En arrêtant ses choix sur le financement du RSA, par une ponction sur l'épargne des classes moyennes, le Président de la République a rouvert le débat sur le bouclier fiscal.
Celui-ci, qui limite l'imposition à 50 % des revenus, permet de fait aux plus riches des Français de se soustraire à la solidarité nationale. C'est un paradoxe, très mal ressenti par nos concitoyens.
La majorité est d'ailleurs divisée sur cette question, un certain nombre de députés UMP considérant que la nouvelle taxe doit s'appliquer à tous, bouclier fiscal ou pas.
Cette "protection" du bouclier fiscal est d'autant plus injuste que le gouvernement s'est bien gardé d'accompagner sa mise en oeuvre d'une réforme des niches fiscales, qui permettent déjà d'échapper à l'impôt.
En cette période de disette, y compris pour les recettes de l'Etat, et à l'heure où on taille dans les dépenses nécessaires à la vie quotidienne des Français et à l'avenir des générations futures, le gouvernement serait pourtant bien inspiré d'aller chercher l'argent là où il se trouve, et en abondance.
S'agissant du RSA, les Conseils Généraux seront très attentifs à ne pas subir de transfert de charges financières nouvelles. Dans un département comme la Creuse, ce serait tout bonnement insupportable, au sens propre du terme, et serait susceptible remettre en cause la mise en place du RSA, dans la mesure où les élus ne pourraient envisager un accroissement de la pression fiscale, alors que notre potentiel fiscal est l'un des plus faible de France.
Pourtant la Creuse a démontré son volontarisme en expérimentant la mesure, par la mise en place un RSA "qualité" basé sur le volontariat et assujeti à un contrat de travail d'au moins 25 heures par semaine, et ceci, afin de placer réellement le bénéficiaire dans une logique d'emploi. A ce jour 35 personnes ont basculé dans le dispositif.
C'est donc une boite de pandore qu'a ouvert le Président de la République, au risque de saboter une bonne idée par les questions de financement. La solution qu'il se propose de mettre en oeuvre ne satisfait ni ses amis, ni ses opposants. Et, à n'en pas douter, il n'est pas prêt à aller au bout de la logique, s'agissant des revenus des plus nantis.

Michel,
Pourquoi seulement 35 personnes ont basculé dans ce dispositif en Creuse ? La difficulté de trouver des emplois ? ou d'autres difficultés ?
Pour une partie de votre de texte je suis d'accord avec vous, mais dans le fond des choses je ne suis pas certain que la formule de cette taxe pour le financement du RSA soit la bonne.
Rédigé par : claude teyton | 16/09/2008 à 08:47
Vous mettez le doigt sur un aspect essentiel du RSA, Claude, sa dépendance au marché de l'emploi. Il ne fonctionne que s'il y a embauche...
Rédigé par : michel moine | 16/09/2008 à 09:06
Je suis d'accord avec Claude TEYTON la formule de financement du RSA n'est pas la bonne elle va encore grever le budget des classes moyennenes dont le pouvoir d'achat est en régréssion et puis je ne suis pas certain de l'efficacité du dispositif,le problême de l'emploi demande autre chose que des mesurettes.
Rédigé par : Georges Nigremont | 16/09/2008 à 11:53
Michel,
Le taux de chomage en Creuse n'est pas l'un des pires des départements français, ils existent pas mal d'emplois dans la batiment par exemple, je suis donc surpris du nombre bien faible de 35 personnes depuis le lancement de l'expérimentation en Creuse pour le RSA.
Globalement la taxe appliquée sur les placements, ramenée à l'échelle de la Creuse c'est environ 20 à 25 €/an pour une hauteur moyenne de la plus value de l'épargne.Même si cette somme semble faible c'est le principe de cette taxe que je n'apprécie pas.
Rédigé par : claude teyton | 17/09/2008 à 08:44
Bonsoir ! Le RSA, nom ronflant à l'action, n'a de solidaire que le nom et fait plutôt appel à la charité des classes moyennes pour soulager le patronat qui ne peuvent se permettre de donner un vrai emploi à celles et ceux qu'il exploite.
