Il y a encore quelques jours, la droite nous expliquait qu'à l'instar du nuage de Tchernobyl, dans la crise financière qui secoue structurellement le capitalisme mondialisé, la France et ses institutions bancaires allaient être épargnées, car reposant sur des fondamentaux plus solides.
Le discours de Toulon du chef de l'Etat, qui promet aux Français du "sang et des larmes", a conduit le premier ministre à lancer un appel à l'unité nationale. Bigre ! C'est que la situation est sûrement encore plus grave que ce que l'opinion en connait. Probalement aux prémices du choc de décroissance, un paradoxe pour celui qui se complaisait à se poser en champion du choc de croissance.
Il n'est que de constater les garanties données aux épargnants de procéder si nécessaire à la nationalisation des établissements en déroute, comme viennent de le faire nos voisins du bénélux pour Fortis, pour comprendre qu'une fois encore la solidarité nationale n'est envisagée qu'à sens unique. Car dans le même discours, le premier ministre, qui a exclu toute politique de relance économique, s'est engagé à ne pas augmenter la fiscalité. Pourtant, à situation exceptionnelle, décisions exceptionnelles !
Il est grand temps d'aller chercher la solidarité, avec ceux qui vont le plus souffrir de cette crise par la baisse de leur pouvoir d'achat, c'est à dire nos concitoyens les plus modestes, dans la poche, pleine, de ceux qui ont les moyens de manger 10 fois par jour. Oui, il est temps de supprimer l'indécent bouclier fiscal. Oui, il est temps de supprimer les niches fiscales qui privent le budget de l'Etat de quelques 40 milliards par an. Oui, il est temps d'augmenter les moyens dévolus à la chasse aux fraudeurs fiscaux.
Alors là, oui, j'accorderai quelque crédit à ces exhortations, lancées , à l'unité nationale, dont je constate que pour l'instant c'est bien en vertu des dogmes financiers capitalistes, dont le pouvoir est complice, qu'elle est menacée.
Mais ce n'est pas de ce pouvoir-là que j'attends les bonnes réponses à la crise rencontrées. Toutes les mesures qui sont et seront prises ne visent qu'à sauver le capitalisme de sa propre antropophagie, en mettant à contribution le plus grand nombre pour le profit de quelques-uns.
La sociale-démocratie balbutie, alors qu'elle devrait s'inscrire dans le "que faire ?". Elle se contente malheureusement d'un discret "que dire ?". Comment se comporte l'Internationale Socialiste, dont le rôle de fédérateur des partis qui la composent devrait la conduire à organiser le débat en son sein, et à lui donner l'audience nécessaire ?
Si nous voulons incarner une alternative, pas seulement aux partis de droite, mais bien au capitalisme financier, celui dans lequel le travail est moins rémunéré que l'argent et où l'individu compte moins que le système et les profits, où la planête est consciencieusement pillée pour un profit immédiat, alors il est urgent de s'y mettre, en revenant à nos fondamentaux à nous, en nous écartant des paillettes et du strass au bénéfice de la réflexion et de l'action politique.
Ce bénéfice-là, il permet la solidarité, la vraie, la lutte contre la pauvreté et pour le pouvoir d'achat, la redistribution honnête des richesses et la préservation des intérêts des générations futures. Pour de tels objectifs, alors oui, on peut lancer un appel sincère à l'unité nationale.





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