La période du pré-congrès bat son plein, au parti socialiste, et les médias se font l'écho des petites et grandes manoeuvres qui agitent le landernau de la rue de Solférino. Pour l'heure, c'est le moment des contributions générales-il y en a 21* !- où chacun joue encore sa petite musique, avant le moment de l'adhésion à la troisième internationale des fusions-acquisitions, qui sera celui des motions. Il importe donc de montrer ses muscles, en affichant par exemple le nombre le plus impressionnant possible de contributeurs, qui, dans l'immense majorité des cas, n'ont pas écrit un seul mot du texte qu'ils signent, en admettent qu'ils l'aient lu. C'est ce qu'on appelle jeter les conditions du rapport de forces entre écuries.
Pour tout dire, celà m'agace un peu cette histoire d'écurie, où parfois on ne sollicite même pas les gens pour publier leur signature sous un texte. C'est ce qui m'est arrivé avec la contribution "besoin de gauche", où j'ai eu la surprise désagréable de me voir figurer, alors que je n'ai jamais manifesté la moindre attention à cet égard. Je l'ai d'ailleurs signalé sur le blog concerné, mais pour la version imprimée, c'était trop tard.
Car je crois qu'un Congrès comme celui de Reims, dans le temps historique où nous nous trouvons, mérite autre chose qu'un simple réflexe panurgien. Temps historique pour le parti socialiste, bien sûr, après une nouvelle défaite à l'élection présidentielle qui amène à se poser des questions de fond, plus encore que de forme, mais surtout temps historique pour la planète et ses habitants, à l'heure des changements climatiques, de la raréfaction de l'énergie fossile, et de l'augmentation des besoins de la population mondiale, énergétiques, alimentaires, et bien sûrs sociaux..
Un texte, "Pour un socialisme écologique", aborde ces questions essentielles, et en fait le postulat d'une véritable révolution culturelle du parti socialiste. En ce sens, il se démarque des autres, dont le point de départ se résume à "comment reconquérir le pouvoir face à Sarkozy ?", ou encore "comment réussir un beau congrès ?", questions certainement intéressantes pour les socialistes. Il pose les vrais enjeux d'un projet politique qui prend véritablement en compte les données écologiques, comme préalables à l'élaboration d'une nouvelle doctrine socialiste.
Lire 21 textes n'est pas une sinécure, et la vérité me conduit à avouer que je ne les ai pas (encore) tous lu dans le détail. Je ne suis probablement pas le seul. Mais la lecture des textes principaux m'a convaincu de la pertinence probablement plus grande de celui-là, même si je me retrouve aussi, par certains aspects, dans un certain nombre d'autres.
Il me semble préférable de privilégier le fond, ce qui permettra au demeurant sans doute de parvenir à unifier et fédérer la gauche sur un projet de société, ce que tous les textes appellent de leurs voeux, sans toujours avancer des propositions très précises.
Je suis convaincu que là est le véritable enjeu du Congrès de Reims, bien plus que la question du futur présidentiable, et je souhaite que nous soyons en capacité de peser suffisamment sur les débats du congrès pour infléchir sur les orientations du Parti Socialiste.
C'est de cette manière que nous créérons les conditions d'une véritable rupture avec la déliquescence doctrinaire dans laquelle nous a entrainé depuis dix ans l'actuelle direction. Il est temps qu'émerge une pensée régénérée, qui prenne en compte les changements environnementaux. Là est la rénovation du PS !
Vous pouvez retrouver ces 21 textes en cliquant ici.
Vous pouvez aussi retrouver les débats du Pôle écologique du PS en cliquant ici.

Salut Michel,
Ah ben un projet politique qui ait des tripes, qui soit ambitieux et réaliste en même temps, on attend que ça.
Et c'est vrai que les enjeux environnementaux combinés aux enjeux de nos besoins sont une marque de notre époque, ça notre Président et bien d'autres l'ont bien compris.
Mais le malheur de l'écologie comme courant politique réside dans la très grande perméabilité des concepts écologistes à la manipulation. Sans compter qu'il y a à la base de grosses incertitudes, au niveau scientifique, et lorsqu'elle servent de base à une action politique ou industrielle, ces incertitudes sont sources de problèmes.
