Je ne pensais pas, en citant Beckett dans ma précédente note, être à ce point en phase avec le thème de la pièce. Car, à Reims, nous avons bien attendu Godot la synthèse. On nous prédisait Sé-godo-lène Royal, mais le petit garçon est venu nous dire que Godot viendrait jeudi, ou peut-être vendredi.
Alors Sé-godo-lène, Godot Martine, ou Godot Benoit ? Il revient aux godot-militants le soin de trancher.
Alors, en attendant, peut-on parler d'un congrès inutile ? Oui et non.
Oui, si on considère le goût d'inachevé, c'est à dire l'absence de synthèse, qui a été la marque de fabrique du PS ces 10 dernières années, qui restera pour longtemps l'image de ce congrès. Pourtant, nous n'en sommes pas passés loin de cette fameuse synthèse, qui aurait eu cette année la particularité de rassembler tout le parti, hormis la motion arrivée en (courte) tête. Le texte était rédigé, a révélé Martine Aubry, il n'y manquait que les signatures. Il y aurait ce soir une majorité, à 70 %, l'étiage fréquemment atteint par François Mitterrand, et une minorité à 30 %, score souvent obtenu par le Ceres de Jean-Pierre Chevènement dans le PS de l'après Epinay.
Il n'a pas été possible de trouver cet accord. C'est fort dommage.
Non, si on considère que le dernier mot va revenir aux militants, à l'heure où toutes les motions plaident pour un retour du militant dans les décisions du parti. Le sort du parti est entre leurs mains. Les délégués avec lesquels je me suis entretenu, de la motion A (Delanoë) ou C ( Hamon) semblaient reconnaitre une grande légitimité à la candidature Aubry, même si ceux de la C ne pouvaient que soutenir officiellement celle de leur leader, Benoit Hamon.
J'ai ressenti un certain désappointement, malgré tout, chez beaucoup, de voir que "les leaders ne sont pas à l'écoute de la base", cette base qui souhaitait cette fameuse synthèse entre A, D et C.
Force est de constater combien la motion E s'y est mal prise pour rassembler autour d'elle. Samedi, l'heure était à la grand'messe, mais le bréviaire utilisé différait sensiblement de celui de l'orthodoxie socialiste. Je participe aux congrès de mon parti depuis 1983 et celui de Bourg en Bresse. Je ne suis pas certain que le rôle premier d'une organisation politique consiste à organiser le redistribution de la valeur tendresse. Je ne suis pas sûr avoir apprécié de m'entendre dire que je devais pardonner les offenses qui m'avaient été faites et ceux qui en étaient responsables...
Je m'interroge, une fois mes poils remis dans le bon sens, sur cette stratégie déroutante choisie par Ségolène, et je me demande si elle souhaitait vraiment rassembler autour d'elle, avec un cathéchisme aussi clivant.
Il y a eu dans ce congrès des interventions de grande qualité, au premier rang desquelles celle de Benoit Hamon et celle de Martine Aubry.
Signataire de la motion B, j'avais indiqué mes réserves quant au choix de celle-ci de rallier la veille du congrès la motion E. Je fais plus que les confirmer, puisque jeudi et vendredi soir, je voterai sans hésiter pour Martine Aubry, dont la capacité à non seulement rassembler les socialistes, mais aussi à réengager le parti dans le voie de l'action aux côtés de ceux que la crise éprouve durement, m'apparait comme une évidence.
La pensée de Martine Aubry est architecturée, construite,claire, et sans ambiguïté. L'expression est nette, ciselée et tranchante. Elle porte haut la voix des socialistes. Elle rassemblera les Français dans la résistance à l'entreprise de démolition des acquis sociaux, à l'oeuvre avec Sarkozy.
Dernière minute, lundi 12h45: Bertrand Delanoë appelle à voter pour Martine Aubry.

Désolé Michel, mais je suis cette fois en désaccord avec toi,vue de l'extérieur du PS Martine AUBRY représente tout ce que je déteste chez ce Parti: le nombrilisme,le conservatisme;l'absence de véritable ouverture vers la Gauche et vers le Centre,comment peut on parler de rénovation en réunissant les amis de STRAUSS-KAHN et ceux de FABIUS !Il suffisait de voir ses soutiens,les vieilles gloirss du PS:les MAUROY,les FABIUS,etc..
