Je pars demain matin vendredi pour Reims et son congrès du parti socialiste. J'avoue prendre la route avec une certaine perplexité, qui confine à l'inquiétude. En effet, la lecture de la presse, les déclarations verbales ou épistolaires des un(e)s et des autres ont de quoi interloquer le socialiste le plus aguerri aux finesses tactiques du parti de la rue de Solférino.
Résumons-nous: Ségolène est arrivée en tête, avec une faible majorité relative, qui la contraint à rechercher des alliances avec tout ou partie des autres motions en compétition. Les autres, ne voulant pas passer pour de mauvais perdants lui reconnaissent sa victoire et sa légitimité à donner le la au parti, mais se demandent quand même, des fois que...Ah, ce qu'on regrette dans ces moments-là l'excès de confiance, quand ce n'est pas de vanité, qui a conduit à vouloir se compter. Hélas, les mauvais comptes font les mauvais camarades.
Où en sommes-nous donc ?
Ségolène se voit reprocher par Martine Aubry sa propension à ne pas rejeter d'emblée tout accord politique avec le modem. Elle sait probablement de quoi elle parle, Martine, qui a conclu cette alliance aux municipales à Lille...Mais quand tu veux tuer ton chien...
Benoit Hamon rejette par avance toute idée de rassemblement avec Ségolène. Il en connait un rayon, Benoit, lui dont le rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon vient d'exploser en vol, ce qui fait qu'on ne sait plus très bien combien "pèse" véritablement la motion C désormais amputée, et pas du plus mauvais.
Et puis le modem, ça le contrarie, Benoit. Lui aussi ! Comme tout le monde.
Vous trouvez pas qu'on parle beaucoup du modem au PS ? Beaucoup trop. J'ai l'impression qu'on ne parle que de lui et que nous sommes d'ailleurs les seuls à en parler. Le modem serait-il au PS ce que le Front National fut au RPR en son temps ? Et si on se décidait de ne pas se jeter sur toutes les muletas venues ?
Prévisibles, tellement prévisibles les socialistes.
En attendant Godot, continuons notre inventaire.
Bertrand, Benoit et Martine se consultent, mais Bertrand ne veut d'aucun des deux autres comme premier secrétaire. Benoit et Martine convoleraient bien quand même tous les deux.
Ségolène n'a plus que Bertrand pour échanger des points de vue sur la constitution d'un axe majoritaire, où François tiendrait la chandelle, à défaut de la corde. Elle qui voulait rompre avec le passé (je parle de la gestion du parti, bien sûr), ce n'est pas très crédible.
Le motion B (la mienne) ne trouve rien de plus pressé que de se rallier à Ségolène, sans en parler avec ses militants et signataires. Pourtant, avec 1,5 % des voix, l'exercice n'aura pas pris un temps excessif. En ce qui me concerne, je garde encore ma liberté de choix...Je veux être sûr que les lentilles sont bio, avant d'en dévorer le plat ..!
Bref, à quelques heures du Congrès, rien n'est sûr, rien n'est clair pour les militants de base. La seule chose dont je suis convaincu, c'est qu'il est temps de faire éclater la bulle socialiste, pour retrouver le sens des réalités et, si possible, des responsabilités. Pas sûr que Reims s'y prête le mieux.
Et pendant ce temps, jamais aussi peu de Français ne s'étaient sentis proches du PS...Après, on se demande...
Je vous le dit, il faut avoir la foi, et croire aux lendemains qui chantent. Si déjà on évite la gueule de bois, et la crise de foi, ça ne serait pas si mal...
"En attendant, essayons de converser sans nous exalter, puisque nous sommes incapables de nous taire. "



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