Encore plus, je crains que l'idéologie prenne le dessus, et on voit déjà les prémisses d'un "fascisme vert". Il y a même un relent de religiosité dans cet écologisme post-moderne, et parfois on craint même de s'exprimer librement, si ce qu'on dit est contraire au dogme.
J'espère que ça donnera quelque chose de mieux que ça, au PS, et mieux que le Grenelle ...
On compte sur toi pour nous faire l'écho de ces réflexions.
Rédigé par : Tenryu | 18/07/2008 à 12:44
Si tous les grands partis ont compris que faire avancer le débat écologique et les mesures qui vont avec ne veut pas dire suivre LES VERTS, c'est déjà un pas vers la raison écologique.
Rédigé par : claude teyton | 18/07/2008 à 14:13
LES VERTS vous font peur Claude ? je pensais que c'étaient les rouges ?
Pour vous la "raison écolgique" ne serait donc pas incarnée par ces "VERTS" qui semblent vous émouvoir...
J'ai un peu de mal à vous suivre à droite, écologie et libéralisme, voir mondialisme, n'ont jamais fait bon ménage, de là à nous faire croire que le mari de Carla B., qui se croit président de la république est écolo : arfff :) c'est une couleuvre que je n'avalerai pas :)
Rédigé par : DoubleD | 18/07/2008 à 19:50
Pauvre Jack LANG !
J'avais de l'estime pour cet homme politique que j'ai eu l'honneur de recevoir lors de l'inauguration du Centre Culturel et Artistique Jean LURCAT,il avait une conception moderne de l'Art et comprenait que si la tapisserie voulait survivre cet Art devait être attractif pour de nouveaux artistes et ne pas en rester aux "rénovateurs" des années 30 ou 50 quelque fut la qualité de leur oeuvre,la tapisserie devait s'ouvrir résolument à l'Art contemporain en reouvelant la méthode de Jean LURCAT.
Quelle est ma tristesse et même ma colére de constater qu'aujourd'hui le même Jack LANG est "tenté" d'approuver une réforme constitutionelle qui quoique en dise SARKOZY n'améliore en rien les pouvoirs du Parlement,et n'instaure même pas un régime présidentiel avec les contre-pouvoirs que celui ci devrait comporter.
Nous allons avoir SARKOZY détenir de fait tous les pouvoirs,exécutifs,législatifs,médiatiques avec une Autorité judiciaire qu'il souhaite aux ordres,cela s'appelle une monarchie absolue élective et c'est un tel régime que des hommes de Gauche comme Jack LANG ou J.M. BAYLET accepteraient de voir s'instaurer ce sera la fin non pas de la Véme République,mais de la République tout court.
Rédigé par : Robert | 19/07/2008 à 14:56
Bien sûr, Jack Lang...le seul, au PS. IL est tout à fait regrettable par contre, qu'au PRG, le vote de cette réforme soit le choix du chef du parti, qui cède au marchandage sur l'abaissement à 15 du seuil exigé pour la création d'un groupe parlementaire autonome. Les futurs accords électoraux PS/PRG risquent d'être délicats à négocier !Pourra-t-on alors abaisser le seuil à 3 ou 4 ? Il s'agit là d'une compromission de monsieur Baylet, dont je ne suis pas sûr qu'il en retire un si grand profit à terme...
Soulignons, par contraste, l'attitude de madame Taubira.
Que va-t-il rester du PRG après cet épisode ? Robert, certains pourront-ils en rester membres ?
Rédigé par : michel moine | 20/07/2008 à 09:09
Je me demande comme Michel si des hommes ou des femmes de gauche pourront continuer d'adhérer au PRG aprés la trahison par BAYLET de l'idéal radical, mais comme la plupart d'entre eux ne souhaiterons pas rejoindre le PS et qu'il faudra bien des alliés à ce grand parti j'espére que les militants sincéres trouveront une solution pour que le véritable radicalisme fondateur de la République continue d'exister avec ou sans BAYLET.
Je me pose également la question: Jack LANG sera-t-il le seul au sein de son parti à suivre ses consignes de vote ? je crains la postion de certains comme Michel CHARASSE.
Rédigé par : Robert | 20/07/2008 à 12:16