Une fois de plus le PS va rater l'occasion de se transformer en un Parti moderne,en un Parti qui comme l'a trés justement dit Ségoléne ROYAL porterait le Socialisme du XXI éme Siécle.
Deux candidats chacun avec leur orientation portent cette rénovation:Ségoléne ROYAL et Benoit HAMON,certainement pas Martine AUBRY,
Je crains que ton Parti,sauf si les militants on un sursaut d'ici jeudi, s'achemine vers un déclin irréversible.
Pour conclure je fais mienne la proposition non seulement de Ségoléne ROYAL mais aussi de Jean-Pierre CHEVENEMENT et de trés nombreux hommes et femmes de Gauche:organiser une grande primaire de toute la Gauche pour les présidentielles.
Rédigé par : Robert | 17/11/2008 à 08:54
Au congrès de Nantes, Arnaud MONTEBOURG avait refusé la synthèse faite "à vil prix". Je regrette qu'il n'ait pris la tête d'une motion, car ses idées sur la 6ème République n'ont pas été entendues. Au lieu de cela, nous avons maintenant "une non-synthèse à plus vil prix".
Les seuls grands vainqueurs de ce congrès : Sarkozy et Bayrou.
Rédigé par : JL BOEHLER | 17/11/2008 à 11:39
JL... vous oubliez Besancenot qui doit être très satisfait de cette cacophonie socialiste...
Rédigé par : Francois TETEVIDE | 17/11/2008 à 12:47
Il n'est peut-être pas inutile de rappeler, qu'en termes statutaires, nous ne connaissons pas de procédure et de situation exceptionnelles. Depuis 1995, les statuts du PS prévoient l'élection du 1er secrétaire par l'ensemble des militants, au sein des sections. Depuis 1995, le 1er secrétaire a toujours été élu de cette manière, quelques jours après le Congrès. Le fait que jusqu'à présent une seule candidature était soumise aux militants a peut-être rendu cette procédure moins lisible pour l'opinion publique.
L'élection du 1er secrétaire, au suffrage universel, n'est donc pas une remise en cause du vote des militants sur les motions. Ce qui est inédit, c'est le nombre de candidats en 2008...
Seul le PS s'appuie ainsi sur des pratiques démocratiques. L'UMP, qui ironise sur la situation, serait bien en mal de s'en prévaloir !
Rédigé par : michel moine | 17/11/2008 à 13:02
D'accord avec toi, Michel, à condition que cela ne devienne des batailles d'écuries présidentielles, et reste à des appréciations idéologiques, ce qui ne me semble pas le cas.
A F. TETEVIDE : je n'ai pas oublié Besancenot, mais lui ne veut pas gouverner.
Rédigé par : JL BOEHLER | 17/11/2008 à 13:12
Rien de surprenant mais dépêche AFP ce jour à 13 h 39 : Delanoë appelle à voter Aubry.
Choisis ton camp, camarade... ;-)
Rédigé par : Francois TETEVIDE | 17/11/2008 à 13:53
Nous y sommes,le front Anti-Ségoléne est réalisé et j'ai l'impression que si les militants suivent nous allons assister à la fin du PS.
Les grands moments où dans l'Histoire,le réve rejoint la réalité sont rares,il y a 1789,bien sur,puis 1871 avec la naissance de la République et enfin 1981 avec la victoire de François MITTERRAND.Je me souviens de l'enthousiasme immense qui fit frémir tous les hommes et les femmes de Gauche,un vent nouveau soufflait sur la France,aprés 23 ans de Gaullisme ou de néo-Gaullisme,grace à toute la Gauche mais aussi à des hommes et des femmes de progrés;Gaullistes de Gauche ou Démocrates chrétiens, une ére nouvelle s'ouvrait où régnerait la liberté d'expression et la justice sociale.
