pas l'échec s'agite en tous sens pour tenter de contourner le NON irlandais et éviter un prévisible NON tchéque,il est regrettable que grace à un nombre important d'élus de Gauche,le Congrés réuni à Versailles ait approuvé le "mini-traité" qui était en réalité identique à 95 % à la Constitution rejetée par une majorité de français,un refus par les parlementaires français tout en ayant le mérite de respecter une volonté populaire clairement exprimée aurait permis de relancer entre Etats européens une négociation portant sur un traité non seulement économique mais social ,fiscal et judiciaire.
Tout européen sincére et convaincu ne peut qu'espérer que le manoeuvres Sarkoziennes, qui apportent la preuve de son mépris pour le peuple, échouent.

Un accident voire un incident :
après le "non" français (merci Sarkozy d'avoir respecté le choix des français en faisant le forcing) et neerlandais, celui de l'Irlande ce n'est plus un accident c'est une hécatombe... il serait temps que l'Europe tienne compte de l'avis des peuples... Si cela n'est l'expression d'un rejet pur et simple... il va falloir que les élus européens achètent des lunettes et un sonotone...

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