Le choc pétrolier, qui frappe chacun d'entre-nous, pose de graves difficultés aux éleveurs de notre département, et singulièrement aux plus jeunes d'entre-eux. En effet, conjugué aux effets des méventes de broutards pour cause de fièvre catharale ovine, il vient impacter des exploitations aux trésoreries tendues, mais dont les charges continuent de tomber sans sourciller.
Les démarches entreprises auprès des banques vont dans le bon sens, et l'impatience gagne les rangs des éleveurs, dans l'attente des réponses de l'ensemble du secteur bancaire. La revendication porte sur la mise en place des conditions d'une "année blanche", c'est à dire non seulement le report sur un an de l'ensemble des cotisations et remboursements, mais le "glissement" général de ces obligations, pour ne pas avoir à se retrouver avec une année double en 2009.
La rencontre avec le ministre de l'agriculture, organisée dans l'affolement par le député de la 2e circonscription, n'a rien donné. Les interpellations se sont poursuivies après, à l'impatience s'ajoutant la déconvenue. " Je ne peux rien faire, il ne suffit pas d'un claquement de doigts de ma part pour obtenir quelque chose " répète à l'envie celui qui s'est toujours présenté comme l'effficace pourfendeur des pesanteurs politiques et administratives qui pèsent sur le monde agricole.
En réalité, face à cette crise de l'élevage creusois, structurelle car le prix du carburant n'est pas près de décroitre, c'est aux limites du système Auclair que nous touchons, qui s'est bâti toutes ces années selon le bon vieil adage: "puisque ces évènements nous dépassent, feignons d'en être les auteurs". Jean Auclair a toujours tiré les marrons d'un feu allumé par d'autres, aujourd'hui il s'y brûle les doigts.
La question lui a été posée par un manifestant venu l'interpeller à Saint-Alpinien: quel avenir envisage-t-il pour les petites exploitations ? Il s'est bien gardé d'exprimer son opinion, que tout le monde connait cependant. Pour lui, il n'y en a aucun, car désormais "vous êtes des entrepreneurs". Celà veut sans doute dire que les faillites seront normales dans le secteur agricole, auquel on veut faire croire qu'il évolue dans un système totalement libéral, alors qu'il est l'exemple d'une économie dirigée.
Notre député est donc tout juste capable d'organiser des pinces-fesses dans les ministères, persuadé que la vision des ors et du decorum ministériels suffiront à calmer les ardeurs revendicatrices. " Nous avons deux années difficiles à passer, nous nous en sortirons, comme d'habitude..." Nous serons morts avant ! ", lui crient les éleveurs excédés par l'usage d'un "nous" dont ils ne sont pas sûrs qu'il traduise un destin partagé. "Tu n'es plus un éleveur comme nous ! " entendait-on jeudi dernier..." A quoi sers-tu ? " lui a-t-il été demandé, ce à quoi il a évité de répondre, préférant se lancer dans un festival de banalités et de phrases toutes faites. Il était édifiant alors de prendre la mesure de son désarroi à constater que ses vieilles ficelles populistes ne fonctionnaient plus...
En vérité, peu lui importe, de voir disparaitre ces petits et jeunes éleveurs : il y a longtemps qu'il les a intellectuellement condamné, même s'il ne dédaigne pas leurs voix .
Il faut désormais que le ministre de l'Agriculture vienne en Creuse, prendre la mesure des difficultés du monde agricole, et apporter des réponses susceptibles de soulager les exploitations en délicatesse. Il y aurait là un geste autrement plus important que la réception-alibi, entre deux portes, d'une délégation.
Ce n'est pas le fait qu'on puisse organiser un rendez-vous ministériel à Paris qui détermine la volonté politique d'un parlementaire, et donc son efficacité, n'en déplaise à ceux qui tentent de sauver la soldat Auclair. C'est à sa capacité à obtenir des résultats tangibles, et en ce moment, il y a loin de la coupe aux lèvres.
L'enjeu de cette crise, à laquelle seul l'Etat peut remédier structurellement, est majeur pour nous. " Pas de monde rural sans paysans", disent les éleveurs en colère. C'est un autre modèle que celui que souhaite le député de la circonscription. C'est un modèle qui mérite qu'on se batte pour lui.

