Les grands électeurs viennent (enfin !) de recevoir les professions de foi des candidats aux sénatoriales. La lecture de celle des candidats de l'UMP réserve quelques surprises, qu'on retrouve aussi dans l'article de La Montagne publié hier. En effet, pas une seule référence à l'action du gouvernement ou du Président de la République n'émaille le texte de la droite...
Les deux candidats reviennent sur l'évolution du zonage des Aides à Finalité Régionale (AFR), qui permettent de proposer des aides économiques à l'installation de nouvelles entreprises. Les aides nationales à finalité régionale, fonds européens, visent à soutenir le développement des régions les plus désavantagées en encourageant l'investissement et la création d'emplois. Elles favorisent le développement et la diversification d'entreprises situées dans les régions les plus désavantagées, notamment en encourageant les entreprises à y créer de nouveaux établissements.Le systême évolue de telle façon qu'alors que la Creuse était initialement totalement éligible à ces aides, seule, désormais, la zone située autour de Guéret le reste. On ne peut pas dire que cette nouvelle organisation réponde aux objectifs initialement affichés, et les élus se mobilisent contre cette injustice territoriale.
Là où je prends Messieurs Gaudin et Turpinat en flagrant délit de contre-vérité, c'est quand ils affirment que la Région Limousin et le Conseil Général portent la responsabilité de la situation, comme si ces collectivités avaient décidé elles-mêmes de la nouvelle carte régionale de l'éligibilité à ces aides. La décision a relevé de la seule compétence de l'Etat. Je vous renvoie à la lecture du communiqué de presse émanant du Conseil Régional, publié en Juillet dernier.
Je cite:" il est revenu à l’Etat, et à l’Etat seul, de proposer à Bruxelles, pour l’ensemble du territoire national et donc de chaque région, quels territoires étaient éligibles aux aides à finalité régionale. La proposition de zonage AFR concernant la Région Limousin, élaborée par le Préfet de Région, faisant suite à une consultation de la Région et des trois Départements du Limousin a été adressée à la Délégation Interministérielle à l’Aménagement et à la Compétitivité des territoires (DIACT) le 7 avril 2006"
On comprend l'embarras des candidats de droite sur la question, qui ont choisi d'essayer de jeter la confusion, espérant peut-être ainsi créer la suspicion sur leurs adversaires. Déjà en juillet dernier, dans La Montagne, l'ex- maire de St Silvain Bellegarde s'était risqué à l'exercice, en poisson-pilote de l'actuelle campagne électorale.
Il est également assez plaisant de lire dans le journal d'hier un hommage indirect à l'action du président du conseil général, Jean-Jacques Lozach. Je résume: "au niveau des aides du conseil général, il existe des règles d'attribution qui valent pour tous les demandeurs, qui sont précisées dans le guide des aides départementales. Il ne peut donc y avoir de passe-droit et de clientélisme, alors que les aides distribuées par un sénateur répondent à des critères plus obscurs, moins républicains (le fait du prince)." Conclusion de nos grands républicains: votez pour nous, et nous récompenserons nos seuls amis. Parfaite illustration des dérives d'un systême qu'il convient de dénoncer et faire disparaitre, car contraire à l'égalité républicaine.
Je peux d'ailleurs personnellement témoigner de ces dérives, qui a vu le député ump refuser à la commune d'Aubusson une subvention exceptionnelle, sur laquelle il s'était pourtant engagé par écrit, pour la sanctionner d'avoir mal voté aux municipales...
C'est ce systême que revendiquent les candidats de la droite, soulignant au passage la vertu et la transparence du systême d'aides départementales mis en oeuvre par leur concurrent, Jean-Jacques Lozach.
Pour terminer, je ne peux pas ne pas évoquer le dernier argument, le plus misérable sans doute, qui consiste à parer de toutes les vertus Michel Moreigne, sénateur socialiste sortant, qui ne se représente pas, car non désigné par le vote démocratique des militants. Non pas que Michel Moreigne ne mérite pas ces louanges pour son travail parlementaire efficace ces trente-cinq dernières années, mais parce que l'hommage du vice à la vertu n'est jamais rien d'autre qu'une manoeuvre politicienne de bas étage. La ficelle est un peu grosse, et c'est véritablement insulter l'intelligence de Michel Moreigne que de penser une seule seconde qu'il puisse y être sensible. Une vie consacrée à l'idéal socialiste, un engagement et une fidélité jamais démentie au parti qui l'incarne, c'est une livrée dont Monsieur Gaudin devrait deviner qu'elle ne se jette pas aux orties comme lui même sait retourner la veste qu'il se prépare à enfiler.
Personne, et surtout pas l'intéressé, n'a oublié les attaques de Monsieur Gaudin contre le sénateur au Conseil Général. Personne, et surtout pas l'intéressé, n'a oublié quand Monsieur Gaudin demandait élégamment à Michel Moreigne, en séance plénière, s'il se souvenait du prénom d'Alzheimer...
Comment pourrait-on qualifier cette petite manoeuvre, qui nous vaut aujourd'hui cette avalanche de superlatifs laudatifs ? Un syndrome politique de Stockholm ? A moins qu'il ne s'agisse tout simplement du syndrome d'Aloïs...
On ne bâtit pas une campagne crédible avec si peu de propositions constructives. Vérification dimanche

L'Etat a trouvé la recette:
Faire supporter par les régions et les départements le coût de sa politique,c'est pour lui tout bénéfice,il fait des économies et le contribuable n'a qu'à s'en prendre aux élus de Gauche qui gérent majoritairement les régions et les départements.
Rédigé par : Georges Nigremont | 19/09/2008 à 14:42