J'assiste depuis mardi matin au congrès des maires de France, porte de Versailles à Paris.
Je reviens sur l'un des débats au programme du congrès, consacré à l'école, et qui aura été un thème transversal à de nombreuses problématiques abordées depuis hier, notamment lorsqu'a été évoquée la situation des territoires ruraux. L'école fait partie des services publics essentiels pour nos populations et les élus que nous sommes.
Ce qui a mis le feu aux poudres, outre la question de la baisse drastique des effectifs enseignants et des attaques répétées du gouvernement envers la qualité de l'enseignement, c'est bien évidemment la question du SMA (service minimal d'accueil des élèves dont les enseignants sont grévistes).
Vous le savez, la Loi fait désormais obligation aux communes d'organiser ce service. Nous avons été nombreux, et les Creusois en étaient, à dénoncer l'inapplicabilité de cette loi, sauf à ne tenir aucun compte de la sécurité des enfants, ce à quoi de très nombreux maires se refusent.
La question a donc largement alimenté le débat porte de Versailles. Déjà hier, François Fillon a dû essuyer une vigoureuse bronca, alors qu'il réaffirmait la position du gouvernement.
Aujourd'hui, nous n'avons pu que déplorer l'absence du ministre Darcos devant l'assemblée des Maires, faisant montre en l'espèce d'un courage édifiant. Il faut dire que les maires, toutes tendances confondues, n'ont que très modérement apprécié les propos du ministre lorsque ce dernier estimait qu'ils n'avaient qu'à "se débrouiller (sic)", des difficultés rencontrées sur le terrain !
Alors qu'un certain nombre de témoignages, notamment sur les poursuites engagées par l'Etat contre les élus, avaient été exprimés, notre collègue, Michel Moyrand est intervenu à son tour. Après avoir exprimé son respect au recteur présent, à qui avait été confiée la lourde tache de représenter l'Etat ( aucun ministre à l'horizon donc...), Michel Moyrand a invité l'assistance à quitter la salle, sur le constat de l'absence de débat possible avec un responsable politique.
Des centaines d'élus ont alors quitté l'auditorium de la porte de Versailles.
Cette attitude est très révélatrice de l'exaspération des maires face à un pouvoir dont la conception du dialogue et de la concertation relève d'avantage de la technique du garrot que du respect de l'interlocuteur.
J'avais également espéré pouvoir croiser Nadine Morano, annoncée dans un débat sur la petite enfance, mais là encore, chou blanc...
J'aurais aimé avoir son sentiment sur l'invitation de visiter le pôle enfance d'Aubusson, que je lui ai lancée pour vendredi prochain, date de son déplacement en Creuse. Si tu ne vas pas à Lagardère...
Je me demande si madame Morano cautionne les propos publics de Jean Auclair, lors de la séance plénière du Conseil Général de lundi dernier, qui m'a rétorqué qu'elle venait "pour lui". Auquel cas, nous ne partagerions pas la même conception de l'Etat et de la République...
J'avoue nourrir un peu de doute, en constatant ne pas figurer dans la liste des invités à ce déplacement à la gloire de Jean Auclair ministériel, bien que vice-président en charge de l'enfance et de la famille au Conseil Général, c'est à dire le domaine de compétence de la secrétaire d'Etat.
Comme on dit, affaire à suivre.
Au fait, Michel Moyrand est le maire de...Périgueux, commune dont il a ravi la gouvernance à un certain...Xavier Darcos.

Lire par ailleurs
http://www.lagazettedescommunes.com/actualite/det_artNLUne.asp?id=31520&supportId=56
Et bon Congrès Michel !
Rédigé par : Eric de MAUBEUGE | 27/11/2008 à 07:47
Merci d'avoir indiqué ce lien, Eric. L'article reflète parfaitement le sentiment général des élus vis à vis du pouvoir: le refus d'être ravalés au rang de supplétifs.
Rédigé par : Michel Moine | 27/11/2008 à 08:59
Les élus creusois seraient bien inspirés en n'assistant pas à la visite de Madame MORANO bien connue pour ses propos excessifs.
Rédigé par : Robert | 27/11/2008 à 09:01
La mauvaise humeur des maires est parfaitement justifiée.Pour avoir été élu moi-meme pendant 25 ans,j'ai pu mesurer à quel point l'état n'arrétait pas de charger la barque des communes sans leur donner toujours les moyens d'exercer ces nouvelles respnsabilités.L'accueil des enfants les jours de grève des enseignants est le dernier exemple en date.Comme dirait le ministre de l'éducation nationale:"débrouillez-vous".Une remarque enpassant:j'ai bien aimé la réaction de notre député fustigeant les maires qui ont refusé d'assurer cette tache,lui qui a n'a plus d'école dans sacommune et n'a pas fait beaucoup d'éfforts pour la conserver
Rédigé par : Carte | 27/11/2008 à 20:32