Pourquoi les agriculteurs bénéficieraient d'aides substantielles ?
Je ne vois pas pourquoi le simple particulier qui souffre autant que le monde rural en serait privé ! Et c'est ce qui va se passer, n'en doutons pas.
Halte à l'hypocrisie !
Vous savez très bien que 80% du revenu des agriculteurs est constitué de subventions européennes. Sans elles, les agriculteurs ne pourraient pas vivre. Ils sont sous perfusion de Bruxelles.
Vous savez aussi bien que moi que Bruxelles a prévu de stopper cette facilité dès 2010, condamnant à mort le monde rural.
La france est un pays d'assisté parceque nous sommes inféodés à la sacro sainte europe.
Comment peut on accepter ne plus être auto sufisant en lait ou viande bovine ?
J'espère que le "non" l'emportera en Irlande.
Rédigé par : Philippe | 10/06/2008 à 20:50
Mr Moine
Seriez vous déjà en campagne pour les prochaines législatives pour dénigrer le député de la 2eme circonscription comme vous le faites et si bien brosser dans le bon sens les agriculteurs ?
C'est bien de votre part de vous arrêter sur le sort des agriculteurs, à cause du prix du gazole, mais vous avez oublié les transporteurs, les taxis, les ambulanciers, les commmerces ambulants, tous ceux qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler et les gens comme moi qui se chauffent au fuel.
Vouloir encore donner une aide aux agriculteurs, pourquoi pas mais on l'a finance comment ? on prend sur vos indemnités multiples ou sur mon salaire?
et puis, est-ce leur rendre vraiment service cet assistanat sans fin ?
Peut être est ce le moment pour eux de réagir autrement et de se préparer pour 2013, car, vous n'étes pas sans savoir que nos dirigeants européens ont décidé de ne plus subventionner l'agriculture.
Alors, subsisterons ceux qui s'y seront préparés, donc les meilleurs.
Rédigé par : Alain Bonnot | 10/06/2008 à 21:44
L'agriculture creusoise est l'un des piliers essentiels de l'économie locale. Si je comprends, monsieur Bonnot, vous qui êtes un partisan inconditionnel de monsieur Auclair, vous êtes en train de nous dire tranquillement qu'on doit laisser faire une "sélection naturelle" par l'économique, et tant pis pour ceux, sûrement très nombreux, qui feront les frais de la modification de la PAC. C'est, j'imagine, ce que vous devez concevoir comme la défense de notre modèle agricole...
Et probalement la traduction brute de la pensée de Jean Auclair, lorsqu'il martèle aux éleveurs qu'ils sont désormais des entrepreneurs. Pour les préparer, sans doute, aux perspectives de dépot de bilan...Tant pis pour ceux qui sombreront, c'est qu'ils n'étaient pas les meilleurs ! Culpabiliser les victimes du système, c'est une constante du camp auquel vous appartenez...
Au fait, c'est quoi, être le meilleur ? S'engraisser sur le dos et le travail des autres..?
Rédigé par : michel moine | 11/06/2008 à 08:20
Si les agriculteurs ne peuvent plus vivre de leur travail ils abandonneront leur métier et cette fois la Creuse deviendra un désert que les touristes ne visiteront même plus car le paysage se dégradera et l'alimentation des français sera fournie par une agriculture industrielle qui utilisera massivement les OGM pour plus de rentabilité,est ce cela que l'on prépare pour l'avenir de nos enfants ?
Rédigé par : Robert | 11/06/2008 à 09:25
Mon voisin est un excellent paysan. Le meilleur, j'en sais rien, et il n'a pas l'air d'écraser les autres pour s'en sortir.
Seulement il a réfléchi et pris des risques, il y a des années, quand il s'est mis en bio. Son herbe pousse autant sinon plus que chez les autres, il ne pollue pas les sols, et a arrêté de faire des céréales.
Rien que le fait de ne plus acheter d'engrais et de pesticides, ça lui fait des charges et du boulot en moins. Du coup l'augmentation du carburant lui pèse beaucoup moins qu'aux autres.
Les autres, justement, ils vont s'y mettre au bio, parce que le prix des engrais évolue encore plus vite que celui du pétrole. Un engrais acheté 250 euros la tonne il y a deux ans coûte aujourd'hui 500 euros, et il coûtera l'année prochaine 1000 euros.
