Grace à Eric Pastyka, notre ami commun, je suis en mesure de reproduire cet article de la " Voix du Nord" consacré à André Renaux, le plus creusois des Ch'tis, et qui réside à Aubusson. André est l'initiateur du salon du livre ancien d'Aubusson.
RENCONTRE |
André Renaux fut adjoint au maire de Maubeuge de 1989 à 2001, chargé de la culture et des anciens combattants dans le mandat du maire Alain Carpentier. Né 1934 à Watten, près de Dunkerque, orphelin de guerre et pupille de la Nation, ce grand bonhomme a fait tous les métiers, de boucher à responsable technique d'une société de meules pour les moteurs de voitures. Aujourd'hui installé à Aubusson (Creuse), il revient avec nous sur ses années maubeugeoises.
> La politique, ça a commencé comment ?
« Je suis entré dans le comité de soutien à François Mitterrand. Auparavant, j'avais été responsable syndical CGT à HK Porter, à Marpent. Mais je n'ai jamais été communiste. En 1983, j'étais sur les listes électorales avec Alain Carpentier, en troisième position. J'ai été élu conseiller municipal. Puis j'ai été élu en 1989, toujours sur la liste d'Alain Carpentier, qui était majoritaire cette fois-ci, et je suis devenu adjoint ».
> Que retenez-vous de vos années passées à la mairie de Maubeuge ?
« Que de bonnes choses. Je ne retiens pas les mauvaises. Chaque municipalité laisse quelque chose. Nous, notre gros travail, ça a été la transformation de l'abattoir en zone commerciale, boulevard de l'Europe. On a complètement transformé la physionomie du coin ».
> Vous connaissez Rémi Pauvros ?
« Je me suis présenté contre lui, avec Alain Carpentier. Mais il fait du très beau travail ».
> Parmi ceux qui étaient sur la liste d'Alain Carpentier, d'autres sont restés. Que pensez-vous de leur parcours ?
« Il y a Yves Renaud, Jacqueline Bard, Francine Horville. Ils ont pris le bon train, c'est tout ».
> Vous en aviez parlé, entre vous, en 2001 ?
« Oui, j'ai même été sollicité par Rémi Pauvros et Yves Renaud. Mais je n'aime pas trahir. Par fidélité, je suis resté avec Alain Carpentier ».
> Vous avez suivi l'actualité politique sambrienne, pendant les municipales, où on a noté la disparition du Front national... « Oui, Claude Deresnes a abandonné la politique. Je ne sais pas où sont partis les 25 % du Front national. Une moitié à Pauvros, l'autre à la droite, à mon avis ».
> Et la droite qui a mal joué le coup... « La division, ça les a tués. C'est dommage, je considère que Herbeuval est un type de valeur. Je l'ai eu dans les commissions, quand j'étais majoritaire, et inversement. On a toujours eu d'excellentes relations ».
> En revanche, Jean-Claude Decagny... « Ah si, il ne me dérange pas. Mais aux dernières élections, c'était le tour de Jean-Yves Herbeuval. Mais il n'est pas bagarreur, Jean-Yves ».
La surprise du chef !
> Et à Jeumont, vous avez vu ?
« Alors là, c'est la surprise du chef ! En revanche, la défaite de Bernard Baudoux, à la tête de l'Agglo, c'est normal. Pour moi, c'est arithmétique. Le Parti communiste n'est plus grand chose ».
> Ils n'ont surtout pas réussi à s'entendre.
« J'ai appris à mes dépends qu'en politique, on ne fait pas de cadeaux ».
> Vous gardez des amitiés, dans le secteur ?
« Je reste en très bonne relation avec Éric Pastyka. C'est lui qui me tient au courant de tout ».
> Vous habitez à Aubusson, dans la Creuse, dont le maire est Michel Moine.
« Oui, et qui est venu à Maubeuge. Il a parlé d'un projet que j'ai lancé et qui va peut-être se réaliser : une exposition sur le thème "André et Jean Lurçat, deux frères et deux passions". André c'était l'urbaniste-architecte qui a reconstruit Maubeuge. Jean, c'est celui qui a relancé la tapisserie à Aubusson, après la guerre ».
> C'est lui qui a aussi fait la mosaïque sur la façade de l'église de Maubeuge... « Oui ! Grâce à lui, à Aubusson, il y a une collection magnifique de tapisseries. Michel Moine en a parlé à Rémi Pauvros, quand il est venu à Maubeuge ».
> Vous avez quitté le bassin de la Sambre en quelle année ?
« En 1998. Je suis resté deux ans, en pleine campagne, dans la Creuse. Ma femme n'a pas aimé. Alors nous sommes revenus à Maubeuge, c'est là que j'ai fait la campagne électorale, en 2001, avec Alain Carpentier. Et puis je suis reparti, mais à Aubusson ».
> En arrivant là-bas, vous n'avez pas laissé tomber la politique ?
« Je suis membre du Parti socialiste, j'ai été président du comité des fêtes, je suis membre de plein d'associations. J'ai réussi à lancer un salon du livre ancien, j'en suis à la cinquième édition. J'ai lancé le salon du livre à Maubeuge, il y a eu trois ou quatre éditions, avec Bernard Messager comme cheville ouvrière ».
> Quelles étaient les grandes difficultés pour faire de la culture, à Maubeuge ?
« Le gros budget partait chez Didier Fusillier. Mais ça marchait pas mal. En 1983, ça n'était que les balbutiements, avec seulement 1 % du budget consacré à la culture ! Ça a été mieux avec le Dr Fresnel. À ce moment-là, je m'occupais du Hot Club. On a fait de sacrés soirées blues ».
> Et le musée, il manque toujours... « M'en parlez pas ! Il n'existe pas parce qu'il n'a jamais existé. Il y avait quelques pièces, mais pas de volonté politique. On a eu un conservateur, mais jamais de musée ».
Propos recueillis par Vincent Tripiana

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