Gageons que bientôt celui-ci remplacera les Smics dont le patronat veut s'émanciper.
L'Etat-providence dont on nous rebat les oreilles répand en fait sa manne plus sur les entreprises que sur les exclu(e)s du travail.
Salutations Anarchistes !
Rédigé par : Alayn | 25/09/2008 à 01:10
Et si ceux qui compissent le "patronnat" prenaient leurs responsabilités en profitant de la liberté disponible et se créaient eux-mêmes les emplois qu'ils veulent, avec les méthodes et moyens qu'ils veulent ??
Rédigé par : Tenryu | 25/09/2008 à 10:18
Bonsoir ! Je ne connaissais pas le mot "compissent"... mais je présume que c'est un synonyme de "combattre"...???
Donc,si c'est bien cela, celles et ceux qui "compissent-arf !" le patronat (avec un seul "r") ne souhaitent pas par logique devenir patron !
Et puis même s'ils/elles le souhaitaient, ce n'est pas avec les allocations de survie qu'ils/elles perçoivent qu'ils/elles peuvent le devenir.
Tout le monde n'a pas un héritage ou un magot de côté.
Salutations Anarchistes !
Rédigé par : Alayn | 27/09/2008 à 20:50
Ah oui, évidemment, quand on est indépendant, qu'on vole de ses propres ailes, qu'on vit du travail de ses propres mains et qu'on paie des contributions solidaires, on est un salaud de patron ... très fin, et très pertinent comme analyse.
Je vois que le stalino-anarcho-communisme est une doctrine qui mène loin !! Très brillant !
Rédigé par : Tenryu | 28/09/2008 à 12:43
Quant au "magot", il y a nombre d'artisans et d'indépendants à leur compte qui ont constitué leur capital à force de travail, d'efforts et de patience. Mais force est de reconnaître que cette combativité, volonté et détermination manque à bien des chantres de la "liberté", qui ne sont même plus au niveau de l'ombre de leurs prédécesseurs ...
Sinon, parmi ceux qui héritent d'un petit magot, qu'ils soient prolétaires ou autres, rares sont ceux qui prennent la voie de l'indépendance, donc c'est quand même utile, pour ceux-là, de faire valoir les avantages de cette voie, plutôt que de rester accroché aux basques des "patrons" en pleurant sa maman de tant d'exploitation.
Pour finir, il y en a, qui n'ont ni magot ni héritage, mais qui prennent cette voie avec grand courage, et avec succès, donc faut arrêter de jouer les pauvres et faibles exploités sans ressources, sans créativité et sans pouvoir, et peut-être faire le plein de courage, au lieu de fustiger continuellement des fantômes qu'on rend responsable de tous ses propres malheurs. Très pratique quand on n'a jamais l'occasion de les rencontrer ...
Rédigé par : Tenryu | 28/09/2008 à 12:51
Ah que veux tu Tenryu ? Devenir son propre patron n'est ce pas quelque part pour certains le niveau ultime de masochisme : ben oui tu t'auto-exploites... ;-)
Rédigé par : Francois TETEVIDE | 29/09/2008 à 14:01
Bonsoir ! Les commentaires de Tenryu, défendant le poujadisme capitaliste me semblent complètement hors-sujets...(ou alors, il s'est trompé de blog et l'a confondu avec celui de Pierrette...)
La plupart des gens qui touchent les minimas sociaux sont dans la survie et encore...
Ensuite, il y a les gens qui en ont marre du gros ou du petit esprit capitaliste et notamment les libertaires et qui proposent autre chose.
Et qui ont été les premiers à se faire descendre par les staliniens en 17.
Qui fustige le plus si ce n'est les esprits capitalistes, reprochant aux "pauvres" de les "ruiner ? Et surtout aux anarchistes de souhaiter qu'ils/elles arrêtent de capitaliser en rond puisque ne reproduisant que le système inégalitaire.
Les capitalistes préfèrent renflouer les boursicoteurs que de réellement aider les plus précaires.
Salutations Anarchistes !
Rédigé par : Alayn | 29/09/2008 à 21:06