Plus on avance, plus on voit que l'agriculture traditionnelle ne peut plus survivre sans mutations profondes, et ces mutations, c'est aux agriculteurs de les faire pour leur propre bien, et pour le bien des autres.
Et nous autres qui consommons et nous plaignons des subventions, il va falloir se préparer à payer nos aliments à leur vrai prix ...
Rédigé par : Tenryu | 11/06/2008 à 19:12
Philippe,
Travaillant à la DDAF, je ne peux pas laisser passer ce que vous écrivez quand vous annoncez que le revenu des agriculteurs est à 80 % de subventions européennes. Vous rendez vous compte de cette dépendance, non le revenu des agriculteurs dans notre département est dans la fourchette de 25 à 40 % de subventions européennes.
Il va de soi que plus l'éleveur s'approche des 40 % et plus est importante cette dépendance et du coup la fragilité de son exploitation.
Rédigé par : Francois TETEVIDE | 11/06/2008 à 22:51
Ha! Mr Moine
Je suis vraiment désolé, mais en terminant votre dernier billet de la sorte, vous m'obligez à vous répondre.
Ceci dit, je ne sais si je partage les idées du député, mais des agriculteurs d'état, fonctionnant à coup de subventions, je dis non. Ce sont des dirigeants d'entreprise comme les autres, il me semble.
Sinon, pourquoi ne pas avoir versé une subvention à ARES industrie, à MDI, à CHEVALIER conservation et d'autres.
Oui, que les meilleurs gagnent
à vous lire
Rédigé par : Alain Bonnot | 12/06/2008 à 20:29
Justement, non, monsieur Bonnot. La PAC est un choix politique de la France et de l'Europe, pour conserver un secteur agricole de qualité. Avec votre raisonnement, il n'y aurait plus d'griculture depuis longtemps, en France, et singulièrement en Creuse, avec les conséquences économiques catastrophiques qu'on imagine.
Toutes les professions, en ce moment, se mobilisent pour davantage de protection et de réglementation: pécheurs, agriculteurs, routiers, etc... Chacun comprend que c'est grâce aux interventions de l'Etat, pour réguler les choses, qu'on pourra éviter le pire, que vous semblez pourtant appeler de vos voeux...
L'actualité nous démontre que c'est en la régulant, que la mondialisation peut être source de progrès, et surtout pas l'inverse.
Pour celà, il faut tendre aussi à harmoniser la fiscalité, les conditions de travail, la protection sociale...C'est à quoi doit servir aussi l'Europe.
Rédigé par : michel moine | 13/06/2008 à 08:48
Pour celà, il faut tendre aussi à harmoniser la fiscalité, les conditions de travail, la protection sociale...C'est à quoi doit servir aussi l'Europe.
Attention, ceci dans le bon sens, car quant on voit l'équipe à Sarkozy au niveau européen acquiescer la proposition de la semaine de travail à 70 heures... pas d'harmonisation dans ce sens là... car plus une impression de régression sociale dans un cas pareil...
Rédigé par : Francois TETEVIDE | 13/06/2008 à 12:23
Je suis atterré par l'augmentation du nombre de travailleurs pauvres dans ce pays,certains ne travaillent que quelques heures par mois et sortent ainsi des statistiques du chômage ,de nombreuses familles ne peuvent plus vivre et sont obligées de se surendetter en empruntant pour manger à des taux excessifs,la Gauche doit prendre conscience du profond mécontentement qui régne dans le pays et ne plus se conetenter de jouer le rôle de "l'opposition de Sa Majesté" car nous allons trés vite constater une montée des extrémes.
Rédigé par : Robert | 14/06/2008 à 15:28
AH NOn! Surtout pas la gauche.
On a déjà donné avec Mitterand. C'est quand même sous son règne qu'a été mis en place le RMI, la CSG donc les nouveaux pauvres.
De plus la gauche est bien trop occupée à savoir quel sera le meilleur présidentiable dans 4 ans. Ce sera celui qui aura le meilleur programme § pas por la France et les Français mais pour le parti.
Rédigé par : Alain Bonnot | 16/06/2008 à 21:15