En arrêtant ses choix sur le financement du RSA, par une ponction sur l'épargne des classes moyennes, le Président de la République a rouvert le débat sur le bouclier fiscal.
Celui-ci, qui limite l'imposition à 50 % des revenus, permet de fait aux plus riches des Français de se soustraire à la solidarité nationale. C'est un paradoxe, très mal ressenti par nos concitoyens.
La majorité est d'ailleurs divisée sur cette question, un certain nombre de députés UMP considérant que la nouvelle taxe doit s'appliquer à tous, bouclier fiscal ou pas.
Cette "protection" du bouclier fiscal est d'autant plus injuste que le gouvernement s'est bien gardé d'accompagner sa mise en oeuvre d'une réforme des niches fiscales, qui permettent déjà d'échapper à l'impôt.
En cette période de disette, y compris pour les recettes de l'Etat, et à l'heure où on taille dans les dépenses nécessaires à la vie quotidienne des Français et à l'avenir des générations futures, le gouvernement serait pourtant bien inspiré d'aller chercher l'argent là où il se trouve, et en abondance.
S'agissant du RSA, les Conseils Généraux seront très attentifs à ne pas subir de transfert de charges financières nouvelles. Dans un département comme la Creuse, ce serait tout bonnement insupportable, au sens propre du terme, et serait susceptible remettre en cause la mise en place du RSA, dans la mesure où les élus ne pourraient envisager un accroissement de la pression fiscale, alors que notre potentiel fiscal est l'un des plus faible de France.
Pourtant la Creuse a démontré son volontarisme en expérimentant la mesure, par la mise en place un RSA "qualité" basé sur le volontariat et assujeti à un contrat de travail d'au moins 25 heures par semaine, et ceci, afin de placer réellement le bénéficiaire dans une logique d'emploi. A ce jour 35 personnes ont basculé dans le dispositif.
C'est donc une boite de pandore qu'a ouvert le Président de la République, au risque de saboter une bonne idée par les questions de financement. La solution qu'il se propose de mettre en oeuvre ne satisfait ni ses amis, ni ses opposants. Et, à n'en pas douter, il n'est pas prêt à aller au bout de la logique, s'agissant des revenus des plus nantis.

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