Les éleveurs creusois ont manifesté hier leur détresse en plusieurs points du département, frappés de plein fouet depuis 18 mois par les conséquences économiques et financières de la fièvre catharale ovine (FCO). La Creuse est un département essentiellement d'élevage, où la diversification est très difficile . Les éleveurs, qui produisent un produit viande de grande qualité, n'ont guère d'autres ressources principales que leur élevage. Il y a donc une spécificité, et donc une fragilité structurelle, de l'activité agricole, notamment dans le sud du département, zone de piémont ou de montagne.
Quand un aléa surgit, comme la FCO, la situation peut vite tourner à la catastrophe, dans un contexte de trésorerie des exploitations tendu.
J'étais présent hier, sur le point de rassemblement de la manifestation, au carrefour de la Seiglière, à l'entrée est d'Aubusson, pour assurer les éleveurs, venus très nombreux, de la solidarité des élus. J'étais accompagné des vice-présidents de la communauté de communes. René Roulland, conseiller général de Crocq, est également passé un long moment. La visite de la présidente de l'association des commerçants d'Aubusson, dont une vingtaine avait tiré symboliquement le rideau en début d'après-midi, a également été très appréciée.
En effet, comment concevoir l'espace rural creusois sans paysans, ce qui est le danger qui nous guette si certains se retrouvent sur le carreau ? Je considère que nous sommes tous concerné par le drame -et le mot n'est pas trop fort- qui se joue actuellement dans les exploitations creusoises.
Le député de la circonscription avait choisi ce jour pour interpeller le ministre de l'agriculture dans l'hémicycle, lors des questions au gouvernement. J'allais dire: enfin ! Ce n'est pourtant pas faute d'avoir lui-même été à de nombreuses reprises sollicités par les éleveurs creusois sur la situtaion. Il aura donc fallu 18 mois pour que le député se décide enfin à s'en faire l'écho auprès des autorités dont les décisions peuvent sauver ou condamner l'élevage en Creuse. Trop tard.
Le moins qu'on puisse dire, en entendant la réponse du ministre, c'est qu'il n'accorde aucun intérêt à la question qui lui est tardivement posée, en renvoyant dans ses 22 le pauvre député Auclair, dont les rodomontades passées ont épuisé le crédit. La violence des termes employés est d'ailleurs significative du mépris du ministre envers Auclair, pourtant du même camp que lui. Le malheur, c'est qu'en taclant ainsi le député, c'est la Creuse agricole qu'il met par terre. Je crains que cette réaction ministérielle, qui refuse de prendre en compte la pénible réalité vécue sur le terrain creusois n'attise en retour des réactions de désespoir.
Les choses ne peuvent rester en l'état, sauf à admettre la mort annoncée de l'élevage creusois, qu'il soit bovin, ovin, ou porcin.
Pour ma part, je m'y refuse.
Ecoutez la réponse du ministre...


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