Avec Ségoléne ROYAL nous sommes nombreux a avoir senti à nouveau passer ce vent nouveau,ses deux discours remarquables que j'ai suivi sur la chaine parlementaire différaient de ceux de ses concurrents car loin de toute technique ou tradition de Parti ils parlaient au coeur des hommes et des femmes de ce pays,ces paroles étaient porteuses d'espoir et marquaient une nouvelle façon de faire de la politique au besoin contre les politiciens.
Si l'alliance des tenants de l'immobilisme l'emportait au PS je crois que son avenir est plus que compromis,comme l'indique aujourd'hui LIBE le grand vainqueur de ce calamiteux Congrés de Reims,bien pire que celui de Rennes,ce serait Nicolas SARKOZY !
Rédigé par : Robert | 17/11/2008 à 14:00
Nous y sommes,le front anti-Ségoléne s'est constitué,si les militants suivent, ce qui n'est pas certain, nous pourrons considérer que le PS a refusé de se rénover et que son destin est scellé.
Je me souviens en 1981 de l'immense espoir que la victoire de François MITTERRAND avait suscité,un vent nouveau se levait sur la France et nous croyons a une nouvelle ére de progrés social et de liberté,je me souviens également que cette victoire a été possible que parce que toute la Gauche réunie a reçu l'appoint de femmes et d'hommes issus du gaullisme de gauche où de la social-démocratie.
Dans ses deux remarquables discours au Congrés de Reims que j'ai suivi sur la Chaine parlementaire,Ségolène ROYAL s'est adréssée au coeur des français,faisant fi des tactiques politiciennes ou des traditions de Parti,je suis certain que nombre de militants socialiste ont été touchés et j'ai l'espoir qu'ils feront échouer la tentative des éléphants,les FABIUS,STRASS-KAHN,JOSPIN et autres qui ont si bien su gérer leur Parti qu'ils l'on conduit à la décadence.
Le Congrés de REIMS a été pire que celui de RENNES et consacre comme le disent de nombreux socialistes la victoire de Nicolas SARKOZY et de François BAYROU.
Rédigé par : Robert | 17/11/2008 à 14:20
Ecouter Vincent Peillon aux "Quatre vérités ce matin:
http://peillon.typepad.fr
Très intéressant.
Rédigé par : Cerise | 17/11/2008 à 16:24
alors michel, t'en penses quoi du ralliement de DELANOE lundi à midi alors que quelques heures avant il n'en était pas question, que la synthèse n'était pas possible avec la D... Quelle influence ont donc encore les jospin et autres fabius aigris pour qu'un homme que j'avais trouvé très digne ce week-end à Reims, s'éclipsant avec panache et sincérité, change soudainement de stratégie!!!... C'est pire que ségolène, on comprend plus rien, ou bien alors si on comprend très bien et du coup peut-être aussi mieux pourquoi françois hollande n'a pas fait de discours de cloture à Reims, ce que je trouve affligeant et regrettable car malgré tous ses défauts, François Hollande est un très bon politique, qui ne méritait pas cette sortie-là.
et pendant ce temps-là BAYROU ironise "quand ils disent "nous n'aurons jamais de contact avec le centre", s'ils étaient un Pinocchio, ils ne pourraient plus entrer dans une pièce à cause de la taille de leur nez..." (lu dans La Montagne, ce jour)
Ségolène, viens vite remettre de l'ordre juste dans tout ça, s'il le faut avec une discipline militaire, car c'est du grand n'importe quoi!!!
Rédigé par : Cécile FORTINEAU | 17/11/2008 à 22:29
Scoop. Une candidature de plus au PS, un éléphant supplémentaire de dernière minute, avec une motion nouvelle, de rupture et plus innovante.
Tous les détails sur www.ateliers-eclipse.com.
Bisous Babar
Rédigé par : eclipse | 17/11/2008 à 22:46
J'en pense, Cécile, qu'en politique, c'est sur les actes qu'on juge des intentions. Celui qui a été posé par Delanoë me parait tout à fait signifiant, et sans grande surprise au demeurant, somme toute tout à fait logique.
Poser des actes, se construire politiquement, faire vivre la démocratie, proposer un choix véritable, n'est-ce pas, Cécile, notre devoir de militants ? Je considère que de telles attitudes méritent non seulement le respect, mais aussi un encouragement.
Rédigé par : michel moine | 20/11/2008 à 08:13