Hier se réunissait le conseil national du parti socialiste chargé d'enregistrer les motions proposées au vote des militants pour le congrès de Reims, auquel j'ai assisté juste après être allé rendre un dernier hommage au Père Lachaise à un camarade de longue date, mon ami Serge. Tout un symbole d'ailleurs, cette journée, de la vie qui continue...
On y voit désormais un peu plus clair, maintenant que la période pré-motion, avec son lot de bluff, d'alliances défaites à peine conclues, de déclarations définitives contredites dès le lendemain, s'achève. C'est une bonne chose, car le moins qu'on puisse dire, c'est que ces démonstrations de pas de deux, et parfois de trois, n'ont pas été de nature à améliorer l'image du PS dans l'appréciation qu'on de lui les Français.
Le dépôt des motions est aussi, et surtout, l'occasion de mesurer la véritable détermination des uns et des autres et de confronter les déclarations de principe aux actes réels. C'est ce qu'on appelle une opération-vérité, et le fait est que certains n'ont pas réussi à franchir ce premier obstacle, en se rangeant derrière un(e) présidentiable, après avoir pendant des mois tenté de nous convaincre qu'il ne fallait surtout pas condamner le congrès à une simple joute entre présidentiables.
Chacun des représentants des six motions a pu s'exprimer 15 minutes devant les délégués du Conseil National. Un Bertrand Delanöe brillant, un Christophe Carresche (pour le pôle écologique) pédagogue, un Benoit Hamon ému, une Martine Aubry requinquinquée, un trio inédit Najat Belkacem, Vincent Feltesse et François Rebsamen pour une royale ligne claire et un Franck Pupunat (pour Utopia) ont lancé les débats de manière convenable plus que convenue.
J'ai apprécié d'entendre dans le bouche de Martine Aubry un plaidoyer pour que les questions de développement durable imprègnent désormais la doctrine du parti socialiste. Je n'y vois pas qu'une démarche de pêche aux voix, mais un sincère désir de travailler sur ces thèmes, et celà m'a conforté dans ma propre approche de ce congrès. Nos idées ne nous appartiennent pas, et notre véritable combat, c'est avant tout leur diffusion dans le projet socialiste. Je me suis dit hier que nous étions sur la bonne voie, celle du socialisme du 21e siècle, qui ne perd pas ses valeurs de partage des richesses produites et de justice sociale, dans le cadre de l'épuisement des ressources énergétiques fossiles.
Telle est le rôle du pôle écologique: proposer en contre-point du combat des chefs, le combat des idées, en remettant le parti au travail. C'est dans cet esprit que j'inscris aujourd'hui mon engagement sur le texte de la motion B, puisque tel est le rang que lui a donné le tirage au sort. J'invite toutes celles et ceux qui s'y reconnaissent à apporter leur contribution à notre démarche, en signant le texte et en le votant.

je n'ai rien à rajouter.
D'accord sur tout et en particulier sur l'ambition de porter toutes les idées du pôle écologique dans toutes les motions.
serdan
Rédigé par : serdan | 24/09/2008 à 17:34
Il est temps que le PS se mette en ordre de marche et se trouve un leader
car pour l'instant le silence de la Gauche est assourdissant devant les dérives d'un pouvoir incapable de faire face à la crise,de gérer le pays et d'avoir une politique internationale autre que le suivisme vis à vis des USA.
Il est tout à fait regrettable que le PS ait mis plus d'un an avant de tirer les leçons de son échec à la présidentielle et en soit encore à se livrer au petit jeu des motions et autres contributions !
Rédigé par : Georges Nigremont | 25/09/2008 à 09:33
http://moscovici.typepad.fr/blognational/2008/09/mise-au-point.html#comments
Hier, j’ai été l’objet – à vrai dire je m’y attendais un peu – d’un double procès en légitimité de la part d’Arnaud Montebourg et Jean-Christophe Cambadélis. Arnaud m’a publiquement accusé de faire le « plus mauvais choix possible », en signant une « motion Hollande bis ». L’homme est attachant, séduisant, il a du panache. Mais le politique est parfois peu constant. C’est avec lui que j’avais co-signé la contribution « Besoin de gauche », que je souhaitais porter sa cohérence devant les militants, à ses côtés que j’avais été à Frangy fin août, puis sur Canal Plus début septembre, après l’intermède de La Rochelle. Il a toute mon affection – vraiment – mais j’ai aussi des regrets de ces virevoltes qui ne lui donnent ni prévisibilité, ni lisibilité : il a trop souvent varié pour que son jugement soit pris au sérieux désormais, et c’est dommage. Il devrait maintenant s’imposer une ascèse intellectuelle, une petite cure de réserve.
PIERRE MOSCOVICI 25/09/08
Rédigé par : luc lola | 26/09/2008 à 23:01